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Les compagnies de ferries françaises basées en Méditerranée résistent bien à la crise

Les trois compagnies ferries françaises présentes en Méditerranée, Corsica Ferries, la SNCM et la CMN, sortent de 2008 renforcées. La Corse reste plus que jamais leur cœur de marché.


En proposant à sa clientèle des Mega Express rapides et confortables, Corsica Ferries semble avoir trouvé le bon outil pour exploiter les lignes vers la Corse (Photo FD)
En proposant à sa clientèle des Mega Express rapides et confortables, Corsica Ferries semble avoir trouvé le bon outil pour exploiter les lignes vers la Corse (Photo FD)
FRANCE. Après les grandes offensives juridiques qui ont opposé la SNCM, Corsica Ferries et la CMN de 2005 à 2007, à l’occasion du renouvellement de la délégation de service public pour la desserte de la Corse, la bataille devient maintenant une guerre de tranchées, où chaque compagnie tente de consolider ses positions.

2008 a vu certaines gagner du terrain, d’autres assainir leur situation financière et leur capital pour mieux préparer une contre-offensive. La bataille sera dure en 2009 car pour la première fois, le marché du transport maritime vers la Corse s’est contracté deux mois d’affilée en novembre et décembre 2008.

Le numéro un français reste plus que jamais Corsica Ferries. L’armement à la tête de Maure revendique en 2008 sur le marché Corse +5,6% de passagers (2,48 millions), +14% de fret et 62% de parts de marché. Au total, il a transporté 3,32 millions de passagers, pour un chiffre d’affaires de 200 M€.

2009 devrait voir une poursuite de la progression grâce à la mise en service en novembre 2008 d'un nouveau navire, qui sera suivi en 2009 d’un cinquième Mega Express.

Nouveau cycle pour la SNCM

La SNCM a encore perdu des parts de marché en 2008 (Photo GT)
La SNCM a encore perdu des parts de marché en 2008 (Photo GT)
La SNCM passe en ce début d’année 2009 à un nouveau cycle. Elle a achevé en 2008 sa réorganisation sous la houlette de son actionnaire Véolia.

Butler a en effet vendu à Véolia ses 38% de capital, alors que le personnel prenait comme prévu 9% des parts de la SNCM.

De plus, pour améliorer sa compétitivité, la compagnie est passée en 2008 de 2.400 à moins de 2.000 salariés. Cela représente en année pleine une économie de 12 M€, qui permet à la SNCM d’afficher dès 2008 un résultat à l’équilibre, elle qui perdait en 2007 plus de 27 M€.

Le président du directoire, Gérard Couturier, espère "à terme un résultat positif de 15 M€. Mais nous ne l’atteindrons peut-être pas en 2009 car la conjoncture est mauvaise ".

Enfin, le climat social s’est dans le même temps apaisé avec, depuis trois ans, très peu de grèves.

Le bilan commercial est nettement moins positif. La SNCM passe de 1,21 million de passagers en 2007 à 1,13 million en 2008. L’objectif d’un million de passagers pour la Corse annoncé début 2008 est loin d’être atteint (852.000 en 2008).

En recul sur le Maghreb

C'est à Nice, notamment avec le Liamone, que la SNCM devrait lancer son offensive pour reprendre le terrain perdu sur Corsica Ferries (Photo GT)
C'est à Nice, notamment avec le Liamone, que la SNCM devrait lancer son offensive pour reprendre le terrain perdu sur Corsica Ferries (Photo GT)
La SNCM recule de 26% sur l’Algérie. Une situation que connaît également son partenaire algérien l’ENTMV. La compagnie marseillaise alliée à l’ENTMV a bien tenté en septembre 2007 de lancer trois nouvelles lignes vers l’Algérie au départ de Sète. Mais la tentative a avorté en avril 2008 faute de fret. Elle a fait perdre à la SNCM plus de 6 M€.

Sur la Tunisie, la SNCM progresse légèrement, avec 124.000 passagers contre 123.000 en 2007, alors que le marché se contracte de -2%.

2009 s’annonce sous de meilleurs auspices maintenant que la compagnie est en ordre de bataille.

La SNCM a acheté pour 75 M€ un cargo mixte (transport de voitures et de camions) qui sera mis en service en mars prochain. D’ici la fin de l’année, la compagnie devrait également passer commande d’un navire neuf. "Nous désirons doter la SNCM d’une flotte plus rapide et plus souple, et remplacer progressivement nos navires les plus anciens par des cargos mixtes".

Gérard Couturier, prend ainsi le contre pied de son principal concurrent, Corsica Ferries, qui mise sur les ferries. "Nous avons retrouvé nos fondamentaux et nous pouvons maintenant nous engager dans une phase de développement ", analyse-t-il. "Mais prudence, prudence et prudence. Nous avancerons au rythme de nos résultats financiers".

La CMN plafonne

La CMN stagne depuis deux ans (Photo GT)
La CMN stagne depuis deux ans (Photo GT)
Un peu en marge, la CMN (Compagnie méridionale de navigation) plafonne depuis deux ans. Comme Corsica Ferries, elle ne dessert que la Corse et la Sardaigne.

Avec 218.000 voyageurs en 2008, elle fait moins bien qu’en 2007 (223.000). "Cette modeste performance s’explique par un arrêt de trois semaines du Scandola en mars, suite à un incident sur un moteur", explique Marc Reverchon, directeur de la CMN.

2009 et 2010 s’annoncent comme des exercices de transition pour la CMN, avant l’arrivée en 2011 d’un nouveau navire, neuf, en remplacement du Scandola. Il pourra transporter 700 passagers et 200 voitures. "Ce cargo mixte construit à Split, en Croatie, augmentera nos capacités sur Bastia de près de 20%", souligne Marc Reverchon.



Gérard Tur


Mardi 17 Février 2009



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