Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

Les Européens veulent juguler à la source le problème migratoire


Le sommet informel des dirigeants de l'Union européenne de Malte débouche sur une déclaration visant à aider la Libye à juguler sur son sol et dans ses eaux territoriales, le problème des migrants clandestins en provenance d'Afrique subsaharienne.



MEDITERRANEE. A Malte, vendredi 3 février 2017, le sommet informel des vingt-huit chefs d'Etat ou de gouvernement de l'Union européenne s'est focalisé sur la politique migratoire, l'une des six priorités de l'UE en 2017 définies en décembre 2016.

La réunion du Conseil européen a débouché sur la signature d'une déclaration, le Plan d'action de la Valette, engageant les dirigeants européens à aider la Libye afin de limiter l'immigration illégale. L'UE va "former, équiper et soutenir les garde-côtes nationaux libyens et d'autres agences concernées". Ceci passera par des programmes complémentaires de formation de l'UE mais aussi par l'aide à la lutte contre les passeurs pour réduire les arrivées de clandestins. Elle aidera également la Libye à implanter sur son sol des camps pour retenir les migrants candidats à la traversée de la Méditerranée, "jusqu'à leur expulsion ou leur retour volontaire dans leur pays d'origine".

En amont de ce conseil, jeudi 2 février 2017, Donald Tusk a été clair sur sa volonté de privilégier le dialogue politique en Libye. "L'UE soutient pleinement les efforts du peuple libyen pour trouver un accord politique inclusif. Je réitère le soutien de l’UE au Conseil présidentiel libyen et au gouvernement d’union nationale dans la mise en œuvre de l’accord politique libyen. Ce qu’il faut maintenant, c’est tendre la main à ceux qui n’ont toujours pas rallié les nouvelles institutions. " Face au président du Conseil européen qui le recevait à Bruxelles, Fayez al-Sarraj, chef du gouvernement d'union nationale libyen, ne s'est cependant pas montré très optimiste. "Nous espérons que les mécanismes de l’UE pour venir en aide à la Libye seront plus concrets...Nous n’allons pas insister sur les sommes consacrées à la Libye parce que c’est très peu de chose, c’est une contribution modeste. Mais il faut faire preuve de sérieux, ensemble, pour stabiliser la situation", commentait-il.

Collaboration controversée avec la Libye

Donald Tusk veut privilégier le dialogue politique en Libye (photo : Commission européenne)
Donald Tusk veut privilégier le dialogue politique en Libye (photo : Commission européenne)
Dans la lettre d'invitation aux participants de ce sommet, Donald Tusk indiquait qu'"après avoir stabilisé la situation en Méditerranée orientale, nous allons cette fois-ci donner la priorité à des mesures opérationnelles destinées à relever le défi que représentent les flux massifs de migrants en situation irrégulière en Méditerranée centrale. Les flux ont atteint un niveau record, trop de personnes meurent en tentant de gagner l'Europe et le printemps arrive à grands pas."

Pour le président du Conseil européen, il faut poursuivre l'action à long terme mais aussi "prendre de toute urgence des mesures immédiates, en partenariat avec la Libye, qui est le pays d'où part la grande majorité des migrants en situation irrégulière."

Le Plan d'action de la Valette indique que l'UE va "contribuer à réduire la pression sur les frontières terrestres de la Libye, en coopérant avec les autorités libyennes et tous les voisins de la Libye, notamment en soutenant des projets destinés à renforcer leurs capacités en matière de gestion des frontières". Et cette idée ne plait pas à tout le monde. Ni à certains Etats à cause de la difficulté à trouver un interlocuteur, même si Fayez al-Sarraj est le seul reconnu par l'Onu, dans ce pays en plein chaos. Et dont le gouvernement d'unité national ne contrôle pas l'ensemble de son territoire. Ni aux ONG, au premier rang desquelles figure le HCR (Haut-Commissariat aux réfugiés), qui fustigent, au nom du droit international, le refoulement des migrants après leur passage dans un camps. "Conserver les camps en Libye, c'est maintenir les migrants dans des conditions inhumaines et les mettre encore plus en danger", commente Carlotta Sami, porte-parole du HCR.

Fermer les routes migratoires irrégulières

La protection des frontières extérieures, "tout en aidant les autorités libyennes à mettre en place des structures d'accueil décentes sur leur territoire", comme le précise Donald Tusk, s'est donc trouvée au coeur des débats à Malte. L'Italie a déjà donné l'exemple en la matière en lançant un "Fonds Afrique" doté de 200 M€  et destiné à réduire l'immigration clandestine à la source en Libye, mais aussi en Tunisie et au Niger.

Rome a comptabilisé sur ses côtes en 2016 plus de 181 000 arrivées de migrants, essentiellement en provenance de l'Afrique subsaharienne et à 90% au départ de la Libye. En outre 4 600 sont décédés en Méditerranée durant leur périple (déjà une centaine en 2017). Quelque 400 000 autres se prépareraient à une traversée.
Jeudi 2 février 2017 encore, les gardes-côtes italiens annonçaient avoir secouru plus de 1 750 migrants en quarante huit heures.

Donald Tusk a indiqué à Fayez al-Sarraj lors de leur rencontre à Bruxelles qu'il fallait "fermer les routes migratoires irrégulières, comme nous l'avons fait avec la route de la Méditerranée orientale (ndlr : via l'accord avec la Turquie)... Il est à présent temps de fermer la route reliant la Libye à l'Italie.... Nous le devons avant tout à ceux qui souffrent et risquent leur vie, mais également aux Italiens et à tous les Européens."




Vendredi 3 Février 2017



Lu 1093 fois


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

A lire avant de commenter !
Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Econostrum.info.
Pour assurer des échanges de qualité, un maître-mot : le respect. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.
Il n'est pas permis de choisir comme nom d'utilisateur le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.).
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, reproduisant des échanges privés, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos…).
Econostrum.info se réserve le droit d'éliminer tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois, promotionnel ou grossier, contenant des invectives et des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
Une trop mauvaise qualité d’écriture (multiplication des fautes de frappe, absence totale de ponctuation, langage SMS, etc.) peut entraîner la non-publication des messages.
Les décisions des modérateurs ne peuvent être contestées. L’auteur de la contribution est responsable de son contenu. La fiabilité de l’utilisateur, son identité et sa moralité ne peuvent être garantis par Econostrum.info. Econostrum.info ne pourra en aucun cas en être tenu responsable.
Si vous désirez signaler un contenu illicite ou abusif, merci de le faire à l'adresse suivante : redaction@econostrum.info.

Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.




















Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA












Suivez econostrum.info en direct sur Facebook









Les articles écrits en anglais

  L'actualité économique
en Méditerranée, avec le soutien
de nos partenaires :
BEI
 
PlanBleu          avitem
 
Euromediterranee
Région PACA          EDF
 
Femise