Les partenariats publics privés se développent au MarocTransports, distribution d’eau et d’électricité, assainissement, enseignement : au Maroc, la gestion privée de nombre de services publics tend à se développer.
MAROC. Transports, distribution d’eau et d’électricité, assainissement, enseignement : au Maroc, la gestion privée de nombre de services publics tend à se développer, dans un contexte de libéralisation de l’économie et de resserrement de la contrainte budgétaire.
Exemple réussi de partenariat public-privé : le complexe portuaire de Tanger, d’un coût global de 3 mrds €, dont la moitié environ est financée par les opérateurs privés. C’est l’ Agence spéciale Tanger Méditerranée (TMSA), agence publique, qui développe et gère le port. De son côté, le secteur privé est en charge des équipements. Et pour exploiter ce projet colossal, les autorités marocaines s’appuient sur de grands opérateurs mondiaux : APM Terminals, Eurogate et Marsa Maroc, notamment, pour la concession des terminaux. Tanger Med I est entré en service en 2007. Seconde phase du complexe portuaire, Tanger Med II sera opérationnel mi-2014, ce qui permettra de porter la capacité de stockage de 3 millions à 8,2 millions de conteneurs équivalent vingt pieds (EVP). Un terminal doit encore être concédé au secteur privé. Enseignement supérieur : le privé à la rescousse
Autre secteur dans lequel le privé est amené à jouer un rôle grandissant : l’enseignement. Pour répondre aux besoins de l’économie et comme palliatif à l’échec du public, les autorités visent à augmenter la part du privé à 20% contre 7% environ actuellement.
A Casablanca, le campus privé Mundiapolis, qui a ouvert ses portes en 2009, offre des formations en lien avec les besoins exprimés dans les plans stratégiques nationaux, type Emergence : informatique, réseaux télécoms, offshoring, électronique embarquée, management, marketing, finance ou comptabilité. Le campus, qui peut accueillir 3 500 étudiants, est situé sur l’aéropole de Nouaceur, zone industrielle développée par l’ Office national des aéroports (ONDA), le Centre régional d’investissements (CRI de Casablanca) et le ministère du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles technologies. Malgré l’absence de cadre réglementaire clair, les initiatives privées de ce type se multiplient : université internationale de Rabat, Universiapolis à Agadir, CUPM à Marrakesh, etc. Pour encadrer l’enseignement supérieur privé, la loi existe depuis 2 000, mais une dizaine de décrets pour sa régulation, l’encouragement financier et la fiscalité, attendent toujours d’être promulgués. Bilan mitigé dans les secteurs de l’eau et de l’électricité
Si Tanger Med est une réussite et si l’enseignement offre des perspectives, les problématiques liées à l’eau et l’électricité, dans le cadre des PPP, sont plus sensibles.
Au Maroc, la contestation populaire n’a pas épargné les groupes français Suez et Veolia, gestionnaires délégués de services publics, dans plusieurs grandes villes du royaume. Dans le sillage de leurs revendications politiques, les manifestants du 20 février exigent une meilleure gouvernance et davantage de transparence dans les affaires économiques. Lydec, filiale marocaine de Suez, opère à Casablanca depuis 1997, sous contrat avec la communauté urbaine. De son côté, Veolia a obtenu la gestion déléguée pour l’eau, l’assainissement et l’électricité dans les villes de Tanger, Tétouan, Rabat et Salé, via ses filiales Amendis et Redal. Mais nombre d’usagers et d’associations dénoncent des factures en hausse et le retard pris dans la réalisation des infrastructures et des branchements sociaux; des critiques soulevées par le rapport 2009 de la Cour des comptes à Rabat, rendu public au second trimestre 2011. Pour Mehdi Lahlou, économiste et président de l’Association marocaine pour le contrat mondial de l’eau (ACME Maroc ), « ces entreprises privées qui obtiennent des concessions sur trente ans n’ont aucun intérêt techniquement et financièrement à investir sur le très long terme ». Christelle Marot, à CASABLANCA
Lundi 30 Mai 2011
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