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Les pays méditerranéens tentent de se débarrasser de leurs sacs plastiques


Au nord comme au sud de la Méditerranée, les pouvoirs publics prennent des mesures pour limiter l’usage des sacs plastiques légers.



Les déchets plastiques, plaie des côtes méditerranéennes (photo : C. Garcia)
Les déchets plastiques, plaie des côtes méditerranéennes (photo : C. Garcia)
MEDITERRANEE. Avec 311 millions de tonnes produites dans le monde en 2014, dont 59 en Europe, le plastique compte toujours parmi les matériaux les plus utilisés par le grand public comme par les professionnels. Loin derrière l’Allemagne (24,9 %), l’Italie (14,3 %), l’Espagne (7,4 %) et la France (9,6 %) se distinguent parmi les Etats européens les plus demandeurs, selon les chiffres avancés par la Fédération européenne des producteurs de plastique, Plastics Europe. De façon globale, malgré les solutions de recyclage existantes, plusieurs Etats enfouissent l’essentiel du plastique qu’ils consomment. En Europe du sud, plus de 50 % du plastique espagnol, grec ou croate est enterré. En France, en Italie ou au Portugal, la fourchette évolue entre 10 et 50 %, toujours selon les industriels. Ainsi 8 millions de tonnes de plastique ont été enfouis en Europe en 2014.

Le dernier rapport du World wild foundation (WWF)  sur l’état de la Méditerranée, Medtrends,  révèle que sur 171 oiseaux marins protégés étudiés, 66 % avaient ingéré des fragments de plastique. L’expédition Tara, qui mesure la pollution à travers les mers du globe, estime que 80 % des 6,5 millions de tonnes de déchets sont en plastique. Les emballages alimentaires et les sacs plastiques représentent 17,2 % des 47,8 millions de tonnes utilisées en 2014.
 
En Europe, dans une étude publiée en janvier 2016 à l'occasion du forum économique mondial, la fondation Ellen Mc Arthur compte de son côté 100 milliards de sacs plastique à usage unique utilisés, soit 78 millions de tonnes, dont seulement 14 % sont recyclés chaque année. Les mesures pour limiter l’usage de ce type d’emballage se multiplient. En 2015, l’Union européenne a adopté une directive visant à réduire l’utilisation de sacs plastiques légers (moins de 50 microns), moins réutilisés que les sacs plus épais et plus susceptibles de devenir rapidement des déchets sauvages. Elle contraint les Etats à garantir qu’aucun sac ne sera plus fourni gratuitement à partir de 2019 et fixe des objectifs de consommation annuelle par personne pour 2020 et 2025.
 

La Tunisie, le Maroc et l’Algérie prennent des mesures radicales

En France, la loi sur la transition énergétique prévoit la fin des sacs plastique distribués aux caisses des supermarchés le 1er mars 2016, puis le 1er janvier 2017 chez tous les commerçants. La grande distribution a globalement anticipé. Dès 1996, les magasins Leclerc ouvraient la marche en proposant des sacs payants échangeables à leurs clients.  En 2003, ce sont les Corses qui se prononçaient par référendum pour bannir les sacs plastiques des caisses de leurs hypers.

L’Italie, qui consommait le quart des sacs plastique européens, les a interdits en 2011. En Espagne, où les pratiques varient selon les régions, les « bolsas » subsistent, mais sont payantes. Une pratique qui a toutefois permis de réduire leur utilisation. Chaque Portugais utilise chaque année plus de 450 sacs. Là aussi, les grandes surfaces ont choisi de faire payer ces emballages. L’Etat, de son côté, prélève une taxe sur ces sacs légers. En Grèce, l’île d’Alonnisos s’est distinguée en décembre 2015 en interdisant totalement l’usage des emballages plastiques.

Le sud de la Méditerranée n’est pas en reste. Le Maroc a ouvert le bal en novembre 2015, interdisant la fabrication et l’utilisation de sacs plastiques d’ici juillet 2016. L’Algérie et la Tunisie lui ont emboîté le pas. Le 28 janvier 2016, le ministère de l’environnement tunisien a annoncé la fin de leur usage en mars prochain.




Mardi 2 Février 2016



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Henry Marty-Gauquié, directeur honoraire de la BEI, membre du groupe d'analyse JFC Conseil


 




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