partager partager

Les ports de Méditerranée redéfinissent leurs hinterlands

Les 10 et 11 mars 2010, le Grand port Maritime de Marseille a accueilli ses homologues de Méditerranée dans le cadre du projet européen Med. Durant deux jours, représentants portuaires, universitaires et régions de Méditerranée ont planché sur la façon de mieux appréhender leurs hinterlands et la façon de capter de nouveaux flux.


Antonio Grasso, coodinateur du projet Backgrounds et  Nicola Gambi, assistant technique. (Photo N.B.C)
Antonio Grasso, coodinateur du projet Backgrounds et Nicola Gambi, assistant technique. (Photo N.B.C)
MEDITERRANEE. Identifier et quantifier les marchandises qui gravitent autour des ports et faire en sorte qu’elles empruntent la voie maritime plutôt que les transports terrestres. Toutes les places portuaires, à quelque chose près, ont les mêmes préoccupations. C’est la raison pour laquelle, les ports de Méditerranée, fédérés sous la bannière du projet Backgrounds (l’arrière-port en anglais) qui dépend du programme européen MED, ont décidé de s’attaquer ensemble à cette problématique lancée en avril 2009 sous l’égide la région Sicile.

Les partenaires ont tenu les 10 et 11 mars 2010 à Marseille leur troisième réunion de travail.
Au total, une vingtaine de représentants parmi lesquels le port de Koper, l’autorité portuaire de Patras, le Centre de Recherche et de technologie de Grèce ou encore l’Institut portuaire d’études et de coopération Feports basé à Valence.

Favoriser l'intermodalité

Sergio Güerri Ferraz, Assistant technique et Julio Martinez Alarcon, chef du département formation et coopération au sein de l’Institut portuaire d’études et de coopération Feports. (Photo N. B.C)
Sergio Güerri Ferraz, Assistant technique et Julio Martinez Alarcon, chef du département formation et coopération au sein de l’Institut portuaire d’études et de coopération Feports. (Photo N. B.C)
« Notre objectif consiste à trouver des outils pour favoriser l’intermodalité. La région de Sicile participe à trois programmes européens MED dont Backgrounds dans lequel nous sommes chef de file. Il y a des zones, des clusters de productivité en Sicile qui n’utilisent pas le port. Ils chargent le fret dans des remorques qui prennent le ferry rapide jusqu’en Calabre et ensuite font du tout route jusque dans le Nord de l’Italie», explique Nicola Gambi, assistant technique du projet de la région Sicile.

Valence, dont l’hinterland s’étend sur un rayon de 350 km jusqu’à Madrid, et Marseille qui capte des flux en Bourgogne, Rhône-Alpes et dans l’Est ont les mêmes enjeux  d’amélioration des interfaces en intégrant les particularités locales.

« Nous sommes en train d’identifier l’aire d’influence des ports afin d’améliorer les relations du système productif de la région. L’objectif est de réduire les gaz à effet de serre dans l’aire d’influence du port en réduisant les trafics à travers la promotion de l’intermodalité. Notre Institut est chef de file du programme européen TER CON MED portant sur l’efficacité des terminaux à conteneurs en Méditerranée et ses liens avec le transport maritime de courte distance. Il porte également sur les problèmes douaniers et les difficultés d’avoir affaire à un monopole dans la manutention en Espagne », fait remarquer Julio Martinez Alarcon, chef du département formation et coopération au sein de l’Institut portuaire d’études et de coopération Feports qui participe également aux programmes européens Securimed Plus, Transit et Memo.

Rendez-vous à Koper en septembre

Valence, à l’avant-garde des places méditerranéennes en matière de lobbying européen, a en ce sens beaucoup à apprendre à ses partenaires méditerranéens. A Marseille par exemple, le port ne s’est engagé que très tardivement sur cette voie. « Ces programmes sont financés à hauteur de 75% par l’Union européenne. Les procédures sont extrêmement compliquées mais nous souhaitons connaître leur fonctionnement afin de devenir nous-mêmes porteurs de projets et collaborer avec des ports partenaires sur des problématiques communes », fait valoir Alexandre Antonakas, responsable de la coopération internationales au port de Marseille-Fos.

La prochaine réunion du programme triennal Backgrounds est prévue en septembre 2010 dans le port Slovène de Koper.

Lire aussi : Le port de Valence a le vent en poupe
                   : Malgré la crise, les ports de Méditerranée attirent le fret 
                   : La Méditerranée a \"une carte à jouer\" dans le transport durable


Nathalie Bureau du Colombier


Jeudi 11 Mars 2010



Lu 2127 fois
© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


Publicité




avis d'expert
Aux racines de la croissance verte en région Méditerranée
Dr. Christian Averous Par Dr. Christian Averous, économiste de l’Environnement
Promouvoir une croissance verte dans la région Méditerranée, en soutien au développement durable et à la réduction de la pauvreté, s’impose comme défi majeur de notre temps. English version

Pour une réorganisation des relations entre l’Union européenne et les pays méditerranéens
Jean-François Coustillière Par Jean-François Coustillière, consultant sur les questions euro-méditerranéennes
Aujourd’hui l’Union européenne (UE) dispose de trois cadres différents qu’elle a, elle-même, proposés, pour organiser la coopération en Méditerranée : le Processus de Barcelone (PB) né en 1995, la politique européenne de voisinage (PEV) née en 2003 et l’Union pour la Méditerranée (UpM) née en 2008.

Aspects géopolitiques de la crise syrienne
Michel Roche Par Michel Roche, consultant
Depuis plus d’un an la Syrie vit un drame et on ne voit pas émerger une solution. Les résolutions pourtant peu ambitieuses des Nations Unies, ne sont pas respectées et l’envoi d’un contingent d’observateurs qui atteindra 300 hommes (sic) parait bien dérisoire face à l’ampleur de la crise.