Les régions italiennes opposées à l'éolien offshore
ITALIE. Le gouvernement provincial de Sicile a voté le 17 février 2012 une délibération d’opposition à la délivrance de permis d’installer et d’exploiter des champs d’éoliennes offshore. L’avis négatif donné à l’occasion d’une Evaluation d’Impact Environnemental portant sur plusieurs projets, a été motivé par l’assesseur au Territoire de la Giunta de Sicile, Sebastiano Di Betta : « ces projets auraient des répercussions inévitables sur les activités fondamentales de notre économie que sont le tourisme balnéaire, la pêche et la qualité des sites ».
La Sicile littorale fait l’objet de plusieurs projets éoliens en mer, dont un de 115 aérogénérateurs, que porte Enel, en joint-venture avec Costruzioni Moncada pour un investissement confinant à 500 M€. Trois mois auparavant c’était le gouvernement provincial des Pouilles, qui prenait une délibération similaire, invoquant là encore, l’incompatibilité supposée des projets offshore avec l’activité touristique. Cette fois-ci c’était Manfredonia Eolien Offshore qui se voyait opposer un texte précisant que l’exploitation d’éoliennes à trois miles du littoral sont « une violence faite à notre territoire. Nous n’avons pas besoin de monstres marins à nos portes ». Sur un plan légal, les oppositions régionales ont peu de chances d’interdire ces projets éoliens, dont les autorisations sont du domaine de l’Etat. Mais elles créent un climat peu propice à leur aboutissement. Jusqu'à 8000 MW de l'Adriatique à la Mer Ligure
Le programme italien est ambitieux mais les Régions n'ont pas la même approche que l'Etat (XDR)
Engagée dans un vaste plan éolien offshore, l’Italie prévoit l’ouverture d’une vingtaine de parcs marins d’ici 2020. Si Enel, l’opérateur de référence italien est souvent de la partie, le plus « gourmand » reste l’opérateur britannique Blue H.
Les Pouilles bénéficiant d’un bon potentiel éolien fait face à aux moins trois projets : Gargano Sud et Nord, ainsi que Margherita di Savoia, au large de la région de Foggia. Toujours en mer adriatique, un projet est prévue près de Bari, portant sur une puissance de 440 MW, pendant que Trevi porte avec Gamesa le projet Golfo Manfredonia, également évoqué plus haut, qui prévoit deux parcs offshore. La Sicile n’est pas en reste, avec le projet Moncada évoqué, alors que la Sardaigne, elle, devrait voir installer un parc de 320 MW au large d’Oristano. Si l’ensemble de ces projets aboutissaient, les eaux proches du littoral italien porteraient plus de 8 000 MW de puissance installée dans moins de dix ans. Michel Neumuller
Mercredi 22 Février 2012
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