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Les aires marines protégées génèrent du développement local




MÉDITERRANÉE. Une étude menée par le Plan Bleu établit un lien entre protection de l’environnement littoral côtier et marin et l’augmentation des revenus, pas toujours touristiques.



Les revenus de la pêche artisanale croîtraient, eux, de 2%, mais de 4% en cas de renforcement des actions de protection photo MN)
Les revenus de la pêche artisanale croîtraient, eux, de 2%, mais de 4% en cas de renforcement des actions de protection photo MN)

Dans les aires marines protégées, le bon état environnemental rend certes des services non  marchands, dont la séquestration de CO2 est un bon critère.

 

Mais le bon niveau de protection permet aussi de dégager des bénéfices marchands, il est consubstantiel du bien-être économique dans les régions concernées, souligne Anaï Mangos.


Avec Maud-Anaïs Claudot, elle vient de publier une étude économique des effets des aires protégées marines et côtières en Méditerranée, pour le compte du Plan Bleu pour la Méditerranée.

 

« Nous pouvons affirmer que la dégradation de l’environnement se traduit dans ces aires par une décroissance de ces bénéfices, au moins sur le long terme ».

 

C’est l’activité touristique qui profite le mieux en général d’un bon niveau de protection environnemental dans ces zones côtières souligne l’étude menée dans cinq espaces protégés, de l’Espagne à la Turquie en passant par l’Algérie, la Tunisie et la Grèce.

 

« Mais, en particulier dans les régions peu dotées de moyens de transport, nous mettons en évidence que la pêche profite également du bon état de la biodiversité, résultat de l’action de protection ».

 

Le cas des îles Kuriat (Tunisie) illustre ce propos : le visiteur n’y trouve pas même un ponton de débarquement, le tourisme y reste encore une activité de passionnés de la mer.

 


Les bénéfices liés au tourisme augmenteraient de 4% l’an

Même sans protection supplémentaire, l’étude estime que les bénéfices liés au tourisme augmenteraient de 4% l’an dans ces îles tunisiennes. La seule activité des clubs de plongée présents sur le site générerait une croissance annuelle des bénéfices de 3%. Quant aux revenus de la pêche artisanale, ils croîtraient, eux, de 2%, mais de 4% en cas de renforcement des actions de protection.

 

Idem pour l’aire marine catalane du Cap de Creus, proche de Girona, où la protection est ancienne, mais contrariée par une artificialisation croissante de l’espace, où poussent rapidement les zones d’activité.

 

« L’augmentation du nombre de touristes y sera plus importante à partir de 2017, après l’adoption d’une charte du tourisme durable ». estime Mme Mangos. L’explication ? Des touristes considérés comme plus respectueux qui entraîneraient des moindres coûts de protection, alors même que celle-ci serait renforcée.

 

Ce scénario vertueux ne semble pas possible partout. Mais partout un renforcement des mesures de protection se traduirait par des effets positifs sur l’économie locale.

 

Ce travail a été présenté fin octobre au  Congrès international des aires marines protégées, Impac3, réuni à Marseille et en Corse.

 

Mais, révèle également cette étude, il existe un effet de seuil. Trop de protection entraverait le développement local. En même temps des mesures compensatoires bien pensées pourraient, par exemple, palier une baisse temporaire des revenus de la pêche, induite par des restrictions liés à une réserve marine.

L’étude estime que les bénéfices liés au tourisme augmenteraient de 4% l’an (photo MN)
L’étude estime que les bénéfices liés au tourisme augmenteraient de 4% l’an (photo MN)



Lundi 18 Novembre 2013




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