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Les négociations se poursuivent sur tous les fronts en Grèce


GRECE. Double négociation pour le gouvernement Padadémos qui tente de restructurer la dette du pays auprès des ses créanciers privés d'une part et de décrocher le prêt de 130 mrds€ auprès de ses créanciers publics d'autre part. Même en cas de succès, la partie est loin d'être gagnée.



Yannis Varoufakis parle d'escroquerie concernant l'accord sur la dette (photo YV)
Yannis Varoufakis parle d'escroquerie concernant l'accord sur la dette (photo YV)
GRECE. Journée d’attente à Athènes où les négociations sur la réduction d’au moins 50 % de la dette souveraine du pays sont toujours en cours, mais un prudent optimisme plane sur la capitale grecque quant au résultat.

Par ailleurs, autre bonne nouvelle à court terme, du moins, la Grèce va négocier de nouveaux prêts avec le FMI. Jusqu'à présent, le FMI n'était pas concerné par ce deuxième plan d'aide de 130 mrds€ décidé en octobre 2011 et selon bon nombre d’observateurs, le feu vert administratif donné par le FMI pour ce prêt, toujours en négociation à Athènes, pourrait indiquer qu'un accord de la Grèce avec ses créanciers privés sur une décote d’au moins 100 mrds€ de dette est proche.

Il n’empêche, pour Yanis Varoufakis, économiste de renom et auteur de nombreux ouvrages sur la crise grecque, cet échange de titres qui allégerait la dette du pays d'environ de moitié n’est rien de moins «qu’une escroquerie dont Athènes et la zone euro vont payer les pots cassés».

Cette opération appelée PSI (Private Sector Involvement, PSI en anglais) doit être de nature volontaire et concerner tous les créanciers privés du pays à défaut de quoi le premier ministre Lucas Papademos a prévenu qu’il n’hésiterait pas à avoir recours à un mécanisme de clause d'action collective (Cacs) imposant aux créanciers récalcitrants la marche forcée vers la décote.

Voeux pieux selon Yianis Varoufakis, «c’est une menace, mais Athènes est elle en mesure de l’appliquer 

Une escroquerie

Le problème se cristallise sur la BCE car elle détient des milliards d’euros de dette grecque et a prévenu qu’elle ne veut pas entendre parler de décote volontaire qui est le seul moyen pour éviter le déclenchement des CDS (Credit Default Swap)  déclenchement qui à son  tour provoquerait l’effondrement du système financier. 

Or les hedge funds (les fonds spéculatifs) qui ont acheté de la dette grecque massivement veulent bénéficier du même traitement que la BCE et ils ont prévenu qu’ils comptent attaquer la Grèce devant la Cour internationale des droits de l’homme de Strasbourg au titre de la protection de la propriété si on les obligeait à prendre part à cette décote.

«Elle est là, l’escroquerie», souligne Yianis  Varoufakis, «si on impose la décote couplée à une participation obligatoire on agit à contre sens et on prépare un terrain d’action idéal pour les hedge funds que l‘on veut éviter à tout prix. Que va-t-il arriver maintenant ? L’arrangement sur la décote se fera dans les jours suivants mais les hedge funds ne seront pas inclus dans le règlement. Une bataille rangée va suivre en coulisse entre le FMI, la communauté européenne et les hedge funds. En d’autres mots, la décote, même si elle sera présentée comme un succès sera en fait un échec».

Pour cet homme qui tire la sonnette d’alarme, la Grèce et la zone euro sont dans un cercle  vicieux.


«Nous, Grecs, angoissons avant chaque prêt de la communauté internationale, prêt de la Troïka, qui transite par l’état grec pour rembourser les banques  européennes, à moitié décapitalisées mais qui aggrave les comptes publics du pays sans pour autant résoudre le problème des banques européennes ou celui de la Grèce».

Dans les projections les plus favorables l’échange de titres se fera sur une nouvelle maturité à trente ans avec un intérêt compris entre 3,2% et 4,3%, mais ce n’est pas pour autant que la dette grecque sera viable à long terme, or c’est bien le but, «pour que cela marche» martèle Yianis Varoufakis, «Il aurait fallu que la croissance grecque soit actuellement d’au moins 2%, avec une inflation de 1 à 2%. Là, la croissance est à moins 6%  ça n’a pas de sens»!

D’autant que le FMI exige pour octroyer à la Grèce le second plan d’aide de 130 mrds€ des mesures d’austérité supplémentaires, telles qu’une baisse des salaires du secteur privé, du SMIC, actuellement à 590 € net par mois, une  nouvelle baisse des retraites principales et complémentaires.

Des  mesures incompatibles avec toute idée de reprise et de croissance. En d’autres termes, selon cet économiste, "même si  les négociations en cours réussissent, ce sera un échec".
La dette grecque continuera à gonfler. Une seule solution pour cet homme, accepter l’idée que le pays est en faillite depuis deux ans et changer radicalement de cap ce qui ne veut pas dire que le pays sorte de la zone euro, bien au contraire.


Thomas Iacobi, à ATHÈNES


Lundi 23 Janvier 2012



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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