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Les Grecs donnent une seconde chance à Alexis Tsipras


Après sa victoire aux législatives en Grèce, Alexis Tsipras se débarrasse des cadres historiques du Syriza mais se retrouve à nouveau avec le même partenaire de coalition ANEL, les Grecs indépendants



Alexis Tsipras rempile à la tête du gouvernement grec (photo DR)
Alexis Tsipras rempile à la tête du gouvernement grec (photo DR)
GRECE. Après une campagne législative sans saveur, vient la victoire sans éclat. Pratiquement un Grec sur deux a refusé de voter, mais Alexis Tsipras, sans majorité absolue, reste le grand vainqueur du scrutin de dimanche 20 septembre 2015. Une victoire sur son aile gauche, qu’il laisse à la porte du parlement, puisque le parti de l’Unité Populaire issu de la division du Syriza, ne passe pas la barre des 3%. Mais aussi une victoire sur son rival de droite, le parti conservateur Nouvelle Démocratie, qui accuse là son troisième échec électoral depuis huit mois.
 
Il n’empêche, même si beaucoup de Grecs «ont voté par défaut» selon Odysseas Boudouris, électron libre de la gauche et candidat sur les listes du Syriza, le parti de gauche radicale, il est «indéniable qu’Alexis Tsipras s’est vu accorder une seconde chance pour reformer le pays

Cette victoire est personnelle. Il ne la doit qu’à lui-même car, tout l’appareil du parti lui était hostile, tout comme les jeunesses du parti et les médias. Pourtant c‘est à lui, et à lui seul, que les Grecs renouvellent leur confiance.
Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, il forme, de nouveau, une coalition avec Panos Kamenos, le président souverainiste du parti des Grecs Indépendants, déjà son partenaire après sa victoire en janvier 2015.

Forts de 155 députés sur 300, ils vont à eux deux devoirs, dans moins de trois semaines, appliquer des nouvelles mesures d’austérité.
Ce n’est pas la meilleure des combinaisons mais pour Vasslilis Korkidis, président des PME de l’Attique « au moins, nous sommes sûrs que le tandem va fonctionner et que la stabilité économique va revenir. »
Une stabilité saluée par la bourse d’Athènes qui a ouvert à la hausse lundi 21 septembre 2015 au matin.

Pourquoi les Grecs préfèrent-ils Alexis Tsipras?

Thanos Kondargyris, économiste, salue lui aussi cette victoire mais pour d’autres raisons. Il reste convaincu que le mémorandum d’austérité imposé au pays ne va pas apporter les résultats escomptés et que des nouvelles mesures vont être exigées. « À ce moment-là, il vaut mieux avoir à la table des négociations un Tsipras combatif plutôt qu’un conservateur acquis aux thèses libérales sans discussion  » souligne-t-il.

Les investisseurs, de leur côté, attendant, calmement. Tsipras a forcé leur respect et a acquis la réputation tant d’un homme de parole que d’un fin négociateur. “Il s’est engagé à faire des privatisations dans le temps, tant profitables au pays qu’à nous” explique cet homme prêt a investir dans le sous-sol grec, riche en minerais. “Si nous sommes tous raisonnables, nous pouvons faire affaire et maintenant qu’il n’a plus à rendre compte à son aile gauche, les choses seront plus simples.”. 

Alexis Tsipras doit désormais livrer bataille sur deux fronts: celui des investisseurs privés qu’il veut faire venir dans le pays, mais sur la base d’accords gagnants-gagnants, et des créanciers qu’il doit convaincre que les mesures d’austérité qui découlent de l’accord signé en juillet 2015 seront appliquées de façon plus juste.
 
L'accord final reste, certes, un programme d'austérité implacable. Mais, il marque des avancés sur plusieurs points. D’une part, la perspective d'une restructuration de la dette demeure désormais acquise. D'autre part, les besoins financiers du pays sont assurés sur trois ans avec un total de 86 mrds€ de prêts – au lieu des  5 à 6 milliards de couverture pour six mois, au départ.

Le défi pour le gouvernement Syriza/Anel

Alexis Tsipras le jour du scrutin (photo Syriza)
Alexis Tsipras le jour du scrutin (photo Syriza)
Le vrai défi va être d’accompagner le troisième mémorandum d’austérité d’un plan de relance d’investissement et de justice sociale pour éviter que ce ne soit toujours les mêmes qui payent. C’est pour cela que les Grecs ont voté pour Tsipras. Sur ce point précis, c’est à lui et à lui seul qu’ils ont fait confiance.

Mais ils attendent aussi l’application des profondes réformes structurelles dans le domaine de la corruption, l’administration, la fiscalité, le système de santé et de l’éducation, réformes toutes comprises dans le programme de Thessalonique, programme qui n’était rien d’autre que la colonne vertébrale de la future gouvernance du Syriza.
 
Quant au parti néo-nazi grec Aube Dorée, il renforce sa position de troisième force politique du pays puisqu’il passe de dix-sept à 19 députés au parlement.
 
Enfin, cerise sur le gâteau, un dinosaure centriste présenté par les médias comme le bouffon du paysage politique local, qui hantait depuis trente ans les plateaux de télévision bon marché, Vassilis Leventis, entre à la Vouli grecque avec dix députés. Pour le politologue George Sefertzis, le vote en faveur de Leventis est un vote de ridiculisation de la vie politique grecque de la part des électeurs en colère.




Lundi 21 Septembre 2015



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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