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Les Grecs seuls face au manque de solidarité de l'Europe


La route des Balkans se ferme et la Grèce devient un cul-de-sac pour les réfugiés. La survie s'organise.



GRÈCE. Selon un dernier sondage, 66% des Grecs refusent que les frontières du pays se ferment aux réfugiés. Aussi Alexis Tsipras a mis les points sur les i de ses partenaires européens. « Nous sauvons le visage humain de l’Europe, mais nous ne pouvons le faire seul. Les 28 doivent ouvrir leurs frontières et procéder aux relocalisations comme prévu ». Sauf que le couperet est tombé, l’Europe veut fermer la route des Balkans et financer des centres d’accueil en Grèce. Tout plutôt que recevoir des réfugiés sur son territoire. Peu importe les conséquences et le reniement des valeurs qui ont justifié la création de l'UE.

Les camps de réfugiés grecs deviennent un cul de sac. Photo T.Iacobi
Les camps de réfugiés grecs deviennent un cul de sac. Photo T.Iacobi
Sur le terrain, les volontaires s'inquiètent. Au camp d’Idoméni, à la frontière grèco-macèdonniéne, Chrys, un médecin de MSF (Médecins sans frontières) redoute les épidémies de gastroentérite chez les enfants. Mais surtout, il redoute les conséquences du manque d’hygiène sur les nourrissons. « Nous enregistrons une naissance par jour. Elles se font à l’hôpital, mais après les mères reviennent ici. La boue, le froid, l’air saturé par les feux ne constituent pas un environnement acceptable pour un bébé et une nouvelle accouchée. »
 
Second problème, les réfugiés ne veulent pas rester dans les camps. Ils veulent partir. « Ils tiennent le coup car ils espèrent que les frontières s'ouvriront. Mais après ? » se demande Yiannis, un volontaire. D'où les déclarations de ce dimanche (6 mars) du chef du gouvernement grec qui expliquait au comité central de son parti qu'il « n’est pas question que la Grèce maintienne enfermés dans ces camps des gens qui n’ont commis aucun crime »

Rester près de la petite porte

La peur de se perdre est omniprésente. Photo T.Iacobi
La peur de se perdre est omniprésente. Photo T.Iacobi
Dans l'attente, chacun essaie de s’organiser dans le camp d'Idoméni. Dès qu’il fait beau, les hommes vont à la recherche de bois pour allumer du feu le soir, et femmes lavent et tentent de faire sécher le linge. « Les tentes ne sont pas imperméables et les enfants sont pratiquement tout le temps mouillés » explique Abdhula Hasam, un Kurde de Syrie d'une cinquantaine d'années, au visage marqué par les épreuves, arrivé ici avec sa femme enceinte de 7 mois et ses trois autres enfants. « Mon épouse a de la fièvre. Les médecins m’ont dit que je dois l’emmener à l’hôpital. Mais qui s'occupera de mes trois enfants ? »
 
Et puis, domine cette peur latente : se perdre. Aussi préfèrent-ils, tant que cela reste possible, se faire soigner ici, chez Médecins sans Frontières. Plus de 13 000 réfugiés s’agglutinent à la frontière, les yeux rivés sur la petite porte grillagée qui s’ouvre de moins en moins souvent et de moins en moins longtemps pour laisser passer les réfugiés vers l’Europe du nord. Une porte gardée par des policiers macédoniens surarmés, très loin d’être accueillants. Tous veulent dormir le plus près possible de ce sésame de peur de louper l’ouverture de la porte, jamais annoncée à l’avance.
 
Difficile dans ce cas de faire trois heures de queue pour un sandwich. Difficile également de prendre sa douche. MSF en a installé 40 soit une pour 400 personnes alors qu’il en faudrait une pour 50. « Cela fait 10 jours que je ne me suis pas lavé » regrette Erbil, un Syrien d’une vingtaine d’années. « Maintenant, j’ai du savon, une serviette, des vêtements propres presque à ma taille, j’attends mon tour pour me laver ».

Tous réfugiés ou descendants de réfugiés

D’autres réfugiés « atterrissent » à la caserne de Xerso, à 30 kilomètres d'Idoméni. Ils sont mieux logés car l’armée les prend en main. Les militaires leur servent trois fois par jour un repas chaud. Pour le commandant du camp, « seuls les militaires peuvent faire face à ce type de situation. Nous disposons de tentes imperméables, de cuisines, de l'infrastructure et du savoir-faire. L’armée devrait être mieux exploitée ».
 
Un peu plus loin, deux cars des forces anti-émeutes veillent discrètement. Mais tout se passe bien jusqu'à présent. « Dans le coin, nous sommes tous réfugiés ou descendants de réfugiés » explique Giorgios Perperidis, journaliste et propriétaire de l'hebdomadaire «O Maxitis tou Kilkis» (le Combattant de Kilkis). « Mon grand-père et ma grand-mère ont vécu exactement la même chose voici presque 100 ans. L’histoire se répète en sens inverse. Pendant la guerre, ils ont cherché refuge en Syrie. Je dois renvoyer l’ascenseur. »




Lundi 7 Mars 2016



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avis d'expert

Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
de la Turquie, associée
au groupe d’analyse
de JFC Conseil


 




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