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Les Grecs s'avouent très euro !


Les Grecs affirment leur volonté de rester dans la zone euro. Reportage au sein d'une population accablée par l'austérité mais qui croit toujours en l'euro.



La pièce grecque commémorative de 2 euros va-t-elle devenir collector (photo DR)
La pièce grecque commémorative de 2 euros va-t-elle devenir collector (photo DR)
GRECE. Si les Grecs ont rejeté à 60% les mesures d’austérité imposées par l’Union européenne et le Fonds monétaire international  (FMI), ils sont à plus de 82% selon tous les sondages viscéralement attachés à l’Europe et la zone euro.

Avoir dans leurs poches le même argent que le cousin parti émigrer en « Europe » ou aussi fort que celui de « l‘oncle d’Amérique » est très important dans un pays à forte diaspora. Pourtant, il n’est pas rare d’entendre dans la rue, la ménagère râler contre l’euro « qui a tout fait augmenter ».

Hélène, 49 ans, se rappelle avec nostalgie l’époque ou le kilo de tomate coûtait 50 drachmes au maximum 100 maintenant cela coûte 1 euro. "Mais, un euro c’est 360 drachmes ! En une nuit notre coût de la vie a triplé ! »  souligne-t-elle.

Du coup, Irini, 36 ans, professeure de lettres, rejette l’Europe « Nous devons sortir de l’Europe ! à quoi nous sert-elle ? Où est sa solidarité ? Ils nous prêtent pour qu’on les rembourse. Les seules bonnes choses étaient les acquis sociaux que les mémorandums d’austérité ont démolis un à un ! » Elle vote à l’extrême gauche, pour un petit parti qui n’est jamais entré au parlement : Antarsya.

Justement,  conscient que la question salariale sera au centre du vote le 17 juin 2012 pour les élections législatives, le ministère grec du travail souhaite geler jusqu’à fin juin 2012 la dérégulation du travail exigée par l'UE et le FMI.

Coupes salariales de 15 à 40%

La grogne contre l'austérité continue (photo A.Kourounis)
La grogne contre l'austérité continue (photo A.Kourounis)
 
Issu de la gauche, le ministre Antonios Roupakiotis tente de négocier un accord avec les partenaires sociaux. Le problème, c'est que le gouvernement actuel, qui expédie juste les affaires courantes, n'a aucun pouvoir en Grèce et doit attendre les résultats des législatives de juin 2012. 

Dans le cas où employeurs et salariés échoueraient à conclure de nouvelles conventions, les premiers pourront du coup imposer des contrats d'entreprises ou individuels supprimant de nombreux acquis des salariés. C'est ce que les partis de gauche décrivent comme un "moyen âge salarial". Les médias chiffrent de 15 à 40% les coupes salariales qui seraient ainsi imposées.

La question est devenue brûlante en Grèce, non seulement le chômage dépasse les 22% mais en plus un jeune sur deux est sans emploi. Quelque 120 conventions sectorielles ont expiré en mai 2012, concernant environ 900 000 salariés, notamment dans le secteur de la restauration, très sollicité lors de la saison touristique.qui s'annonce morose cette année.

Les spécialistes du secteur parlent d'une chute de 30% des réservations. Ils espèrent cependant en une embellie de dernière minute avec les prix cassés. Du coup, Irini pour la première fois de sa vie va voter Syriza en juin 2012, « pour faire le pied de nez a ceux qui n'arrêtent pas de nous dire pour qui voter, quelle question poser à quel referendum. Ça suffit. »

Vassili, 50 ans chômeur édenté, rencontré à la soupe populaire du centre d’Athènes a voté Pasok, parti socialiste, « pour casser l’extrême droite. » Malgré sa situation des plus précaires, il touche 620 € tous les deux mois qui doivent prochainement passer à 500 pour cause d’austérité, il est proeuropéen : « la Grèce est dans l’euro, en dehors cela sera pire et puis je suis me sens européen,  tout seul je ferai quoi ? Si nous sortons, poursuit cet homme au visage terriblement  fatigué, nous devrons faire ce qu’Angela Merkel a dit : acheter uniquement ce que le pays produit donc que des produits agricoles. Quand nous voudrons acheter une voiture, là où les Grecs mettaient cinq ans pour la payer, ils mettront cinquante ans tellement l'argent dans notre poche aura été dévalué. » 
Rinoula, presque 80 ans médecin retraitée qui a vu sa retraite fondre comme neige au soleil vote conservateur. Depuis toujours. « Je veux bien être pauvre, mais jetée hors de l’Europe non ! le mot Europe est grec. Nous avons besoin de l’Europe et l’Europe a besoin de nous qu’ils ne se fassent pas d’illusions. » Vassilis Korkidis, président de l’association des commerces de Grèce, lève les yeux au ciel rien qu’à l’idée d’une Grèce hors de l‘Europe. « Le seul parti qui parle de ça c’est le parti communiste qui fait moins de 11% des voix ! Soyons sérieux notre avenir est dans l’Europe, notre destin est l’Europe. Mais, il faut que nos amis européens cessent de regarder le sud de l’Europe comme leur terrain de jeux. Nous sommes entrés dans l’Europe en tant que pays indépendant et souverain et il faut que cela reste ainsi. » 

Paola, travesti qui milite pour les droits des minorités sexuelles, ne voit d’issue pour elle que dans l’Europe. « Pour nous, seule l’Europe peut faire changer les lois ici. » Son voisin Manuel est d’accord. Selon cet étudiant, l’Europe c’est avant tout un avenir fort de 27 pays, un programme Erasmus, « la possibilité d’avoir un passeport qui t’ouvre toutes les portes. »  Tous deux ont voté Syriza.




Vendredi 1 Juin 2012



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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