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Les élections en Grèce rassurent sur le sort de l'Europe


Alors que les Grecs ont voté pour le parti de droite "Nouvelle Démocratie" à la majorité, l'Europe se rassure quant aux mesures d'austérité que le pays doit suivre.



Siège de la Banque Centrale Européenne à Francfort (photo F.Dubessy)
Siège de la Banque Centrale Européenne à Francfort (photo F.Dubessy)
Dimanche 17 juin 2012, les Grecs se sont rendus aux urnes pour élire leurs représentants aux législatives : c’est le parti de droite, "Nouvelle Démocratie" qui a remporté la majorité avec 29,96% des voix.
 
Ces résultats rassurent l’Europe quant aux mesures d’austérité que doit prendre le pays pour ne pas aggraver la crise de la dette dont il est la proie depuis deux ans. C’est donc au grand soulagement d’une partie des dirigeants européens que la gauche radicale Syriza se trouve désormais dans l'opposition.
 
Ce parti connu pour rejeter en bloc les mesures d’austérité exigées par l’Europe a obtenu 26,65% des voix. La chancelière allemande Angela Merkel a déjà appelé Antonis Samaras, le président du parti vainqueur, pour le féliciter et lui rappeler ses engagements européens. Ce dernier entend « renégocier » les mesures de rigueur imposées par l’Europe depuis 2010.

Une Europe minée par la crise de la dette

C’est dans le contexte d’une Europe minée par la crise de la dette qu’interviennent ces élections décisives. Alors que le dernier plan de sauvetage européen décidé le 9 juin 2012 prévoit de débloquer jusqu’à 100 mrds € d’aide à l’Espagne pour recapitaliser ses banques, les inquiétudes se portent déjà sur l’Italie comme potentiel État à sauver de la crise.
 
Après la Grèce, l’Irlande, le Portugal et maintenant l’Espagne, l’Italie pourrait bien être le prochain pays à demander à bénéficier du plan d’aide, malgré les mesures d’austérité dirigées par Mario Monti. Avec plus de 1 900 mrds € de dette publique – soit 120% de son PIB - l’Italie porte la deuxième plus forte dette d’Europe après la Grèce. 

Face à la contagion de la crise dans la zone Euro, les États les plus solides craignent l’effondrement de leurs économies internes. En effet, l’écroulement d’un des pays les plus fragiles de la zone euro impliquerait la chute des autres pays de l’Union européenne, et à terme s’étendrait au système financier international dont les banques sont en forte interdépendance.
 
Par ailleurs, l’agence de notation Moody’s avait prévenu dans un communiqué daté du 8 juin 2012, la possibilité d’abaisser la note de nombreux pays de la zone euro, selon les développements en Grèce et en Espagne. Elle a précisé réévaluer notamment les notes des économies bénéficiant de la note maximale AAA (Allemagne, Pays Bas, Finlande). Quant à l’éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, l’agence de notation a spécifié réévaluer tous les pays de la zone en cas de sortie du pays de l’union monétaire. Une menace de taille, pour les derniers bastions de stabilité dans une Europe évaluée de plus en plus à haut risque.

Un effet de contagion à maîtriser

Face à cette Europe qui chavire, les institutions européennes et les organisations internationales ont débloqué des fonds colossaux pour sauver les pays de la faillite. Après la création du Fond Européen de Stabilité Financière (FESF) européen et l’intervention du Fond Monétaire International (FMI) à hauteur de 110 mrds € en mai 2010 (80 mrds de la zone euro + 30 mrds du FMI), puis 109 mrds € en juillet 2011 (79 mrds du FESF et du FMI + 30 mrds de privatisations), c’était au tour de l’Espagne de bénéficier d’une aide allant jusqu’à 100 mrds €. Des aides qui sont soumises à des conditions très strictes en termes d’austérité.
 
De leur côté, les banques centrales des principales puissances économiques mondiales ont affirmé leur appui à la zone euro en cas de turbulences majeures sur les marchés financiers.

Réuni lundi 18 et mardi 19 juin 2012 à Los Cabos au Mexique, le G20 prévoit ainsi de faire de la crise européenne l’un des principaux ordres du jour. Le président de la Banque Centrale Européenne (BCE) a notamment laissé entendre la baisse des taux directeurs pour la période à venir, une mesure qui permettrait d’écarter les risques inflationnistes.

Des mesures d’austérité en contrepartie

Alors que le montant exact de l’aide européenne alloué à l’Espagne reste à fixer, le bilan d’austérité du pays démontre bien des difficultés : malgré les coupes budgétaires drastiques (17,3 mrds € d’économies), et les prélèvements augmentés de près de 17% (générant 12,3 mrds de recettes), l’Espagne peine à traiter sa crise financière sur fond de crise sociale.
 
De son côté, les mesures de rigueur prises par l’Italie de Mario Monti sont saluées par les dirigeants européens, notamment grâce à la réforme des retraites qui a permis d’éviter le pire lors du bilan budgétaire de la fin 2011.  Malgré cela, les cadrans sont au rouge pour le pays, Rome pourrait bien être le prochain à tirer la sonnette d’alarme pour un nouveau plan de sauvetage.
 
Enfin, bien qu’Antonis Samaras, le président du parti majoritaire aux élections grecques, affirme vouloir "renégocier" les mesures d’austérité imposées par l’Europe, le scénario catastrophe du refus en bloc de l’extrême gauche Syriza a été repoussé.




Lundi 18 Juin 2012



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Commentaires

1.Posté par santillanna le 19/06/2012 08:01
aie!aie!aie!
aucune des 2 grandes formations politiques n'a la majorité; en cela il sera difficile d'imposer quoi que ce soit au peuple grec et notamment aux délaissés. Il est trop tard ; les gouvernements de droite et du pasok n'ont rien fait pour faire entrer de l'argent dans les caisses ( pas d'impôt pour les nantis, les armateurs, l'église orthodoxe) pas de lutte contre le travail au noir, pas de clarification dans le cadastre, trop de dépenses inconsidérées pour l'armement ( idéologie obsolète), mensonge sur la réalité économique pour entrer dans la CE. L' austérité ne sera pas consentie et ne fonctionnera jamais. C'est très clair, il faut changer de société ; un point c'est tout ; le reste n'est que littérature et assertions oiseuses.

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2.Posté par GAUDIN Jean-Claude le 19/06/2012 09:51
En effet, ces élections étaient très importantes pour l'Europe qui se trouve au bord de l'effondrement en cascade des finances de chaque Etat. Il me semble que des mesures d'austérité doivent être acceptées par tous les peuples européens le plus tôt possible. Ce qui impose une stratégie prioritaire de transparence et de justice sociale à tous les dirigeants de ces pays. Stop aux promesses démagogiques, chasse aux niches fiscales et aux gaspillages, efforts pour redynamiser les exportations surtout dans les domaines des technologies de pointe. Ce dernier point doit donner une priorité à la recherche technologique européenne pour qu'elle donne les moyens à nos élites scientifiques de mener à terme leurs projets sans devoir fuir vers le continent américain. Le développement du culte de la qualité dans nos entreprises sera également un facteur de réussite
et de redressement de nos économies. Enfin, il est urgent de rééquilibrer les règles de la concurrence internationale qui , avec l'émergence compréhensible et souhaitable de nouveaux pays, nous ont fortement pénabilisé.

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