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Les jeunes facebookers empêchés de marcher à Alger




Les jeunes facebookers se sont donnés rendez-vous à la Grande Poste D'Alger (photo AB)
Les jeunes facebookers se sont donnés rendez-vous à la Grande Poste D'Alger (photo AB)
ALGÉRIE. La marche des jeunes facebookers intitulée «19 mars 2011 : marche de la jeunesse algérienne» n’a pas eu lieu. Le dispositif de sécurité mis en place n’a pas permis aux initiateurs et à ceux qui avaient répondu à leur appel de se regrouper.

Très tôt le matin, le quartier de la Grande poste, au cœur d’Alger, était quadrillé de toutes parts. Les jeunes, non organisés et sans «stratégie», n’ont pu faire face à des forces de police désormais bien rodées. 
 
Incapables de marcher, les jeunes formeront çà et là de petits regroupements de quelques personnes pour discuter entre eux et avec les journalistes présents sur place.

Walid, jeune cadre de 26 ans rencontré sur place, se disait ulcéré et n’arrivait pas à comprendre «les raisons de la mise en place d’un tel dispositif contre des jeunes qui entendent simplement s’exprimer pacifiquement.» Alors qu’il discute avec trois journalistes sur le trottoir, un policier lui demande de circuler.

En réponse, Walid, interroge : «Quelle loi interdit à un groupe de quatre personnes de discuter dans la rue ? L’état d’urgence a été levé, non ?» Mais le policier l’invite une nouvelle fois à se déplacer «pour ne pas encombrer la voie». 

«C’est malheureux, poursuivit Walid, ils poussent les gens à la violence. A Diar Echems, les habitants ont réclamé pacifiquement des logements pendant vingt ans, sans résultat. Mais le jour où ils sont sortis dans la rue et qu’ils ont bloqué l’accès d’une route principale, on les a écoutés et relogés.»

Mourad, un autre jeune, affirme «ne pas comprendre pourquoi les Algérois sont léthargiques… Tous les ingrédients d’une révolte sont là. Les gens n’en peuvent plus de la corruption, du mépris, du deux poids-deux mesures dans la vie de tous les jours au niveau des différentes institutions, à commencer par celles censées les représenter comme la mairie. Qu’est ce qui fait que les gens se complaisent dans leur quotidien qui est loin d’être idéal?»

Une jeune femme, venue par simple curiosité, rétorque : « je ne suis pas d’accord pour dire que les gens se complaisent dans leur quotidien. Il ne se passe pas un jour sans que de nouvelles grèves éclatent aux quatre coins du pays, sans que des routes ne soient coupées par la population, sans de nouvelles manifestations qui s’enhardissent jusqu’à la Présidence de la république. Les revendications économiques et sociales fusent de partout.»

Abondant dans le même sens, un étudiant ayant visiblement la tête sur les épaules malgré son jeune âge, déclare : «C’est aux partis d’opposition et à tous ceux qui appellent la population à descendre dans la rue pour faire la révolution qu’il revient de s’interroger. Pourquoi les salariés, les chômeurs, les étudiants, les Gardes communaux qui revendiquent et manifestent parfois en bravant l’interdit officiel ne répondent-ils pas aux appels des politiques ? C’est en cherchant la réponse à cette question et non en s’obstinant à vouloir à tout prix faire sortir les Algérois dans la rue pour lancer une insurrection que l’on avancera.»

Pendant deux heures de temps, une poignée de jeunes et de nombreux policiers ont joué au chat et à la souris. Mais les jeunes ont fini par être dispersés dans le calme par des forces de l'ordre veillant à ne pas provoquer des heurts qui auraient pu faire des blessés. Des policiers qui faisaient du RP (relation publique), aidant les vieilles dames à traverser et veillant à ce qu’aucune femme ne se fasse bousculer… « Une vraie stratégie de communication dont certains partis d’opposition devraient s’inspirer » dira une consœur étrangère.


Amal Belkessam, à ALGER


Dimanche 20 Mars 2011



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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