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Les autorités algériennes tentent d’organiser le secteur du commerce


Les pouvoirs publics ont lancé un programme d’un montant de 6 mrds de dinars algériens en vue de réhabiliter 267 marchés de gros et de détail de fruits et légumes. Ils veulent «organiser» l’informel pour le «transplanter» vers le formel.



Le port d'Alger, coeur des importations (photo DR)
Le port d'Alger, coeur des importations (photo DR)
ALGÉRIE. Les premières assises nationales du commerce se sont tenues à Alger les 25 et 26 juin 2011. Elles ont rassemblé des représentants de l’administration (ministères), des intervenants dans le secteur (opérateurs, organisations, organismes publics et privés…) ainsi que des associations de protection des consommateurs.

Les assises ont débouché sur la création d’une commission de suivi des 167 recommandations adoptées. Cette structure sera chargée d’élaborer un plan d’orientation global qui sera soumis au gouvernement.

La part du commerce et des services a explosé en Algérie lors des deux dernières décennies, l’industrie ne participant qu’à un peu plus de 5% au PIB du pays contre 15% au milieu des années 1980.

Or, le commerce constitue en lui-même un casse-tête pour le gouvernement comme le reconnaissent les officiels eux-mêmes. La part de l’informel y est très importante et joue un rôle contradictoire. D’un côté, elle absorbe une partie des chômeurs. D’autre part, elle menace l’économie formelle (pertes fiscales, concurrence déloyale, trafics, corruption…) voire la santé des consommateurs.

Le représentant du ministère de l’Intérieur aux assises a reconnu que la politique actuelle ne pouvait venir à bout du commerce extérieur en l’absence d’une politique industrielle et de grands travaux à même d’absorber la grande masse des jeunes (500 000) qui se présentent chaque année sur le marché du travail.

Khaldi Taha Haïder a rappelé toutes les mesures prises par le gouvernement dans le cadre du Conseil des ministres de février 2011 (transfert du petit commerce informel de la voie publique vers des sites appropriés, aménagement des marchés existants, défiscalisation temporaire des activités informelles transplantées vers le formel…).

La faiblesse de la production nationale et la baisse des barrières douanières ont inondé un marché difficile à contrôler.

C’est ainsi qu’en cinq mois, le montant des importations de produits alimentaires a été multiplié par deux. Le directeur général des douanes a par ailleurs récemment admis que 60% des produits importés étaient contrefaits.

Le gouvernement a opté pour la concertation et la mobilisation des acteurs formels du secteur à travers la tenue de ces assises.

La lutte contre l'informel s'impose

Les participants à la rencontre ont proposé un certain nombre d’actions. Il s’agit d’abord de réguler le marché par l’élaboration d’un plan d’urbanisme commercial et la création d’entreprises publiques chargées de gérer les stocks des produits de première nécessité.

Confrontées à une fronde sociale rampante mais généralisée, les autorités veulent absolument éviter toute situation de pénurie.

Les assises ont débouché sur l’instauration d’un comité de facilitation des procédures d’importation et d’un conseil national consultatif pour la promotion des exportations. Or, s’il est déjà très facile d’importer, il est plus que difficile d’exporter.

Alors que 34 000 importateurs inondent le marché algérien de produits étrangers, seules quarante entreprises locales hors-hydrocarbures arrivent à exporter.

L’organisation du secteur nécessite également l’élaboration de textes réglementaires et la modernisation de sa gestion et de son action de contrôle (informatisation, généralisation de l’internet, formation…).

La lutte contre l’informel a commencé avec la décision de défiscaliser durant deux années les activités commerciales informelles de ceux qui acceptent de s’intégrer au commerce formel.

A la fin de cette période, un abattement sera consenti trois années durant à ces activités (70% puis 50% et enfin 25%) sur l’impôt forfaitaire unique.

Une recommandation risque de poser problème. Il s’agit de la révision à la baisse du montant des amendes lors des infractions concernant la protection des consommateurs et la répression des fraudes.

Certains observateurs se demandent s’il ne s’agit pas là d’une concession qui risque d’avoir des conséquences néfastes sur la santé des consommateurs et le budget de l’Etat.

Il reste maintenant à savoir si ces recommandations seront adoptées par le gouvernement et si elles seront appliquées. Il conviendra ensuite d’évaluer leur impact auprès des opérateurs et du public.


A. Belkessam, à ALGER


Mardi 28 Juin 2011



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