Mariages forcés pour l'import-export étranger en AlgérieLe sort en est jeté ! Les entreprises étrangères d'import export qui ne s’associeront pas à un actionnaire algérien à hauteur de 30% d’ici au 31 décembre 2009 devront quitter le pays. Plusieurs d'entre elles réagissent pour econostrum.info
ALGERIE. Le décret exécutif relatif « aux conditions d'exercice des activités d'importation des matières premières, produits et marchandises destinés à la revente en l'état par des sociétés commerciales dont les associés ou les actionnaires sont des étrangers » est paru au Journal Officiel n°30.
Dans son article 2, il est stipulé que « ces sociétés ne peuvent exercer les activités d'importation de ces produits que si 30% au minimum de leur capital social sont détenus par des personnes physiques de nationalité algérienne ou par des personnes morales dont l'ensemble des associés ou actionnaires sont de nationalité algérienne ». Le marché algérien est intéressant
Decopack, une entreprise française spécialisée dans l'emballage pour l’agroalimentaire présente en Algérie depuis sept ans, va prendre un actionnaire algérien. La société mère réalise 35% de son chiffre d'affaires avec ses clients algériens.
Même son de cloche du côté de Borel pour qui le marché algérien représente 20% du CA. Ce groupe, présent dans le pays depuis 20 ans, a « vécu » les différentes réglementations, et survécu. Il est passé de la Sarl où il disposait de 90% des parts à une autre où il était minoritaire à 10%, pour se transformer à nouveau en Eurl, il y a trois ans, avec 100% des actions. Cette année, Borel va céder 30% de ses actions en Algérie à un partenaire local. Son directeur commercial ne désespère pas de voir la réglementation changer de nouveau. Côté Portugal, Bersandra, une entreprise spécialisée dans l’ameublement, compte investir. Sergio Demacedo, son directeur commercial, considère que le marché algérien est intéressant et qu’avec la crise économique, les sociétés européennes se tournent vers les pays du Sud. Pour lui, c’est décidé, le moment venu, ils prendront un partenaire algérien pour commercer en Algérie. L'Algérie n'est pas le seul marché
Les Allemands, par le biais du directeur de leur chambre de commerce en Algérie, ont pour leur part annoncé dernièrement le gel de leurs investissements en Algérie.
Côté italien, les entreprises interrogées sont dans l’expectative et attendent pour se prononcer. Le responsable de l’une d’entre elles, qui comptait s’installer en Algérie pour vendre ses produits, résume ainsi la situation : « Le marché algérien est certes important, mais ce n’est pas le seul. » Un expert étranger qui a préféré garder l’anonymat se dit "outré" par la rétroactivité de la loi. Il souligne que l’Algérie est signataire des conventions internationales sur l’investissement et qu’à ce titre, chaque nouvel actionnaire algérien devra transférer au propriétaire dans le pays d’origine l’équivalent des 30% en devises. Pour lui, cela va mettre à mal la Banque d'Algérie qui ne dispose pas de suffisamment de devises pour effectuer tous ces transferts d’argent. Amal Belkessam, à ALGER
Lundi 8 Juin 2009
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