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Mario Moretti Polegato, fondateur de Geox, milite pour un « capitalisme culturel »


Le groupe italien s’est hissé en moins de quinze ans parmi les ténors du marché de la chaussure dans le monde. En misant sur l’innovation, le président de Geox, fervent partisan de la propriété intellectuelle, donne une nouvelle dimension au made in Italy.



Mario Moretti Polegato, président fondateur du groupe italien Geox, invite les Pme à mieux utiliser les brevets (photo DR)
Mario Moretti Polegato, président fondateur du groupe italien Geox, invite les Pme à mieux utiliser les brevets (photo DR)
ITALIE. Econostrum.info : que représente Geox aujourd’hui?

Mario Moretti Podegato : C’est une entreprise globale. Il y a quatorze ans, Geox n’existait pas. Aujourd’hui notre groupe est numéro un sur le marché de la chaussure de ville et de loisirs en Italie, numéro deux dans le monde avec 23 millions de paires vendues en 2009.

Nous sommes présents dans quelque 105 pays avec 1050 boutiques et plus de 11 000 points de vente multimarques. La création, l’innovation, le design sont assurés par nos équipes en Italie, à Montebelluna dans la province de Trevise (Veneto).

L’assemblage est pris en charge par des entreprises sous-traitantes, dans une vingtaine de pays, dans le cadre d’une politique d’outsourcing car, Geox est positionné sur un segment moyen/haut de gamme pour lequel nous devons proposer des prix compétitifs.

Le contrôle qualité, dans cette stratégie, joue un rôle essentiel.

Econostrum.info : le titre Geox a été malmené à la bourse de Milan ces derniers mois …

Mario Moretti Podegato: La crise économique a pesé sur la consommation. Les ventes ont baissé. Ce qui explique le recul du chiffre d’affaires en 2009 (865 M€ contre 892,5 M€ en 2008) et au premier trimestre 2010. Mais nous continuons à ouvrir de nouvelles boutiques et 60% de notre chiffre d’affaires est réalisé à l’international.

Geox se diversifie dans le vêtement. Après avoir testé le marché en Italie depuis quelques années, nous avons commencé le déploiement à l’international en 2010. La branche habillement représente aujourd’hui 10% du chiffre d’affaires, l’objectif est d’atteindre à terme 50%.

Protéger l'innovation par les brevets

Econostrum.info : vous misez beaucoup sur les jeunes générations ? 

Mario Moretti Podegato : Je suis convaincu que les jeunes seront le fer de lance de la relance et de la nouvelle économie qui se dessine. Je les rencontre régulièrement à l’occasion des nombreuses conférences que je donne dans les grandes écoles et universités dans le monde.

Geox a aussi créé son propre centre de formation. Chaque année nous sélectionnons une vingtaine de jeunes diplômés des cinq continents. Ils viennent au siège de l’entreprise suivre un cycle de formation de cinq mois, associant théorie et pratique. Ensuite, ils sont appelés à prendre des responsabilités sur nos différentes implantations.

Econostrum.info : quel message leur faites vous passer?

J'insiste sur l’importance qu’il faut accorder, aujourd’hui, à l’innovation - Geox consacre 2% de son chiffre d’affaires à la R&D - et surtout à la propriété intellectuelle.

Les Européens sont créatifs, innovants mais ils utilisent peu et mal la propriété intellectuelle, les brevets, à la différence des Américains, experts en la matière. Nous avons beaucoup à travailler sur ce point.

Econostrum.info : la raréfaction du crédit n’est-elle pas un obstacle au développement de l’innovation ?

Mario Moretti Podegato : L’innovation est à la portée de tous, même des Pme. Elle ne demande pas forcément d’énormes moyens. Il ne faut pas la confondre avec la recherche et le développement. Elle peut s’appliquer à des services ou des produits considérés traditionnels, c’est ce que Geox a su faire en mettant au point la «chaussure et les vêtements qui respirent».

Mais pour valider une nouvelle technologie ou une innovation, il faut savoir s’appuyer sur des laboratoires et donc développer des collaborations avec l’Université.

La page du capitalisme industriel est tournée, l’avenir, j’en suis convaincu, est aujourd’hui à un «capitalisme plus culturel»."        


Propos recueillis par Christiane Navas


Lundi 5 Juillet 2010



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