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Malte pourrait pâtir de la révolution libyenne

L’île s’est plutôt bien sortie de la crise financière mondiale. Mais la voici rattrapée par un nouveau problème : ses liens économiques historiques avec la Libye.


Malte conserve un secteur financier fort (photo F.Dubessy)
Malte conserve un secteur financier fort (photo F.Dubessy)
MALTE / EUROPE. Plantée au milieu de la Méditerranée, Malte est avant tout touristique : environ 25% de son PIB repose sur ce secteur. Cette dépendance a bien évidemment exposé l’île à la crise. 

Les Anglais, qui y représentaient 40% des touristes en 2008, ont déserté en 2009. Pourtant Malte a échappé au pire. Ancien paradis fiscal, l’île a conservé un secteur financier fort qui a, lui, profité de la crise, enregistrant une croissance de 22% entre 2008 et 2009.

Pour faire face aux difficultés économiques, les investissements publics ont augmenté de 26% en 2009. Un plan triennal de 500 M€ a été engagé dans le but de renforcer l’attractivité de l’île : les routes, les plages, le traitement des déchets et la gestion de l’eau en ont bénéficié. En outre, un dispositif de soutien aux entreprises touristiques et au secteur manufacturier a été mis en place. 

Des réformes sociales, notamment en ce qui concerne l’assurance maladie et les retraites sont préconisées par les observateurs, mais rien n’est sérieusement engagé pour le moment.

Les chefs d’entreprise montent au créneau

Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.
Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.
Si la situation du pays semble se rétablir, Malte pourrait être rattrapée par les révolutions arabes. Sa proximité géographique avec la Libye a créé des liens économiques forts entre les deux pays. 
Ainsi, la Chambre de commerce nationale s’est montrée très concernée par les évènements en cours, soulignant les nombreux intérêts maltais en Libye et le rôle qu’a joué ce pays dans le développement des entreprises de l’île. 

La Chambre a même demandé à son gouvernement d’assurer la continuité des bonnes relations économiques entre les deux pays en mettant sur pied une « task force » constituée des principaux chefs d’entreprises maltais afin de coordonner les efforts, les points de vue et les ressources pour préserver les intérêts du pays et minimiser l’effet de la révolution libyenne sur leur économie.

Les chiffres montrent que Malte a bien supporté la crise avec des indicateurs stables, surtout si l’on les compare aux résultats des autres Etats du sud de l’Euroland. Le PIB a progressé de 5,7 mrds € en 2009 à 5,9Mds€ en 2010. Il devrait atteindre 6,4 mrds € en 2011. Le déficit public qui a stagné en 2009 et 2010 à 3,8% du PIB pourrait redescendre à 2,8%. L’endettement de Malte demeure cependant élevé : un taux de 72,5% est prévu pour 2011 (contre 71,5% en 2010 et 69,1% en 2009). Et le taux de croissance attendu, s’il est plus haut que ses Etats voisins à 3%, est en baisse par rapport à 2009 (3,9%) et 2010 (3,4%). Enfin, le taux de chômage a peu évolué au cours de ces trois années, à environ 7%.
  
Lire aussi : La présentation de Malte par le ministère des Affaires étrangères français
Le Maroc et Malte signent un accord renforçant leur coopération


Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.
Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.


Caroline Garcia


Vendredi 25 Mars 2011



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