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Marseille s'enflamme pour la candidature Paris 2024


Associée à la candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 2024, la cité phocéenne accueillera quelques matchs de foot et l'ensemble des épreuves de voile. Marseille compte sur de formidables retombées économiques mais aussi une visibilité incommensurable.



Tony Estanguet, co-président de Paris 2024, est venu à Marseille présenter son projet (photo F.Dubessy)
Tony Estanguet, co-président de Paris 2024, est venu à Marseille présenter son projet (photo F.Dubessy)
FRANCE. "Paris est plus fort avec Marseille" lançait Tony Estanguet, lundi 12 septembre 2016, à Marseille. A tout juste un an de la désignation de la ville qui accueillera les Jeux olympiques en 2024, le co-président du Comité Paris 2024 présentait le projet aux chefs d'entreprises de la région.

Tout juste de retour de Rio, où il a sensibilisé tout le monde sur le dossier, le triple champion olympique de canoë entamait, au Palais de la Bourse, siège de la CCI, la première étape du road-show de la ville candidate officiellement depuis le 23 juin 2015.

Après le dépôt, le 17 février 2016, du premier dossier sur la vision globale du projet et des sites, le Comité Paris 2024 remettra, le 7 octobre 2016, le second dossier contenant la gouvernance et les garanties financières. "Nous n'avons aucun problème en ce domaine" précise Tony Estanguet. Puis, viendra, du 15 au 18 novembre, la présentation officielle de la candidature à Doha aux membres du CIO. Enfin, le 3 février 2017, le dossier définitif, contenant les plus infimes détails, passera entre les mains des élus olympiens qui viendront visiter les sites en mai 2017. "En pleine élection présidentielle" se désole le co-président.
Le 13 septembre 2017, la 130e session du Comité international olympique (CIO) à Lima désignera alors la ville hôte. Signant la fin du suspens et donnant le coup d'envoi à sept ans de préparation.

Le road-show marseillais s'adressait à une centaine de chef d'entreprise et permettait de roder le discours. Mais aussi de "donner une dimension nationale à notre candidature" lançait le co-président du Comité Paris 2014 (avec Bernard Lapasset, président de la Fédération internationale de rugby).

Pourquoi Marseille ? Car, si Paris emporte l'organisation des JO 2024, la cité phocéenne deviendrait la ville hôte pour les épreuves de voile. "Nous avons un an pour réussir" lance Jacques Pfister voulant mobiliser les chefs d'entreprise autour du projet. Le président de la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence indique "jouer pour Marseille et sa métropole ainsi que pour la France."  Selon lui, "Marseille a toujours été au rendez-vous des grands événements." Et d'égrainer 2007 et la coupe du monde de rugby, 2013 avec la capitale européenne de la culture, et l'Euro 2016. Il aurait même pu ajouter Marseille, capitale européenne du sport en 2017, s'il n'avait pas eu peur du ridicule de la comparaison.

10,7 mrds€ de retombées économiques

Jacques Pfister, président de la CCI Marseille-Provence, veut impliquer les entreprises dans la candidature (photo F.Dubessy)
Jacques Pfister, président de la CCI Marseille-Provence, veut impliquer les entreprises dans la candidature (photo F.Dubessy)
"Je suis convaincu des retombées économiques pour nos entreprises. Je ne parle pas avec le coeur mais avec la raison" insiste Jacques Pfister. Il n'oublie pourtant pas qu'en 2006, une enquête commandée sur la possible candidature de Marseille aux Jeux olympiques se concluait par un avis plus que défavorable... Les experts interrogés évaluaient à "20 mrds€ au moins l'investissement nécessaire pour être au niveau" rappelle-t-il dans un sourire. Logiquement, la cité phocéenne avait renoncé à ce rêve.
La candidature de Paris vient le ressusciter. L'idée de s'adosser à la capitale semble plus naturelle, moins risquée et surtout s'avère une belle opportunité de s'accrocher à un nouvel événement générateur de notoriété. "Nous sommes dans le bon wagon pour 2024" se persuade Jacques Pfister.

"Regardez ce que Barcelone a fait, et pérenniser dans le temps, pour les JO de 1992" soutient Jean Roatta. L'adjoint au maire de Marseille en charge des relations internationales, de la coopération euro-méditerranéenne et des JO 2024 croit à la réussite du projet et aux retombées économiques. La visibilité reste sans commune mesure avec 20 000 journalistes accrédités, 100 000 heures de diffusions TV, 4 milliards de téléspectateurs et 11 millions de billets vendus, pour citer les chiffres de Londres 2012, les plus comparables à une cité comme Paris.

"Nous voulons utiliser les jeux pour laisser un héritage fort et permettre à ce pays un développement économique et territorial" confirme Tony Estanguet. L'impact des Jeux Olympiques demeure colossale. "Ceci équivaut à quarante et un championnats du monde" calcule-t-il.

Paris 2024 devrait rapporter 10,7 mrds€ de retombées économiques et 250 000 emplois nouveaux. S'il reste encore impossible de procéder à une répartition de ces chiffres entre les deux principaux sites, il demeure évidemment certain que Paris, ville hôte, engloutira la plupart de ce gâteau. "Marseille n'est pas la ville principale d'accueil. Donc, forcément, les investissements comme les retombées économiques seront moins importants qu'à Paris" explique un responsable de Paris 2014. Mais, avec une telle somme, les miettes séduiraient plus d'une commune.

Le plus long banc urbain du monde

Le Marseillais Denis Gargaud-Chanut, successeur pour l'or olympique de Tony Estanguet, est venu le soutenir (photo F.Dubessy)
Le Marseillais Denis Gargaud-Chanut, successeur pour l'or olympique de Tony Estanguet, est venu le soutenir (photo F.Dubessy)
Les investissements n'atteindront pas les sommes vertigineuses et scandaleuses de certains JO. 95% des sites existent déjà.  "A part la création du parc aquatique et du village olympique, les infrastructures sont déjà présentes" souligne le co-président. Le village olympique comptera 3 500 logements et les médias bénéficieront de 1 500 appartements.

Marseille et sa rade disposent déjà du plus long banc urbain du monde (3 km) sur la Corniche Kennedy inscrit dans le Livre des records depuis 1965. Un spot idéal et naturel pour suivre les compétitions.

Les JO vont bénéficier d'un budget de 3,4 mrds€ financés par des fonds privés. La billetterie, les droits marketing, mais aussi une contribution d'1,4 mrd€ du CIO à la ville hôte et les retombées économiques, assurent un bon retour sur investissement.

Déjà douze grandes entreprises françaises* figurent parmi les partenaires officiels de ces JO 2024. "Au-delà du simple sponsoring, ces groupes partagent avec nous leurs expertises dans leurs domaines pour améliorer notre dossier" explique Tony Estanguet.

De même, pour ne pas reproduire l'erreur de la candidature de 1992, les athlètes demeurent fortement impliqués dans le projet depuis son origine. "Ils font les jeux, ils sont au coeur de notre démarche" indique le co-président médaillé qui trouvait à ses côté dans la cité phocéenne son successeur Denis Gargaud-Chanut, Marseillais et vainqueur de l'épreuve canoë-kayak mono-place aux JO de Rio.

Mêler sport et culture

Paris fêterait le centenaire de l'accueil des JO (Affiche JO 1924)
Paris fêterait le centenaire de l'accueil des JO (Affiche JO 1924)
Marseille n'est pas la seule à soutenir Paris. Neuf villes hôtes au total accueilleront sur leur stade les matchs de football. Saint-Denis près de Paris (Stade de France), Lille, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Nice, Saint-Etienne, Lyon et bien entendu, le Stade Orange Vélodrome à Marseille.

Paris dispose d'au moins trois atouts pour distancer ses concurrents.
D'abord, la ville ne les a pas accueilli depuis 1924. Il s'agirait donc d'un anniversaire, cent ans plus tard, qui honorerait la mémoire du Baron Pierre de Coubertin, inventeur des jeux olympiques modernes (les premiers de l'ère moderne se déroulèrent à Athènes en 1896). Notons également que la France reste orpheline des JO depuis ceux de 1992 pour les Jeux d'hiver (Albertville) et donc 1924 pour les Jeux d'été (Paris). Los Angeles a reçu les JO en 1932 et en 1984, Rome en 1960, et Budapest... jamais.

Ensuite, le dossier s'appuie sur des lieux d'accueil emblématiques. Les épreuves d'équitation se dérouleront au Château de Versailles, le tennis à Roland-Garros, le Tir à l'arc aux Invalides, l'escrime au Grand Palais, le Beach Volley aux pieds de la Tour Eiffel (Champ de Mars)... "Nous voulons mêler sport et culture" commente Tony Estanguet. Tout en précisant, que tous ces lieux ont déjà accueillis de grandes compétitions. Le savoir-faire, l'expérience, des monuments reconnus à l'international joueront en faveur de Paris. Seule Rome peut s'aligner dans la même catégorie avec son Colisée (défilée des vainqueurs), ses Thermes de Caracalla (tir à l'arc), sa Basilique Saint-Pierre (marathon) et son Circus Maximus (beach-volley).

Tous les sites parisiens se trouvent dans un rayon de dix kilomètres autour du village olympique. 85% des athlètes seront à moins de trente minutes des stades.

Enfin, suite à Rio 2016 et Tokyo 2020, le tour de l'Europe reviendrait après une pause de deux olympiades depuis Londres en 2012. Et la présence de trois Européens sur quatre candidats le prouve. Hambourg a renoncé en novembre 2015 après un référendum auprès de sa population.
Les derniers jeux dans une ville méditerranéenne se sont déroulés à Athènes en 2004.

Budapest, même si ses représentants affirment que "le coût par habitant entre 2017 et 2024 sera équivalent à un verre de bière par mois",  semble en retrait. Rome pourrait ne pas aller jusqu'au bout du processus. La nouvelle maire de Rome (Virginia Raggi) voit d'un mauvais oeil l'organisation de ces Jeux dans une ville où la dette atteint les 13 mrds€. De plus, elle se trouve en désaccord avec  le chef du gouvernement Matteo Renzi. Or, l'unité demeure une règle pour défendre ce genre de dossier.

Le plus sérieux adversaire semble bien être Los Angeles dont le village olympique se situerait sur le campus de l'Université UCLA. Parmi les sites d'épreuves pressentis figurent la plage de Santa Monica et le Los Angeles Memorial Coliseum. En 2014, la cité des Anges bouleversait les JO en assurant leur financement exclusif par le secteur privé. Elle dispose d'un atout de taille pour prendre le relais d'Atlanta, vingt-huit ans après : le diffuseur américain NBC Universal a acquis en mai 2014 les droits de diffusion des JO de 2021 à 2032 pour 7,65 mrds$ (6,8 mrds€).


 * Accor Hôtels, BNP Paribas, Groupe Caisse des Dépôts, Elior Group, FDJ, JCDecaux, LVMH, La Poste, Maif, Orange, RATP et Vivendi.




Mardi 13 Septembre 2016



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