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Les producteurs de blé dur du sud de la France s’organisent

Bien décidés à faire valoir leurs spécificités, les producteurs de blé dur des régions PACA, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées plaident auprès de Bruxelles en faveur du patrimoine, de l’aménagement et du développement durable pour conserver leurs subsides.


Le blé dur est essentiellement utilisé pour la fabrication de la semoule et des pâtes (photo Bleu Ciel)
Le blé dur est essentiellement utilisé pour la fabrication de la semoule et des pâtes (photo Bleu Ciel)
FRANCE. Créée en 2009 pour défendre les intérêts des producteurs, l’association Blé dur Méditerranée s’invite dans le débat sur l’avenir de la politique agricole commune (PAC) européenne. Le territoire qu’elle représente (Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d’Azur ainsi que les départements de la Drôme et de l’Ardèche) produit un million de tonnes de blé dur, soit 43% de la production française, principalement destinée à la fabrication de pâtes et de semoule. "Il s’agit d’une zone de production traditionnelle" témoigne Nicolas de Sambucy. L’agriculteur, secrétaire général de l’association Blé dur Méditerranée, ne tarit pas d’arguments :"si les aides européennes ne sont pas maintenues au niveau actuel, la production dans le sud de la France, comme en Espagne, en Italie et au Portugal ne pourra être maintenue."

L’association tente d’imposer le blé dur méditerranéen comme une « production structurellement fragile » avec des aides spécifiques, à l’image des élevages de montagne, qui bénéficient d’un soutien européen plus important que les élevages traditionnels. "Compte tenu du climat, le blé dur ne pourrait pas être remplacé par une autre culture dans le sud de la France" assure Nicolas de Sambucy. "Sans la reconnaissance européenne, les champs deviendront des friches ou seront livrés aux promoteurs ! "

La Méditerranée, premier importateur mondial

L’association met également en avant son apport en termes de développement durable : "C’est vrai que nos exploitations sont moins rentables que celle de la Beauce, par exemple, mais le climat nous permet de limiter les traitements phytosanitaires et nos céréales n’ont pas besoin d’être séchées, ce qui répond aux objectifs européens." Il ajoute : "nous contribuons également au développement des circuits courts, puisque notre production est traitée par l’usine de trituration de Marseille."

Face à eux, les producteurs de la zone non traditionnelle situés dans une vingtaine de départements français entendent bien faire valoir leurs droits, estimant qu’un traitement de faveur pour les producteurs traditionnels serait discriminant à leur égard.

La zone méditerranéenne, principale zone importatrice de la planète, consomme plus de la moitié du blé dur mondial. Ce sont l'Amérique du Nord et l’Amérique centrale qui exportent le plus : le Canada est le premier exportateur mondial de blé dur et l'Algérie le premier importateur.


Lire aussi : Le blé européen tiré à la hausse par des achats d'Afrique du Nord


Caroline Garcia


Mardi 6 Septembre 2011



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