Les révolutions arabes ne font pas de vagues dans le secteur maritime espagnol
ESPAGNE. Les responsables des ports de marchandises ont le sourire en Espagne. Car l'activité portuaire espagnole explose, avec près de 100 millions de tonnes de marchandises en transit sur l'ensemble des plateformes du pays, au cours du premier semestre 2011. « Le niveau d'activité a presque atteint le record historique enregistré en en 2008, avec 102 millions de tonnes de marchandises », confirme le courtier maritime Pere Carbonell.
Dans ce contexte d'euphorie -particulièrement rare en ce moment outre Pyrénées-, les répercussions des révolutions arabes sur le trafic maritime espagnol sont passées inaperçues, selon le courtier catalan : « Les armateurs ont été les plus impactés, car les assurances n'ont pas pris en compte les pertes liées aux interdictions d'accoster en Tunisie notamment. Une situation habituelle en cas de guerre ou de catastrophe naturelle, et à laquelle les armateurs ne peuvent se couvrir qu’en prenant des assurances qui n'ont généralement pas lieu d'être en Méditerranée. Et puis, comment imaginer ce qui allait se produire? C'est d'ailleurs généralement le propre des révolutions! ». Un point de vue partagé par Luis Romeu Vallejo, directeur de la société Tiba International, transitaire maritime basé à Barcelone et Valencia : « Le contexte ne justifie pas vraiment de modification des contrats pour les opérateurs espagnols, car la rupture liée aux révolutions dans les pays du Maghreb a eu des conséquences assez limitées, avec des interruptions de flux relativement courtes. Pour la Tunisie, qui représente des échanges assez importants, le trafic n'a été interrompu que pendant dix jours, et depuis, les niveaux d'activité sont revenus rapidement à la normale ». Pas de changement en termes de prix
Les opérateurs maritimes espagnols restent cependant en alerte sur les possibles développements politiques au Maghreb, sans se montrer pour autant inquiets. Notamment concernant la Libye, où ils constatent une baisse sensible des échanges, mais sans interdiction concernant ce pays.
« La situation apparait aujourd'hui un peu plus compliquée avec la Libye, en raison d'un conflit d'une autre nature et pas encore terminé », note Luis Romeu Vallejo. Les tensions en Syrie semblent beaucoup plus préoccuper ce transitaire maritime, compte tenu de la gravité des évènements. Avec en ligne mire de possibles changements dans d'autres pays pas encore directement concernés, comme l'Algérie ou le Maroc. « Pour autant, insiste Luis Romeu Vallejo, je ne vois pas de raison à ce jour de prendre des mesures particulières, et les armateurs comme tous les autres opérateurs maritimes se contentent d'observer ; après tout, la situation s'apaise, que ce soit en Égypte ou en Tunisie, et les changements politiques affectent peu les volumes et les prix. Par conséquent, il n'y a pas vraiment de quoi de s'inquiéter sur un plan commercial, même si nous suivons tous avec grand intérêt ce qui peut se passer, notamment en Algérie et au Maroc. » Voir l'ensemble du dossier "le commerce maritime face aux conflits" Francis Mateo, à BARCELONE
Lundi 19 Septembre 2011
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