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Les producteurs espagnols de fruits et légumes menacés par la « crise du concombre »

Les producteurs espagnols de fruits et légumes constatent un effondrement inquiétant des ventes depuis que les autorités sanitaires allemandes ont désigné le concombre originaire d'Espagne (Almeria) comme porteur de la bactérie qui a déjà causé 14 morts outre-Rhin.


Réunion de crise au cabinet de la Ministre Rosa Aguilar (photo : MARM)
Réunion de crise au cabinet de la Ministre Rosa Aguilar (photo : MARM)
ESPAGNE. Tous les responsables ministériels et syndicaux concernés par les fruits et légumes en Espagne montent au créneau. À commencer par le directeur général de la Fédération Espagnole de Producteurs et Exportateurs de Fruits & Légumes (FEPEX ), José Maria Pozancos, qui a quantifié l'ampleur des retombées de la « crise du concombre ». La filière aurait ainsi perdu en une semaine 200 M€ à cause de la chute brutale des ventes. « Nous sommes extrêmement préoccupés par cette baisse considérable des exportations et très inquiets également par un possible « effet domino » sur l'ensemble des sites de maraîchage en Espagne », redoute José Maria Pozancos

Cette dégringolade des ventes résulte directement de la mise en accusation des autorités sanitaires allemandes. Ces dernières estiment que le concombre produit à Almeria porteur de la bactérie a déjà causé la mort de 14 personnes. La République Tchèque et l'Autriche ont retiré de leurs étals les concombres, tomates et aubergines originaires d'Espagne. La Belgique et la Russie ont, de leur côté, suspendu les importations de fruits et légumes espagnols.

Diego Garrido Lopez, secrétaire d'État à l'Union européenne, estime ces mesures de précaution «  précipitées et sans fondement », et menace de soutenir les entreprises espagnoles lésées dans le cadre d'une action en responsabilité civile contre les États concernés par ces restrictions.

Mais compte tenu du nombre très inquiétant de décès et de l'augmentation du nombre de cas -329 personnes infectées restent toujours dans un état grave en Allemagne- les menaces de ce haut responsable Espagnol ne risquent pas pour l'instant d'infléchir la position des gouvernements, ni même celle des consommateurs des pays non concernés par les restrictions de ventes des fruits et légumes espagnols.

« Conséquences incalculables et irréparables »

La région d'Andalousie apparait comme la plus touchée par les conséquences économiques de cette crise. Clara Aguilera, chargée de l'Agriculture et de la Pêche au Parlement régional de la Junta d'Andalucia, a d'ailleurs publié un communiqué pour alerter l'opinion sur « les conséquences incalculables et irréparables » de cette crise dans l'ensemble du secteur andalou des fruits et légumes.

Les régions voisines de Murcia et de Valencia, dont l'économie repose aussi en grande partie sur ce secteur des fruits et légumes, devraient également s'en ressentir, même si le concert de voix pour dénoncer l'injustice faite aux producteurs espagnols ne cesse de grossir. «  Notre pays ne peut pas admettre qu'on porte atteinte gratuitement au secteur » (des F&L), dénonce Rosa Aguilar, en charge du portefeuille de l'Environnement , du Milieu Rural et de la Mer (MARM ) au sein du gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero. La ministre met en doute la responsabilité des producteurs espagnols, et prévient qu'elle va « demander l'aide de la Communauté Européenne pour faire face aux graves conséquences économiques de cette crise sur la production de fruits et légumes en Espagne ».

Tout l'enjeu de ces prochains jours, au delà évidement de l'urgence sanitaire pour éviter de nouvelles infections, concerne la recherche de l'origine de cette bactérie mortelle dénommée Escherichia Coli (Eceh), pour savoir si les concombres ont été effectivement contaminés dans les cultures sous serres d'Andalousie, ou au cours des opérations logistiques. De ces résultats découleront les responsabilités.


Francis Matéo, à BARCELONE


Mardi 31 Mai 2011



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