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Les chefs d’entreprises algériens interpellent le gouvernement


Réda Hamiani président du FCE (photo AB)
Réda Hamiani président du FCE (photo AB)
ALGERIE. Le gouvernement d’Ahmed Ouyahia compte créer pas moins de 200 000 PMI/PME, trois millions d’emplois et un million de logements dans le cadre d’un nouveau plan d’investissements publics 2010-2014 en préparation. Il disposera pour ce faire d’une enveloppe de 150 milliards de dollars.

Ces perspectives particulièrement ambitieuses par ces temps de crise n’empêchent pas les entrepreneurs privés de tirer la sonnette d’alarme. Pour Réda Hamiani, président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), une organisation qui rassemble des entreprises industrielles et de services privées et publiques parmi les plus importantes du pays, l’industrie public, avec 2,2% de croissance annuelle, continue de décliner.

Mais le plus grave réside dans le fait que le « secteur privé suit la même évolution, après quelques années où on avait cru qu’il allait pouvoir décoller », prendre le relais du secteur publique et permettre au « pays d’exporter autre chose que du pétrole et du gaz ».

Le marché, mal préparé, a été submergé par les produits étrangers

Le marché local est submergé par des produits venant de l’étranger, du fait d’une « ouverture extérieure conduite sans préparation, sans précautions, sans garde-fous » poursuit Réda Hamiani.

L’importation de marchandises a explosé durant la période 2000-2007. En volume, son taux moyen de croissance est de 7,6% par an alors même que le PIB hors hydrocarbures n’a crû, durant la même période, que de 5,4% annuellement.

« La croissance des importations de services a été encore plus importante » note le président du FCE qui montre également du doigt la contrefaçon.

Les pays d’origine de ces importations, qui ont avoisiné les 40 milliards de dollars en 2008, sont l’UE, avec le démantèlement tarifaire découlant de l’accord d’Association, mais aussi de « pays émergents » comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Egypte, la Turquie, la Malaisie ou l’Indonésie.


L'économie informelle vaut un formidable manque à gagner au fisc algérien

L’autre fléau qui menace l’économie algérienne réside dans l’expansion de l’économie informelle, qui occuperait près de 1,8 millions de personnes sur une population active effectivement occupée de 8,25 millions.

Le FCE révèle que le taux de l’informel est supérieur à 40% dans plus de vingt professions totalisant près de trois millions d'actifs. Les conséquences pour le système d'assurances sociales et pour le fisc sont astronomiques.

Avec des sommes estimés entre 300 et 600 milliards de dinars (3 à 6 mds d'€), les revenus issus de l’informel risquent donc d’absorber l’économie, avec entre autres conséquences un manque à gagner important pour le Trésor public (22 milliards de dinars pour la seule TVA) et les organismes de sécurité sociale (42 milliards de dinars pour l’IRG 120 milliards de dinars, soit 1,2 mds€ de non-prélèvements).

Si l’on ajoute à ce tableau le retour d’une inflation qui a atteint les 6,1% au cours du premier trimestre de l’année 2009, l’inquiétude des chefs d’entreprises peut sembler fondée à beaucoup.


Amal Belkessam, à ALGER


Mardi 19 Mai 2009



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