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Les industriels espagnols du solaire chauffés à blanc

Face à la baisse des aides d’État et la modification des modalités de rachat du kWh photovoltaïque, quatre associations professionnelles préparent une fusion et veulent parler d'une même voix face au ministère de l'Industrie. Pendant ce temps, ce sont les Provinces, mécontentes, qui assignent l’État en justice pour les mêmes raisons.


Le secteur se mobilise en Espagne en groupant ses professionnels (photo DR)
Le secteur se mobilise en Espagne en groupant ses professionnels (photo DR)
Les conseils d'administration de l'Association nationale des producteurs et des investisseurs pour les énergies renouvelables (Anper ), le Photovoltaic Industry Association (AEF), la Photovoltaic Industry Association (Asif ) et l'Association des producteurs d'énergie renouvelable (Appa ) vont se grouper en une fédération espagnole des producteurs d’énergie d’origine photovoltaïque.
 
La nouvelle fédération, qui se cherche un nom, pourrait dans un second temps, au printemps 2012, fusionner les membres des quatre associations professionnelles qui la composent. Elle a pour l’heure arrêté son mode de gouvernance : deux coprésidents, un directeur général et un coordonnateur.

Ce dernier, qui n’est pas encore nommé, aura sans doute la fonction essentielle de la fédération des acteurs du photovoltaïque en Espagne, celle de recueillir le consensus nécessaire avant de difficiles négociations avec l’État.

Depuis 2008 la situation est en effet tendue entre un État espagnol qui a cherché à faire des économies en irriguant moins de ses aides le secteur des ENR tout en lui laissant la possibilité de marges. Certes moins royales que durant la décennie d’or qui vient de s’écouler.

Murcie, Valence et maintenant Extremadure en justice

Le ministre de l'Industrie Miguel Sebastián estime que la réforme est "raisonnable" (photo DR)
Le ministre de l'Industrie Miguel Sebastián estime que la réforme est "raisonnable" (photo DR)
Les industriels font grise mine, mais la crise agite aussi les Provinces, qui avaient misées sur la politique d’État pour bonifier les aides publiques d’aides régionales. La Loi 14/2010 RD voici un an, en différenciant les aides d’État selon les régions plus ou moins ensoleillées, avait mis le feu aux poudres. Mais c'est d'abord la rétroactivité de ces mesures, sous certaines conditions, qui met en danger juridique l'État.

Surtout quand l’exécutif des Provinces défavorisées n’est pas favorable au PSOE au gouvernement. Murcie et le Pays Valencian ont déjà assigné l'État, voici que l’Extremadure envisage un recours à la Cour constitutionnelle pour invalider la loi contestée.
 
Il y a six mois, la gouvernance d’Extremadure était à gauche, et on négociait, certes fermement, mais on négociait. Aujourd’hui c’est le Parti populaire qui est aux manettes, et la Province agite la menace d’un recours devant la plus haute instance juridique espagnole.
 
Pour l’heure, cette dernière a activé une disposition de concertation pré-recours, et une commission bilatérale doit se réunir bientôt afin de voir s’il existe encore une possibilité de s’entendre.
 

Coûts de production divisés par deux en dix ans ?

Une baisse des coûts de production compensera t'elle la baisse du chiffre d'affaires ? (Photo DR)
Une baisse des coûts de production compensera t'elle la baisse du chiffre d'affaires ? (Photo DR)
Depuis 2008, l’État espagnol a réduit le prix de rachat du kwh ENR avant de s’attaquer au système d’aides publiques qui a favorisé l’extraordinaire essor du photovoltaïque depuis les années 1990. La crise espagnole l’oblige à une politique d’économies drastiques, mais les experts savent aussi que le prix des composants des centrales photovoltaïques baisse et baissera encore plus, permettant aux producteurs de réduire leurs coûts.

C’est une des raisons qui a fait dire récemment devant le Sénat au ministre de l’Industrie Miguel Sebastián que la réforme est « raisonnable ». Il nie d’ailleurs une baisse du tarif de rachat, mais avoue seulement que celui-ci n’est pas appliqué 24 h sur 24. Les associations d’industriels ont, elles, calculé que depuis trois ans, 26% de leur revenu avait été rogné avec les nouvelles mesures d’État.
 
Le ministère estime sans doute que les industriels ont encore des possibilités d’économie, et que réduire leurs marges n’est pas tuer le secteur. Selon une récente étude d’EPIA  (Association de l’Industrie photovoltaïque en Europe) le coût de production du kWh solaire devrait baisser, en Europe, mais surtout là où l’ensoleillement est fort, de moitié d’ici 2020.
 


Michel Neumuller


Jeudi 15 Septembre 2011



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