Les pertes des chantiers navals de Croatie atteindraient désormais 900 M€Pressée par l’Union européenne de privatiser ses chantiers navals, la Croatie n’a pas encore engagé le processus. Selon des experts du secteur, il y a pourtant urgence au vu de la situation financière des chantiers qui s’est aggravée en 2008, ce qui pourrait les empêcher d’honorer leur carnet de commande, qui atteint 2 mds€.
Seul le chantier croate Uljanik, qui a livré ce navire en février 2009, est bénéficiaire (photo Uljanik)
CROATIE. La situation financière des chantiers navals de Croatie s’est sensiblement aggravée en 2008. Les pertes cumulées de quatre des cinq chantiers du pays atteindraient désormais 900 M€ au lieu de 690 M€ début 2008, essentiellement en raison des coûts des prêts et des taux d’intérêts.
Devant cette situation, des experts et des responsables du secteur demandent au gouvernement de lancer rapidement le processus de privatisation. Faute de quoi les commandes en cours de navires, pour un montant total de 2 mds€, pourraient ne pas être assurées. Dans le cadre du processus de négociation d’adhésion avec l’Union européenne, la Croatie doit engager la restructuration de sa construction navale et cesser d'accorder des subventions, qui représentent 10% des coûts de construction de chaque navire, afin de respecter les règles de concurrence imposées par Bruxelles. Mais le processus a pris du retard, malgré l’accord trouvé fin décembre 2008 avec les syndicats. Celui-ci prévoit notamment d’interdire toute possibilité de changement vers un autre type d'activité des sites qui seront privatisés. L’appel d’offre annoncé pour le mois de janvier n’a toujours pas été lancé. Un secteur stratégique plombé par la chute du dollar
La construction navale est stratégique pour la Croatie où elle représente 15% des exportations, et le pays figure dans le top ten des plus importants producteurs de navires dans le monde, mais cela ne représente que 1% d’un marché largement dominé par les géants asiatiques.
Et à l'exception du chantier de Uljanik à Pula dans le nord du pays, aucun des chantiers croates qui emploient quelque 11.500 personnes ne dégage de bénéfices. Leurs pertes se sont accumulées notamment en raison de la chute du dollar, de la montée du prix de l'acier et des conséquences de la guerre de Croatie (1991-1995) sur l'industrie. Leur cession devrait se faire pour un euro, mais les autres modalités ne sont pas encore totalement définies. Seul le chantier Uljanik, qui a fini l’année avec un résultat net de 6 M€, devrait être privatisé aux conditions du marché. Brigitte Challiol
Mercredi 15 Avril 2009
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