Les partis marocains déclinent leur programmeNeuf mois après le début des manifestations du 20 Février, les Marocains sont attendus aux urnes le 25 novembre 2011, pour élire leurs députés. Dans les starting-blocks : l’Istiqlal, l’Alliance pour la démocratie et le PJD.
Parlement à Rabat (photo Christelle Marot)
MAROC. Près de 13,6 millions de Marocains sont attendus aux urnes, le 25 novembre 2011, pour élire les 325 députés de la Chambre basse. Il s'agit des premières élections organisées depuis l’adoption de la nouvelle Constitution en juillet 2011
Le scrutin devrait se jouer entre l’Istiqlal, parti du chef du gouvernement, la coalition du G8 et les islamistes du Parti justice et développement (PJD). Aux prises avec la contestation sociale, les partis tentent de rassurer sur le front de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté. L’ Istiqlal s’est ainsi engagé à favoriser la création, sur cinq ans, de 750 000 emplois dans le privé, notamment dans les secteurs phares de l’économie (automobile, offshoring, aéronautique, etc.). Pour financer la lutte contre la pauvreté et le développement des régions isolées, le parti d’Abass El Fassi prévoit la création de quatre nouveaux impôts, dont une taxe de 5% sur les hauts salaires (supérieurs à 2 millions de MAD par an, soit 176 000 €) et une taxe sur les produits de luxe. En-tête des réformes : la justice, l’éducation et la santé. Emploi, croissance et lutte contre la pauvreté
L’Alliance pour la démocratie, composée de huit formations (RNI, PAM, UC, MP, PGVM, PS, PT et PRV), compte sur la régionalisation pour doper la croissance et résorber le chômage. Le G8, emmené par Salaheddine Mezouar, l’actuel ministre de l’Économie et des Finances, promet la création de 200 000 emplois par an et une réforme de la Caisse de compensation, dont les charges ne cessent de s’alourdir.
La couverture médicale devrait être généralisée. L’Alliance entend également baisser l’imposition sur les PME. Le groupement hétéroclite, qui compte en son sein un parti islamiste, le Parti de la renaissance et de la vertu (PRV), pourrait par ailleurs favoriser la finance islamique. De son côté, le PJD envisage d’alléger l’impôt pour les classes moyennes et modestes, et d’imposer plus lourdement les plus riches. Il prévoit d’augmenter le SMIG à 3 000 dirhams soit 267 €(contre 2 231 dirhams aujourd’hui soit près de 199 €) et d’accroitre le revenu individuel de 40% en cinq ans, avec pour principal levier la fiscalité. Le PJD souhaite par ailleurs doubler la construction du logement social. L’impôt sur les sociétés devrait passer à 25% (30% actuellement). Le PJD met aussi l’accent sur la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. L’objectif est également de ramener le taux d’analphabétisme à 20% en 2015 et 10% en 2020 (44% actuellement). Christelle Marot, à CASABLANCA
Mercredi 9 Novembre 2011
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