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Les pays du sud demandent davantage d'investissements directs étrangers

Le développement des systèmes de formation professionnelle des pays du sud passe d’abord par la croissance des investissements directs étrangers dans leurs économies. C’est en tout cas l’avis que leurs représentants ont défendu lors du premier Forum euro-méditerranéen de l’enseignement technique et de la formation professionnelle organisé à Marseille, le 18 décembre 2008.


L'investissement économique améliorera les systèmes de formation professionnelle des pays du sud, selon eux (Photo N. Bureau du Colombier)
L'investissement économique améliorera les systèmes de formation professionnelle des pays du sud, selon eux (Photo N. Bureau du Colombier)
MEDITERRANEE / EUROPE. Qu’attendent les pays de la rive sud de la Méditerranée d’une coopération renforcée avec leurs homologues du nord pour développer leurs systèmes de formation ?

"Des investissements dans le tourisme, l’environnement, les énergies et les énergies alternatives", répond, contre toute attente, Roby Nathanson, président de l’Institute for economic and social research en Israël, lors d'une table ronde organisée dans le cadre du premier Forum euro-méditerranéen de l’enseignement technique et de la formation professionnelle. "Sur cette base, nous ferons correspondre les qualifications de ceux qui sont formés".

La priorité aux métiers exportateurs

"Nous avons besoin de projets structurants", estime aussi El Hassane Benmoussa, secrétaire général de la formation professionnelle au Maroc. "La priorité, ce sont les métiers exportateurs comme l’aéronautique, l’automobile, le textile et l’agroalimentaire."

"Les investissements directs à l’étranger sont d’une grande frilosité en Algérie", s’étonne à son tour Aomar Boukhezar, conseiller du président du conseil national économique et social d’Algérie. "Pourtant, notre système bancaire est sain et nous n’avons pas de problème de financement sur les dix ans à venir. A cet égard, la crise va peut-être jouer en notre faveur. Nous demandons aux Européens d’investir chez nous, notamment dans l’économie numérique qui est le secteur le plus générateur de croissance."

Inadéquation entre l'offre de formation et les besoins du marché

Les investissements permettront de développer l’emploi, notent les participants. Encore faut-il que les entreprises trouvent les qualifications dont elles ont besoin. "Il y a une inadéquation entre l’offre de formation et de qualifications et les besoins du marché ", reconnaît Roby Nathanson.

"C’est le cas en Israël, où seuls 7% des 13 000 étudiants formés dans les universités trouvent un emploi. En Egypte, 42% de la main d’œuvre font des études secondaires, mais les quatre cinquième sont au chômage. C’est aussi le cas en Algérie, au Maroc ou en Tunisie. Il faut engager davantage de jeunes dans la voie de la formation professionnelle qui produit les qualifications les plus adaptées, mais elle souffre d’une image négative."

En Algérie, le point noir, c’est "notre réseau de centres de formation professionnelle", selon Aomar Boukhezar. "Il n’est pas assez dense, il est sous-équipé et notre ingénierie de pédagogie n’est pas au point : il y a donc là un large champ de coopération possible» avec l’Europe. Dans cette perspective, le représentant algérien invite ses homologues des autres pays du Maghreb à «définir une plateforme commune de propositions à l’intention des pays du Nord".


Marie-Pierre Vega


Vendredi 19 Décembre 2008



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