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Les patrons français redoutent une nouvelle explosion en Egypte

Traversée depuis un an par des mouvements de protestations, l’Égypte a creusé ses déficits et n'attire plus les touristes. Les entreprises françaises craignent des nouvelles révoltes.


Richard Arditti, PDG d'Eurofret et président du Syndicat des transitaires de Marseille-Fos (photo DR).
Richard Arditti, PDG d'Eurofret et président du Syndicat des transitaires de Marseille-Fos (photo DR).
EGYPTE. Où va l’Égypte ? Voici un an, une partie du pays entrait en révolte contre le régime d'Hosni Moubarak. Un mouvement de protestation qui, sur le coup, n'a pas vraiment gêné les échanges commerciaux.

" Au moment des événements, nous avons constaté une chute de 15% environ des volumes d'importation ", explique Richard Arditti, PDG d'Eurofret et président du Syndicat des transitaires de Marseille-Fos (STM). " Mais depuis, tout est rentré dans l'ordre même si nous constatons encore certaines lenteurs ".

" Nous n'avons pas été vraiment impacté ", confirme-t-on dans une grande compagnie maritime marseillaise (qui n'a pas souhaité être citée). " Pendant la révolution, un de nos navires a pu décharger à Alexandrie grâce aux chars de l'armée qui surveillaient le port. Ensuite, nous avons eu du mal à exporter et importer pendant une quinzaine de jours. Mais nous n'avons pas connu de chute de volumes drastiques ".

Si l'impact n'a pas été immédiat, les conséquences économiques de la révolte se sont fait sentir, en revanche, sur le long terme. En 2011, le déficit budgétaire du pays s'est creusé à environ 18 mrds€, soit 8,7% de son PIB. Le déficit commercial, lui, a atteint 12,5 mrds€.

Pour redémarrer son économie, le pays vient de faire appel au Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir un prêt de 3,2 mrds$ (2,5 mrds€) qui sera "sans condition", comme l'a dévoilé mercredi 18 janvier 2012 Massoud Ahmed, directeur du département Moyen-Orient et Afrique du nord de l'institution financière lors d'une mission en Égypte. L'homme du FMI a toutefois tenu à préciser qu'il préférerait que ce pays mette sur pied un "programme de réformes sur deux ans approuvé par toutes les forces politiques et qui parvienne à réduire le déficit budgétaire ."

Une cocotte minute

Un an après la révolte, les inquiétudes sur l'avenir du pays persistent. " L'espoir soulevé par la révolution n'a pas été suivi d'un grand changement ", reprend notre interlocuteur marseillais. " Tous nos correspondants sur place nous disent la même chose : ils sentent monter une énorme frustration dans la jeunesse égyptienne qui forme 75% de la population ".

Selon l'Organisation internationale du travail (OIT), 90% des chômeurs égyptiens avaient moins de 30 ans en 2011.

Autre préoccupation : la chute des revenus du tourisme. Selon le gouvernement égyptien, ils sont passés de 9,7 mrds$ en 2010 à 6,8 mrds$ l'année suivante. Le nombre des visiteurs a diminué, lui, de 33% et le nombre de nuitées est tombé à 114 millions, contre 141 millions en 2010.

Conclusion de notre armateur marseillais : " Même si le volume des échanges est revenu à un niveau à peu près normal, tout le monde redoute une nouvelle explosion. L'Égypte aujourd'hui, c'est une cocotte minute en ébullition ".


Mickaël Penverne


Jeudi 19 Janvier 2012



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