Les bons, le brut et le tyran...
Après six mois d’une rude bataille, la France et la Grande-Bretagne ont planté le drapeau de la liberté à Tripoli.
Le 15 septembre, les chefs d’Etat des deux pays alliés sont venus sur place célébrer au pas de charge leur victoire militaire.
Accueillis par une foule en liesse, les deux dirigeants ont fait assaut de modestie.
Le tyran en fuite, l’heure n’était pas au triomphalisme. Et encore moins au business. C’est vrai, quoi ! Parler business quand un peuple goûte aux délices de la liberté pour la première fois depuis des décennies, quel manque de tact ! L’un de ces fringants chefs de guerre s’est même senti obligé de démentir que les entreprises de son pays puissent bénéficier d’un quelconque régime de faveur de la part des nouvelles autorités libyennes, fussent-elles transitoires... Huit jours plus tard, ces belles paroles ont pris un joli parfum d’hydrocarbure. Prenant de vitesse ses rivales italiennes et espagnoles, Total a annoncé, ce 23 septembre, la relance du champ offshore d'Al-Jurf (41.000 barils par jour), en Méditerranée, à l'arrêt depuis mars. Une annonce de nature à amorcer une détente sur des marchés pétroliers très crispés depuis l'arrêt presque total de la production de pétrole libyen, un brut de grande qualité très recherché par les raffineurs, qui sont comme chacun le subodore, des gens très raffinés... Ce retour en fanfare des marchands de baril aura sûrement réjoui tous les peuples opprimés de la planète. Désormais, tous ces malheureux connaissent le chemin de la démocratie. Un chemin, que dis-je..., une belle autoroute, plutôt ! Pour y accéder, pas besoin de raccourci : c'est droit au brut ! William Allaire
Mercredi 28 Septembre 2011
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