partager partager

Martyr ou partir ?


« En Libye, l'OTAN piétine, les alliés cherchent une issue politique » ; « L'OTAN veut plus d'avions engagés » ; « Les pays émergents contre l'usage de la force en Libye » ; « L'Union européenne demande le départ immédiat de Kadhafi » ; « Les alliés divisés » ; « Les insurgés en quête de légitimité »,...

Voilà quelques uns des titres de la presse sur la situation chaotique en Libye, ce 15 avril.

Tentons d'y voir clair dans ce bazar...

Les alliés qui s'entendent moyen sur le dossier cherchent une issue politique après avoir constaté que la solution militaire montrait ses limites... Les militaires, pour leur part, estiment au contraire qu'il n'y a pas eu suffisamment de bombardiers... « Dix de plus et l'affaire serait pliée ! », affirment ces faucons. Le Brésil, la Russie et la Chine, qui réprouvent l'usage de la force, prônent une solution diplomatique. Les Européens, divisés comme d'habitude, lancent une requête purement incantatoire... Les Américains, qui s'y connaissent en usage de la force, observent la situation attentivement. Les opposants au régime Kadhafi, qui n'ont pas d'autre choix que la résistance, aimeraient qu'on leur fournisse des armes. Car la force, pour l'instant, elle est plutôt dans les rangs des bataillons du Colonel... qui, lui, en connaît un rayon en matière d'usage de l'artillerie lourde.

Je résume : Il faut que Kadhafi parte... Mais comme il ne veut pas, il faut le forcer à partir... Non. Enfin, oui, mais, il faut lui demander gentiment... Et s'il ne veut toujours pas ? Il faut envoyer les diplomates chinois... Et s'il s'entête ? Il faut le menacer alors, mais gentiment, toujours... Et s'il reste sourd ? Il faut lui montrer la sortie, mais de manière diplomatique. Et s'il refuse ? Il faudra fournir des pistolets à bouchon aux insurgés. Pour qu'ils menacent le Guide gentiment. Et si ça ne marche pas ?

Pfff ! Ça commence à devenir sérieusement compliqué cette affaire....

Tournons nous vers la diplomatie française. « Est-ce que le départ de M. Kadhafi doit être antérieur ou concomitant à un processus de négociation ? C'est un point qu'il faudra voir », a hésité, le 13 avril à Doha, Alain Juppé, le ministre français des affaires étrangères, dans une lumineuse sortie qui a éclairé le débat !

Remercions l'hôte du Quai d'Orsay qui a tout de même écarté une hypothèse : il ne servira à rien de négocier une fois que le Guide aura plié bagage.

Et si la diplomatie était vouée à l'échec ? Faudrait-il envoyer les dix aéronefs supplémentaires exigés par les faucons ? Quelques bombardiers de plus, et hop ! A coup sûr, le Guide serait forcé de partir. Et sinon ? S'il résistait ? Ce serait l'inverse : il serait martyr de force...


William Allaire


Jeudi 14 Avril 2011



Lu 492 fois
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


Publicité




avis d'expert
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Dr. Christian Averous Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version

Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Jean-François Coustillière Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.

Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Michel Roche Par Michel Roche, consultant
Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.