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Mariano Rajoy dégaine sa réforme du travail


Le chef du gouvernement espagnol a dévoilé ses mesures visant à introduire un maximum de flexibilité sur le marché de l'emploi. Les modalités et indemnités de licenciement sont largement assouplies pour les entreprises.



Fatima Bañez, ministre espagnole du Travail (photo : Ministère Espagnol du Travail)
Fatima Bañez, ministre espagnole du Travail (photo : Ministère Espagnol du Travail)
ESPAGNE. À la veille de l'adoption des nouvelles lois sur le travail en Espagne, le ministre espagnol de l’Économie, Luis de Guindos avait prévenu le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, sans s'apercevoir que les caméras de télévision enregistraient le message : « Nous adopterons demain la réforme du marché du travail, et vous allez voir, elle sera extrêmement agressive, avec beaucoup de flexibilité dans la négociation collective et en réduisant les indemnités de licenciement ».

Le commissaire européen affichait sa satisfaction en levant le pouce au ministre espagnol. Mais Luis de Guindos aura à faire face à d'autres réactions, moins chaleureuses, après l’annonce officielle de son plan, au terme du conseil des ministres qui s'est tenu ce vendredi 10 février 2012. 

Pour donner un électrochoc à une économie plombée par un taux de chômage record, le gouvernement espagnol adopte une batterie de mesures qui doit permettre aux entreprises de... licencier plus facilement !  En échange, Mariano Rajoy promet des aides financières à l'embauche et des allègements de charges à toutes les entreprises qui recruteront un chômeur. Avec la possibilité de cumuler le salaire et une partie des indemnités de chômage pour les plus jeunes salariés, afin de lutter contre la situation dramatique de cette population active : en Espagne, un jeune sur deux est au chômage.

La principale mesure de cette réforme concerne les modalités et indemnités de licenciement, largement assouplies : les entreprises pourront désormais licencier leurs salariés, moyennant une indemnisation de 33 jours par année de travail, contre 45 jours/an auparavant.

Parallèlement, les entreprises pourront plus facilement recourir aux procédures de licenciement ne justifiant que 20 jours d'indemnités par année de travail, en cas de comptabilité négative pendant trois mois consécutifs.

En contrepartie, la ministre du Travail , Fatima Bañez, veut en finir avec les abus des contrats à durée indéterminés à répétition, qui ne pourront désormais plus être effectifs après 24 mois de travail dans la même entreprise.

Priorité aux « conventions d'entreprises »

Mariono Rajoy va aider les entreprises à plus de flexibilité (photo DR)
Mariono Rajoy va aider les entreprises à plus de flexibilité (photo DR)
La nouvelle législation du travail en Espagne « marquera un avant et un après sur le marché de l'emploi », a souligné la porte-parole du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria. Et s'il fallait résumer ce clivage en un mot, ce serait : flexibilité.

En plus de l’assouplissement des modalités de licenciement, Mariano Rajoy veut en effet en finir avec les cadres généraux qui définissent les règles de la négociation entre patronat et syndicats, c'est-à-dire faire voler en éclat les conventions collectives. De fait, la réforme qui vient d’être présentée permet de donner la priorité aux « conventions d'entreprises » sur les conventions de branches ; ce qui veut dire que chaque entreprise pourra déroger à la règle générale en signant un accord interne entre la direction et les délégués du personnel pour modifier tout type d'accord contractuel.

Le chef d'entreprise aura également la possibilité de modifier à sa convenance les horaires de travail s'il juge que cela peut permettre d'éviter des licenciements. Les démarches seront en outre facilitées pour limier le temps de travail (et le salaire à proportion) ou recourir au chômage technique ; deux démarches qui ne seront plus soumises à l'autorisation administrative préalable.

Autant de mesures qui ont été immédiatement sévèrement critiquées par les syndicats espagnols et l'opposition parlementaire du PSOE .

Évoquant ce projet de loi à Bruxelles il y a une dizaine de jours, Mariano Rajoy s'était lui aussi laissé surprendre par un micro alors qu'il confiait à un parlementaire européen  : « La réforme du travail va me coûter une grève générale ». Le conflit social qui s'annonce ne surprendra donc personne.




Vendredi 10 Février 2012



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