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Les questions économiques masquées par les enjeux politiques durant la campagne électorale algérienne


ALGERIE. Les législatives du 10 mai 2012 ont placé les questions politiques au centre du débat électoral. Mais les questions économiques ne sont jamais très éloignées, les problématiques sociales ramenant sans cesse les candidats aux fondamentaux économiques.



Les légistavives algériennes n'enflamment pas les foules. Photo DR.
Les légistavives algériennes n'enflamment pas les foules. Photo DR.

ALGERIE. Les Algériens ne croient pas à la crédibilité du prochain scrutin législatif, car ils sont sceptiques quant à la volonté proclamée par les représentants des pouvoirs publics de respecter le « choix du peuple ».
 
En dépit de la campagne officielle incitant les citoyens à se rendre aux urnes et de l’activisme déployé par des partis qui entendent investir la future Assemblée populaire nationale (APN), il semble peu probable que les électeurs investissent en masse les bureaux de vote le 10 mai prochain.
 
Les questions de la fraude et de la stabilité du pays confronté à un environnement régional des plus instables (Libye, Mali…) restent au cœur de la problématique électorale. Les aspects idéologiques (place et rôle de l’islam, victoire électorale des partis islamistes à l’instar d’autres pays arabes…) ne sont pas absents, mais ne dominent pas.
 
Le volet économique pèse également sur les débats. Certes, les enjeux apparaissent modestes sur cette question, car la politique suivie jusqu’à aujourd’hui par le gouvernement devrait être, sauf surprise, poursuivie.
 
L’écrasante majorité des partis participants au scrutin ne présente pas de projets économiques consistants ou alternatifs.
 
Seuls quelques partis, à l’instar du Parti des travailleurs (PT) de Louisa Hanoune, affirment une orientation nettement antilibérale. Mais bien que présent dans toutes les wilayas (départements) du pays – il en existe 48 – le PT a peu de chances de remporter la majorité des sièges à l’APN.
 
Il n’empêche que son discours, partagé par d’autres formations plus petites, rencontre un écho certain auprès d’une population laminée par le chômage (21% chez les jeunes pour 10% de taux global selon le FMI), l’inflation, la crise du logement et la chute drastique de son pouvoir d’achat.
 
Les questions de la spéculation, du commerce de gros agricole, des importateurs et de la distribution touchent de nombreux électeurs qui n’arrivent plus ou difficilement à joindre les deux bouts, en dépit des augmentations de salaire obtenues au cours de l’année 2011.
 
L'Algérie assiste d’ailleurs à une spectaculaire remontée du mouvement social (grèves, émeutes, rassemblements…) qui avait pris un essor particulier au printemps 2011 avant de connaître une accalmie au second semestre.


Le FCE s’invite dans la campagne

Un autre facteur contribue à donner une certaine importance aux questions économiques. Le Forum des chefs d’entreprises (FCE) s’est invité dans la campagne électorale en présentant, à la veille de la campagne électorale, un programme contenant 50 propositions.

L’utilisation des immenses réserves financières du pays, l’explosion des importations, la chute de la production industrielle qui ne représente plus que 5% du PIB, l'investissement, les rôles respectifs des secteurs publics et privés et la place des entreprises étrangères nourrissent ces propositions.

Animé par Réda Hamiani, son président, le FCE invite les principaux partis (FLN, RND, MSP, FFS…) à présenter leurs programmes économiques lors de rencontres spécialement prévues à cet effet. La question qui agite, en toile de fond, toutes ces auditions reste celle du « patriotisme économique ».

Une bataille de moins en moins feutrée oppose en effet, depuis plusieurs mois déjà, le patronat dirigé de fait par le FCE au gouvernement. Le premier conteste les mesures dites de protection de l’économie nationale prises lors des lois de finances complémentaires (LFC) de ces dernières années : instauration du crédit documentaire (crédoc) comme moyen de paiement exclusif des opérations de commerce extérieur, loi des 51-49% qui octroie obligatoirement la majorité du capital des investissements mixtes (algéro-étrangers) au partenaire algérien…

Si la question des choix économiques n’occupe pas le devant de la scène politique à l’occasion de la campagne électorale, elle reste fondamentale et ne manquera certainement pas de rejaillir au lendemain du scrutin pour occuper toute sa place.



A. Belkessam, à ALGER


Lundi 7 Mai 2012



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