Les travailleurs saisonniers marocains en Espagne résistent à la criseMalgré la crise et le gel des recrutements dans l’hôtellerie-restauration, le dispositif de migration circulaire professionnelle entre le Maroc et l’Espagne se maintient. Les flux de travailleurs agricoles marocains ne baissent que légèrement.
La campagne de la fraise à Huelva a tenu ses promesses pour les travailleuses marocaines (photo Christelle Marot)
MAROC / ESPAGNE. Avec l’envolée du chômage en Espagne, «il y a une incidence à la baisse pour les recrutements de Marocains, dans le cadre de la migration circulaire, mais pas si importante qu’on pourrait le penser (…) L’effet d’appel n’existe pas. Avec la crise, l’Europe n’est pas perçue comme un Eldorado. Tout le monde sait qu’en ce moment, il est très difficile de trouver du travail», indique Eduardo Martin Toval, conseiller du travail et des affaires sociales à l’ambassade d’Espagne à Rabat.
Alors que le groupe de restauration espagnol Grupo Vips tablait sur le recrutement de 2 000 Marocains entre 2007 et 2011, la totalité des promesses de recrutement passées avec les autorités marocaines a été suspendue depuis novembre 2008. En revanche, pour la campagne de la fraise 2008-2009 qui s’achève dans la province andalouse de Huelva, 70% des embauches temporaires programmées (environ 9 000 travailleuses marocaines sur 13 000) ont été réalisées. «En raison du chômage en Espagne, certaines entreprises, sous la pression des syndicats, ont gelé tous les recrutements de l’extérieur, notamment du Maroc. En revanche, cela n’a pas été le cas des entrepreneurs de la fraise. Malgré la crise, ce type de travail agricole n’est pas accepté par les chômeurs espagnols», précise Eduardo Martin Toval. Besoin de main d'oeuvre et lutte contre l'immigration clandestine
Appuyée par l’Union européenne afin de lutter contre l’immigration clandestine et répondre aux pénuries d’emploi de secteurs comme l’agriculture, le tourisme ou le BTP, la migration circulaire garantit aux travailleurs marocains de pouvoir travailler régulièrement dans certains pays européens, signataires d’accords bilatéraux de main d’œuvre. Ceci en échange de leur engagement à rentrer chez eux.
Pour l’heure, le dispositif, lancé en 2006, est surtout employé avec l’Espagne et la province de Huelva, dans le recrutement de saisonnières marocaines pour la campagne de la fraise. A raison de 35 à 39 euros nets par jour, ces travailleuses agricoles gagnent en quatre mois autant qu’une année de travail au Maroc, où le salaire minimal mensuel équivaut à 1 870 dirhams (environ 166 euros). Conditions draconiennes de sélection et contrôles ont permis d’atteindre des taux de retour de plus de 90% pour les ressortissants marocains. En quelques années, le nombre de travailleurs clandestins dans le secteur agricole de la province de Huelva a quasiment disparu. Christelle Marot, à CASABLANCA
Jeudi 4 Juin 2009
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