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Mariano Rajoy durcit sa politique contre les déficits publics


La campagne électorale est déjà oubliée en Espagne, et avec elle les promesses de Mariano Rajoy. Le nouveau président du gouvernement espagnol augmentera les impôts, contrairement à ce qu'il avait laissé entendre. Car le déficit public de 8% dépasse les pires estimations. Une situation économique aggravée par les errements des gouvernements régionaux. Les dépenses de l’État seront également réduites pour économiser 8,9 mrds€ en 2012.



Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol (photo : DR)
Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol (photo : DR)
ESPAGNE. Le ministre des Finances espagnol, Cristobal Montoro, et son homologue à l’Économie, Luis de Guindos, avaient prévenu depuis plusieurs jours de la nécessité de nouvelles mesures pour « arrêter l'hémorragie » du déficit public.

Au cours du Conseil des ministres du jeudi 5 janvier 2012, l'accent a été mis en ce sens sur la lutte contre la fraude fiscale, qui doit permettre à l’État espagnol de récupérer plus de 8 mrds€ par an. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement de Mariano Rajoy limitera notamment les paiements en liquide (aucun montant n'est précisé pour l'instant).

Au terme de ce Conseil des ministres anticipé (pour cause d’Épiphanie), la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, a par ailleurs révélé le déficit prévisionnel de la sécurité sociale, qui atteint 668 M€ (0,06% du PIB), ce qui traduit une dégradation encore plus inquiétante que le redoutait le nouveau président du gouvernement espagnol.

Les prévisions concernant le déficit public ont également été revues à la hausse par le ministre de l’Économie. Ce déficit atteindrait à 8% du PIB, « au minimum ». Soit deux points de plus que les prévisions les plus pessimistes avancées en fin d'année.

Hausse d'impôts

Les promesses électorales ont vite été oubliées... (photo F.Dubessy)
Les promesses électorales ont vite été oubliées... (photo F.Dubessy)
Pour autant, Mariano Rajoy affirme vouloir maintenir le cap de la réduction du déficit public à 4,4% en 2012. ce qui l'obligera à « tailler » dans les budgets de l’État pour économiser 8,9 mrds€. Le nouveau président du gouvernement mise aussi sur le gel du salaire des fonctionnaires, et l'augmentation de la durée légale du travail à 37,5 heures par semaine.

Mais cette réduction des dépenses de l’État ne suffira pas, a prévenu Soraya Saenz de Santamaria. Dans un premier temps, Mariano Rajoy a donc décidé une hausse des impôts sur le revenu, revenant ainsi, dès les premiers jours de son mandat, sur l'une de ses rares promesses électorales.

Les augmentations de l'impôt sur le revenu s'appliqueront par tranches, à partir de 0,75% pour les revenus les plus bas, jusqu'à +7% pour les foyers dont les ressources annuelles dépassent 300 000 €. Des mesures qui ont été qualifiées d'exceptionnelles et « provisoires » par la porte-parole du gouvernement, puisque ces hausses d'impôts ne sont prévues -pour l'instant- que pour 2012 et 2013.

Les revenus financiers seront également davantage taxés, de deux points supplémentaires jusqu'à 6 000 €, quatre points au-delà de ce seuil, et jusqu'à 6% de plus à partir de 24 000 €.
L'ensemble de ces mesures fiscales doit permettre de récolter 6,2 mrds€ en 2012.

Communautés autonomes sous surveillance

La porte-parole du gouvernement de Mariano Rajoy a aussi lancé un message très ferme aux Communautés autonomes, dont les finances ont dérapé, parfois de manière spectaculaire, au cours des dernières années.

En témoigne la situation de la Communauté de Valencia, qui n'a pu faire face en fin d'année dernière à un remboursement de prêt bancaire de 123 M€. Le gouvernement central veut donc dorénavant pouvoir contrôler davantage les politiques budgétaires des Communautés autonomes. Ce qui pourrait se traduire par une véritable « mise sous tutelle » de ces autorités régionales, puisque le ministre de l’Économie n'a pas exclu la possibilité d'imposer la validation des comptes par l’État lors du vote des budgets régionaux.

Dans un pays où la gestion des secteurs aussi importants que l'éducation ou la santé est décentralisée, la mesure risque d'être très mal vécue. Mais elle révèle clairement la volonté de Mariano Rajoy de s'attaquer sans tabou au problème endémique des déficits publics.

C'est aussi sans doute ce que le président du gouvernement espagnol aura à cœur de démontrer ce lundi 9 janvier 2012 à Nicolas Sarkozy. Le Président français sera le premier chef d’État étranger reçu à La Moncloa par Mariano Rajoy.




Jeudi 5 Janvier 2012



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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