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Les Méditerranéens mieux lotis que les migrants d'Europe de l'Est


Lors du sommet euroméditerranéen des conseils économiques et sociaux et institutions similaires organisé à Istanbul du 16 au 18 novembre 2011, deux études ont éclairé la condition des migrants originaires des pays méditerranéens.



L'expèrience des migrants au menu du sommet euroméditerranéen des CES. (photo : CG)
L'expèrience des migrants au menu du sommet euroméditerranéen des CES. (photo : CG)
MÉDITERRANÉE. Quelles sont les ambitions des candidats à la migration ? L'étude de la Fondation européenne pour la formation (ETF) présentée lors du sommet euroméditerranéen des conseils économiques et sociaux et institutions similaires qui se tenait à Istanbul, du 16 au 18 novembre 2011 tente de répondre à cette difficile question.

L’organisation a sondé 1000 migrants potentiels et 1000 migrants de retour dans des pays méditerranéens et d’Europe de l’est, afin de mieux comprendre leurs expériences et les conditions de leur retour. Sans surprise, l’étude pointe d’abord les raisons qui motivent les migrants : le taux de chômage élevé, le bas niveau des salaires et la situation politique de leur pays d’origine poussent les jeunes vers d’autres horizons.

« De plus en plus de travailleurs illégaux tentent de passer par les pays méditerranéens pour rejoindre des pays plus riches, avance Ummuhan Bardak, expert de l’ETF. Mais ils ne parviennent pas à leur but et s’installent finalement dans ces pays ». Cet afflux de main-d'œuvre tire les conditions de travail vers le bas et augmente le chômage. « 5,6 millions de migrants, dont 3,6 illégaux vivent dans les pays du sud de la Méditerranée », indique Afroditi Makriyianni, conseiller scientifique du conseil économique et social de Grèce, auteur d’un rapport sur la migration et la coopération dans les pays méditerranéens.

Tradition d’immigration

Les résultats de l’étude montrent que les migrants choisissent leurs pays d’accueil en fonction de leurs compétences. Ainsi, l’Italie attire des Tunisiens peu qualifiés. « Des accords bilatéraux devaient favoriser la migration de Tunisiens dont les compétences répondaient aux besoins italiens, indique Ummuhan Bardak, mais le programme a échoué, car aucun profil ne satisfaisait cette demande ». Les Égyptiens bénéficient d’un accord intéressant avec les pays du Golfe, qui favorise la migration pour combler un besoin en matière d'emplois administratifs. Ainsi, 60% des Égyptiens candidats au départ envisagent de rejoindre cette région. Enfin, les migrants les plus qualifiés se tournent plus facilement vers les États-Unis et le Canada que vers l’Europe.

Si le décalage entre le niveau de compétence au départ et l’emploi exercé dans le pays d’accueil demeure important, l’étude révèle que les Tunisiens et les Égyptiens s’en sortent mieux que les Moldaves et les Albanais. « La tradition d’immigration de l’Afrique du Nord vers l’Europe a permis de construire des réseaux, observe Ummuhan Bardak. En s’appuyant sur les diasporas, les migrants parviennent mieux que d’autres à décrocher des postes convenables ».

Si l’expérience de la migration n’est pas toujours facile, elle s'avère très formatrice pour les candidats. « De retour dans leurs pays d’origine, si leur expérience a été suffisamment enrichissante tant du point de vue humain que du point de vue financier, les migrants créent souvent leur propre entreprise, ce qui est positif, analyse Ummuhan Bardak. Et ils n’auraient certainement pas pu mener ce projet de création sans cette expatriation ».

Afroditi Makriyianni souligne l’effet négatif du printemps arabe et de la crise économique mondiale sur cette situation déjà fragile. Il préconise une refonte des politiques de migration européennes ainsi qu’un travail de coopération économique global qui permettrait notamment de proposer d’autres perspectives professionnelles aux jeunes qualifiés du sud que d’intégrer l’administration de leur pays.


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Caroline Garcia à ISTANBUL


Mardi 22 Novembre 2011



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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