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Malgré le "Baltakos Gate", le gouvernement grec demeure confiant à deux mois des élections


Malgré le scandale du Baltakos Gate et la fragilité du gouvernement qui perd un député à chaque vote, l'équipe Samaras persiste et signe. Le pays revient sur le marchés en juin 2014 bénéficiant du soutien d'Angela Merkel en visite à Athènes vendredi 11 avril 2014.



GRÈCE. Le nouveau scandale politique en Grèce s’appelle le «Baltakos Gate» du nom du bras droit du premier ministre conservateur et secrétaire général du gouvernement. Dans une vidéo, qui fait le tour du net et qui a été remise à la presse, figure Panayotis Baltakos piégé par le porte-parole du parti néonazi Aube Dorée qui le filme en caméra cachée.

Sur cette bande, les deux hommes, qui semblent s‘apprécier, discutent de l’offensive judiciaire enclenchée contre Aube Dorée. Panayiotis Baltakos, qui insulte le premier ministre, y affirme par ailleurs que ces poursuites sont sans objet juridique et n’ont d’autre but que d’arrêter l’ascension du parti néo nazi crédité entre 8 et 20% des voix selon les sondages – parti qui «ravit des voix aux conservateurs face à la gauche
 
Le secrétaire général du gouvernement a démissionné immédiatement d’autant que son fils s’est rendu au Parlement pour frapper les anciens amis politiques de son père.
 
Une juge incriminée nie vigoureusement les faits, mais désormais en Grèce tout le monde s’interroge sur l’indépendance de la justice grecque face à l’exécutif et tout le monde se demande aussi comment un homme si proche des convictions néonazies d’Aube Dorée peut accéder à un poste aussi élevé au gouvernement.

Une enquête est en cours, mais Aube dorée de son côté repasse à l’offensive et promet de nouvelles vidéos qui « compromettraient d’autres personnalités politiques» et qui prouveraient «le complot dont elle est victime ».

Double scrutin au résultat incertain

Graffitis anarchistes sur un mur d'Athènes (photo F.Dubessy)
Graffitis anarchistes sur un mur d'Athènes (photo F.Dubessy)
Panayiotis Baltakos n’est pas n’importe qui sur l’échiquier politique. Ami de plus de trente du premier ministre, il a fait capoter la loi antiraciste que le gouvernement s'apprêtait à adopter et c'est l’homme qui, le premier, n’excluait pas une collaboration des conservateurs avec Aube Dorée, «la partie la plus présentable du moins» avait il précisé, en cas de victoire de la gauche radicale aux coudes à coudes avec les conservateurs.

A moins de deux mois du double scrutin, européen et municipal, et en pleine présidence européenne, l’équipe au pouvoir se serait bien passée de cette affaire.
 
D’autant que le premier ministre Antonis Samaras veut absolument convaincre les Grecs, d’une part, et ses partenaires européens d’autre part, que le pays est en train de s’en sortir puisqu’en juin 2014, au plus tard, la Grèce revient sur les marchés. C‘est du moins ce qu’affirme le ministère des Finances. C‘est tellement vrai, assure-t-on dans les couloirs des ministères, que le gouvernement est parvenu à un accord avec la Troïka.

Mieux, la Grèce a dégagé un excédent budgétaire de 1,5 mrd€ dont 500 M€ vont aller «aux plus démunis et aux plus touchés par la crise. »
Autrement dit, 68 000 porteurs d’uniformes, juges, policiers, militaires, gardes côtes, forces anti-émeutes et retraités aux revenus très bas, électorat privilégié des conservateurs.

Angela Merkel au soutien

Quid du corps enseignant et des autres fonctionnaires ?

Pour faire bonne mesure, 20 000 sans abris bénéficieront également de cette générosité qui ressemble fort à l’achat de votes.
En 2009, Kostas Karamanlis, premier ministre conservateur alors en campagne électorale, agissait de même en offrant des milliers d’euros aux victimes des incendies du Péloponnèse. Et il avait été réélu. José Manuel Durão Barosso, président de la Commission européenne, était même venu lui prêter main forte en survolant avec lui les régions qui avaient flambé.

Cette fois, c’est Angela Merkel qui va faire le déplacement. La chancelière allemande vient à Athènes vendredi 11 avril 2014 pour soutenir le premier ministre le conservateur Antonis Samaras.

Une fois réélu, s’il est réélu, il sera toujours temps de parler des questions qui fâchent et laissées de côté comme la réduction de la dette estimée à 175% du PIB et les licenciements massifs exigés par la Troïka dans les secteurs publics et privés.

Mais cette réélection, malgré toutes les aides directes ou indirectes de la part de la Commission, ne semble pas du tout acquise. Le paysage politique demeure morcelé. Le bipartisme n’existe plus. Les partis opposés à l’austérité vont faire le plein.

Un tiers des Grecs sous le seuil de pauvreté

Une banderole "Angela, ne pleure pas. Il n'y a plus rien à prendre, le placard est vide" devant le Parlement à Athènes (photo Thomas Iacobi)
Une banderole "Angela, ne pleure pas. Il n'y a plus rien à prendre, le placard est vide" devant le Parlement à Athènes (photo Thomas Iacobi)
Ce mercredi 9 avril 2014, ils prennent de l’avance. Une grève générale va paralyser le pays. Mardi 8 avril 2014, tous les médias se trouvaient déjà en grève et des manifestations s'organisent pour protester contre la venue de la chancelière allemande, jugée responsable de la politique d’austérité qui, en quatre ans a fait passer sous le seuil de pauvreté un tiers des Grecs. 35% d'entre eux selon Médecins du Monde, ne disposent plus accès aux soins médicaux. 28%, soit plus du quart de la population active, se trouvent au chômage, dont 62% des jeunes. Enfin, selon le magazine médical britannique Lancet, la mortalité infantile a augmenté de 45% et les enfants nés en dessous du poids moyen ont eux progressé de 19%.

Pour autant, malgré les affirmations contraires du gouvernement et un PIB contracté de 25% ces quatre dernières années, un troisième mémorandum d’austérité n’est pas exclu…après les élections.




Mardi 8 Avril 2014



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