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Les étudiants empêchés de marcher se rassemblent dans le centre d’Alger


Près de deux milliers d’étudiants se sont rassemblés le 2 mai 2011 devant la Faculté centrale d’Alger à l’appel du Conseil national autonome des étudiants (CNAE). Les forces de l’ordre qui avaient quadrillé la capitale les ont empêchés de marcher comme ils l’avaient déjà fait le 12 avril 2011.



Ne pouvant pas marcher, les étudiants ont opté pour un rassemblement (photo AB)
Ne pouvant pas marcher, les étudiants ont opté pour un rassemblement (photo AB)
ALGÉRIE. Les forces anti-émeute postées en très grand nombre des deux côtés de l’une des principales artères de la capitale ont empêché les étudiants de s’élancer, comme ils en avaient l’intention, vers le Palais du Gouvernement le 2 mai 2011 à Alger.

Leurs camarades qui arrivaient au fur et à mesure n’ont pu les rejoindre, tous les points menant au lieu de ralliement ayant été bloqués par la police. Même les riverains étaient empêchés d’accéder à leur domicile. Les derniers étudiants arrivés s’agglutinaient aux coins des rues, dans des cafés ou au niveau des entrées d’immeuble…

Ce maillage a empêché les étudiants de rééditer l’exploit du 12 avril 2011 où ils avaient pu reconquérir le droit, pourtant formellement interdit, de manifester à Alger. Ils avaient compté à l’époque sur l’effet de surprise ainsi que la grève générale qui paralysait la majorité des établissements universitaires. Cela leur avait permis de déjouer les barrages installés par la police.

L’effet de surprise n’a pas joué

Mais les étudiants n’étant pas en grève ce 2 mai 2011, ils étaient beaucoup moins nombreux à vouloir manifester.

Les forces de sécurité, de leur côté, ont tiré les leçons du 12 avril dernier. «Les étudiants venus des autres régions du pays ont été bloqués dans les bus» affirme Djamel, un étudiant de Tizi-Ouzou interrogé par Econostrum.info
 
Un de ses camarades surenchérit en affirmant «que des contrôles d’identité ont été effectués dans les trains pour débusquer les marcheurs».

Un délégué de l’université de Blida se dit déçu du manque de solidarité des citoyens : «quand les policiers ont chargé, j’ai voulu m’abriter dans une officine, mais le pharmacien m’a jeté dehors. Nous nous battons pour l’amélioration du niveau de l’université algérienne, pour sa démocratisation. Nous voulons une qualité de l’enseignement digne de ce nom avec des moyens pédagogiques et techniques. Certains étudiants arrivent en dernière année de pharmacie sans savoir utiliser une pipette. Les stages de fin de cycle, obligatoires avant, ont été supprimés il y a quelques années du cursus universitaire. Malgré cela, nous recevons peu de soutien.»

Un autre se plaindra du harcèlement judiciaire dont font l’objet ceux qui sont considérés comme les meneurs : «douze délégués de l’Ecole supérieure de l’hydraulique ont reçu des convocations de la police.»

Les étudiants optent pour un rassemblement

Au bout de deux heures, les étudiants qui étaient aux alentours de la Place Maurice Audin ont été délogés de force par les policiers. Ceux qui avaient trouvé refuge dans des cages d’escaliers furent jetés dehors sans ménagement. On signale plusieurs blessés.

Considérant que la marche ne pourrait avoir lieu dans ces conditions, les délégués du Conseil national autonome des étudiants (CNAE) ont opté pour un rassemblement sur place avec des prises de parole. Les «promesses de dupes» du ministre de l’Enseignement supérieur ont été pointées du doigt par les intervenants ainsi que la nécessité d’une démocratisation de l’université, le refus du système LMD, un enseignement de qualité… Les étudiants ont également dénoncé le manque de libertés individuelles. Les manifestants se sont dispersés vers 14H 30 pour éviter l’affrontement et donc de nouveaux blessées.

Une enseignante universitaire rencontrée en marge du rassemblement confirme que ces étudiants veulent une formation de meilleure qualité et que le système LMD a été appliqué sans réflexion. «Résultat : plusieurs licences aux intitulés très différents ont le même programme d’enseignement, ce qui est une aberration. L’université algérienne va à la dérive nous confiera un autre enseignant.»

A l’issue de ce rassemblement qui a bloqué plusieurs heures durant la circulation à Alger, les délégués ont annoncé qu’ils allaient faire le point dans les prochains jours afin d’évaluer la situation et de déterminer les objectifs et moyens de faire aboutir leurs revendications.


Lire aussi : Plus de 10 000 étudiants marchent dans Alger


Amal Belkessam, à ALGER


Lundi 2 Mai 2011



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Commentaires

1.Posté par Djaoui le 03/05/2011 10:03
C'est en ce moment que se creuse le fossé le plus profond entre les générations : que les aînés ne fassent rien pour soutenir les luttes légitimes argumentées et réalistes des étudiants et des lycéens est une aberration; comme ce pharmacien qui refuse l'asile à un étudiant !
Les soutenir est une obligation; exiger ce soutien est un droit !
Les enseignants universitaires de quelque rang que ce soit ont le DEVOIR de défendre les revendications justes de leurs élèves, sinon ils n'auront plus aucune autorité morale et ne pourront plus parler de " famille universitaire".
Quant à la gestion des universités par Harraoubia et consorts, la catastrophe est patente.
La société dans son ensemble doit soutenir les étudiants pour sauver l'Université !

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