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Lutter contre la crise de l'eau, une urgence au Proche Orient

L’eau était un des thèmes central de la 15 e exposition Clean Tech, organisée par le groupe Mashov, au Parc des expositions de Tel-Aviv,du 5 au 7 juillet 2011. La sécheresse, la surexploitation des ressources naturelles et les tensions politiques, rendent l’accès à l’eau chaque année plus difficile pour une grande partie de la population du Proche Orient. Israël, la Jordanie et les Autorités Palestiniennes trouveront-ils des alternatives pour combattre ensemble la crise de l’eau ?


Exposition Clean Tech, organisée par le groupe Mashov. Photo (DR)
Exposition Clean Tech, organisée par le groupe Mashov. Photo (DR)
ISRAËL. Réunis à Tel-Aviv autour du colloque “Coopération inter frontalière pour la gestion des ressources en eau”, les professionnels palestiniens, jordaniens et israéliens de l’environnement ont tenté de trouver des solutions communes.

Lors de l’exposition Clean Tech du groupe Mashov, mardi 5 juillet 2011, des experts internationaux ont abordé   les thèmes de l’énergie renouvelable, la construction écologique et le recyclage, dans une ambiance calme et disciplinée. Mais le colloque international sur la gestion de l'eau, a donné lieu à de vives conversations.

“L’accès à l’eau fait partie des droits de l’homme les plus basiques ! » s'exclame Nader al-Khateeb, ingénieur de l’eau et de l’environnement à l’ONG Friends of the Earth Middle East (Foeme).

« Alors que les Israéliens consomment en moyenne 280 litres d’eau par jour et par personne, les Jordaniens n’en utilisent que 145, et les Palestiniens seulement 60,  soit quarante fois moins que la norme, selon  les standards internationaux » explique Naader al-Khateeb.

Les Palestiniens n’ont actuellement accès qu’à 20% des ressources partagées avec Israël.  « Nous demandons une répartition plus équitable», poursuit  le représentant de Foeme.  

Partager l’eau et ses technologies

Avraham Israeli, consultant israélien en environnement et modérateur du colloque intervient, déclarant  qu’«il est urgent d’informer la population israélienne de la situation des Palestiniens. Les  Israéliens continuent d’arroser les pelouses de leur jardin sans se douter qu’il y a des villages palestiniens sans eau, à moins de dix kilomètres de leur maison ! »

Munqeth Melyar, conférencier jordanien de l’ONG FOEME, réplique que « c’est la Jordanie qui souffre le plus de la crise de l’eau. Lorsque  les rivières traversent notre pays elles sont déjà à leur niveau le plus bas ». Il explique que la Syrie a installé des machines de pompage pour stocker l'eau le long de la rivière de Yarmouk, réduisant ainsi la proportion que la Jordanie devrait recevoir. 

« La Jordanie doit faire face à un déficit d'eau annuel de plus de 500 millions de mètres cubes. Mais malgré le Traité de paix avec Israël, nous n’utilisons pas leur technologie de désalinisation. »

Amjad Aliewi, un Palestinien ingénieur de l’eau, encourage quant à lui une coopération avec la Turquie et l’Egypte, pour mettre en place un partage équitable des réserves d’eau de la région.

Il a aussi insisté sur l'importance d'améliorer le traitement d'eaux usées dans les agglomérations palestiniennes, et a rappelé aux Israéliens que «les eaux d'égouts non traitées de l’Autorité Palestinienne polluent aussi Israël. »

Israël quant à lui recycle aujourd'hui 75 % de ses eaux sales et produit 300 millions de m³ d’eau dessalinisée par an.


Hélène Machline à JÉRUSALEM


Jeudi 7 Juillet 2011



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