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Les changements structurels, base du développement économique en Méditerranée




Pour assurer son développement économique et améliorer sa productivité globale, un pays doit s'engager dans une stratégie de réaffectation des ressources, associée ou non à une politique industrielle. Une étude du Femise analyse la portée de ces changements structurels dans quatre pays : Maroc, Tunisie, Égypte et Turquie.



Le passage vers une économie de service assure un levier au développement économique (photo F.Dubessy)
Le passage vers une économie de service assure un levier au développement économique (photo F.Dubessy)
Réalisée avec le soutien financier de la Banque européenne d'investissement et de la Commission européenne, la dernière étude* du Femise (Forum euroméditerranéen des instituts de sciences économiques) se penche sur les résultats des stratégies de réaffectation des ressources du Maroc, de la Tunisie, de l’Égypte et de la Turquie. Tous ont connu une transformation structurelle en passant d'une économie basée sur l'agriculture à une économie orientée vers les services et les secteurs industriels.
 
Cette évolution a connu des rythmes de changements structurels très inégaux. L'agriculture représentait 50% du PIB de la Turquie dans les années 60. Aujourd'hui, les services assurent plus de 60% de son PIB. Le Maroc a connu un développement plus lent, avec une industrialisation par petites touches (25 à 30% d'emplois en plus dans l'industrie dans les vingt dernières années).
 
D'importants écarts de productivité persistent en raison d'une transformation encore insuffisante. La Turquie se distingue avec une forte croissance de la productivité globale. Alors que le changement structurel peine à produire ses effets sur les économies égyptienne et tunisienne.

Inadéquation entre l'offre et la demande

Le rapport identifie une cause majeure à cette carence : le changement structurel assurant un passage vers une économie de services s'est traduit en Turquie par une réaffectation vers les secteurs à haute productivité, comme la finance et l'assurance. Dans le même temps, en Égypte, ce transfert s'effectuait vers des industries de services à faible productivité. Entre les deux, la Tunisie bénéficie de deux leviers de développement, le tourisme et la finance.

 

Le rapport du Femise relève aussi, malgré de gros efforts portés sur l'éducation, l'inadéquation entre l'offre et la demande: « Le marché du travail ne prévoit pas pour la population instruite des possibilités d'emploi appropriées.» précise le rapport. Ceci démontre la lenteur du changement structurel et la difficulté à passer à une industrie génératrice de produits à forte valeur ajoutée.

 

Depuis le début du siècle, ces quatre pays se tournent vers des politiques industrielles ciblées, incluant le soutien à la R&D, la protection de l'environnement et les incitations aux Pme, notamment par des régimes d'exonérations. Utilisé avec une orientation régionale comme levier de développement, ce dernier outil assure également un rééquilibre entre les différentes régions. L’Égypte favorise fiscalement les entreprises s'implantant dans les nouvelles zones industrielles ou communautés urbaines ainsi que dans les régions défavorisées. La Turquie cible les Provinces les plus pauvres en accordant aux entreprises des mesures incitatives d'investissement allant jusqu'à l'exonération totale d'impôt sur le revenu.
 

* Structural transformation and industrial policy – Volume 1 : A comparative analysis of Egypt, Morocco, Tunisia and Turkey. Izak Atiyas, Ahmed Galal and Hoda Selim

english version



Mardi 26 Mai 2015




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