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Mariano Rajoy décrète l'austérité


Le président du gouvernement espagnol annonce des mesures d'économies visant à récolter d'une part 12,3 mrds € à travers des hausses d'impôts (dont près de la moitié via l'augmentation de l'impôt sur le revenu). D'autre part, Mariano Rajoy décide de réduire de 16,9 % les dépenses de l’État (soit 27,3 mrds € d’économies cette année). Le chef de l'Exécutif espagnol mise aussi sur une amnistie fiscale pour renflouer les caisses de l’État.



Le chef du gouvernement espagnol adopte le budget le plus strict de la Démocratie (photo : Moncloa)
Le chef du gouvernement espagnol adopte le budget le plus strict de la Démocratie (photo : Moncloa)
ESPAGNE. Au lendemain de la grève générale qui a mobilisé des centaines de milliers de manifestants partout en Espagne, Mariano Rajoy devait avoir le sentiment de se trouver entre « le marteau et l'enclume ». D'un côté : le mécontentement croissant d'une population qui proclame sa colère contre la nouvelle réforme du travail -et plus généralement la dégradation quotidienne des conditions de vie-, et de l'autre les objectifs fixés par la Communauté Européenne : réduire le déficit public à 5,3% du PIB à fin 2012.

Vendredi 30 mars 2012, Mariano Rajoy a tranché. Il a présenté, en conseil des ministres, les mesures qui doivent permettre à l'Espagne de ne pas se retrouver aux côtés des économies européennes « sous tutelle ».

La politique du président du gouvernement tient en un mot : austérité. Puisque le budget adopté ce 30 mars 2012 est le plus strict depuis trente-cinq ans en Espagne. En d'autres termes, selon les propos du ministre des Finances, Cristobal Montoro : « C'est le plus grand effort de consolidation fiscale de la démocratie ».
Ce qui suppose, dès cette année, 27,3 mrds € d’économies. Les dépenses de l’État seront donc amputées de 16,9 %. Pour atteindre cet objectif, le ministère des Finances annonce des « coupes » dans tous les secteurs : aide au développement, télévision publique, accès au logement, soutien à l'industrie du charbon...

Hausses d'impôts

« Notre objectif, c'est d'assainir les comptes publics », justifie la vice-présidente du gouvernement,  Soraya Saenz de Santamaria (photo : Moncloa)
« Notre objectif, c'est d'assainir les comptes publics », justifie la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria (photo : Moncloa)
Des hausses d’impôts sont également prévues, aussi bien pour les entreprises que pour les particuliers, avec une augmentation de l'impôt sur le revenu à partir de décembre 2012. En revanche, comme il l'avait déjà indiqué, Mariano Rajoy n'augmentera pas le taux de TVA.

Pour renflouer les caisses de l’État, l'augmentation du coût du tabac est également programmée, de même le prix de l'électricité qui bondit de 7% à compter du 1er avril 2012.
Dans ce secteur, le gouvernement espagnol compte également économiser 1,7 mrd € par an en réduisant les dépenses dédiées aux infrastructures de distribution et de transport d'électricité.
Un ticket modérateur sera par ailleurs appliqué à toutes les démarches de justice civile, dans l'espoir également de désengorger les tribunaux administratifs. « Ces taxes concerneront uniquement les démarches en seconde instance, et visent à éviter les recours abusifs », a justifié la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria. « Notre objectif, a-t-elle ajouté en évoquant l'ensemble des mesures fiscales, c'est d'assainir les comptes publics ». Y compris par la voie de la « clémence », puisque le gouvernement de Mariano Rajoy accordera une amnistie fiscale pour tous les revenus « non déclarés », qui profiteront en 2012 d'un taux d’imposition exceptionnel de 10%. Ces contribuables frauduleux qui déclareront leurs revenus occultes ne risqueront aucune poursuite de la part de l’administration.

À noter qu'il n'y aura pas de nouvelle baisse du salaire des fonctionnaires, dont la rétribution avait déjà été amputée de 5% en moyenne, en 2010, par le précédent gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero. Mais les agents de l’État ne devront certainement pas non plus compter sur une augmentation sur leurs fiches de paie cette année.

L'ensemble des mesures doit permettre de récolter 12,3 Mrds € dès 2012, dont près de la moitié à travers uniquement l'augmentation de l'impôt sur le revenu.

60 mrds € d'économies en deux ans

Des mesures adoptées au lendemain de la grande grève générale (photo : FM)
Des mesures adoptées au lendemain de la grande grève générale (photo : FM)
Mariano Rajoy place toutes ces décisions sous le sceau de l'urgence. Ces derniers jours, le président du gouvernement espagnol était soumis au feu répété -et de plus en plus explicite- des critiques des experts et dirigeants européens. Une semaine auparavant, un communiqué de l’agence financière Citigroup avait même provoqué une petite vague de panique en laissant entendre que l’économie espagnole ne pourrait pas faire face à ses échéances. Un scénario « à la grecque » qui pouvait aussi se justifier par la hausse du différentiel de la « prime de risque » (qui a dépassé les 450 points), et la baisse continue des valeurs à la bourse de Madrid, où l'indice Ibex a perdu 6,83% depuis le début de l'année 2012. soit la plus forte dégradation de l'ensemble des places financières de la zone euro.

Les mesures d'austérité qui viennent d’être adoptées constituent donc un message clair aux institutions européennes, et surtout une façon de rassurer les marchés financiers. Car les objectifs de l'exécutif espagnol nécessitent un maximum de confiance : pour atteindre le seuil de 3% de déficit public d'ici fin 2013 (comme l'exige la communauté européenne), le gouvernement de Mariano Rajoy devra économiser 60 mrds € !




Vendredi 30 Mars 2012



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Commentaires

1.Posté par athe le 01/04/2012 14:01
Austérité... très bien; mais pour tous!
Il est évidemment impossible de se faire une idée précise du "plan d'austérité" du gouvernement espagnol. Seulement, si on regarde ce qui se passe ailleurs, on retrouve toujours le même scénario. D'abord on coupe les dépenses - de préférence celles de "solidarité"; même la Grèce n'a pas touché au budget militaire, un des plus importants (par tête) dans le monde, ni demandé une contribution à l'église, ni aux armateurs (situation spécifiquement grecque). Puis on demande des efforts: toujours aux mêmes. Rien pour éviter l 'évasion fiscale en Suisse par exemple, rien pour éviter l'évasion "monétaire" en Grand-Bretagne. Au point qu'on préfère "plomber" définitivement le secteur économique, plutôt que de demander un minimum de solidarité aux plus riches.

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