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Les États membres ne tiennent pas leurs engagements sur les réfugiés


La question des réfugiés ne semble pas trouver de réponse. Le Parlement européen et le Haut-Commissariat aux réfugiés fustigent le non-respect des engagements pris par les États membres de l'Union européenne pour délester l'Italie et la Grèce et accueillir notamment les Syriens et les Libyens fuyant la guerre.



La situation humanitaire devient difficilement tenable pour les réfugiés. Ici un camp en Grèce (photo T.Iacobi)
La situation humanitaire devient difficilement tenable pour les réfugiés. Ici un camp en Grèce (photo T.Iacobi)
EUROPE. Alors que le Haut-commissariat aux réfugiés (UNHCR) ne cesse de tirer l'alarme et qu'en France un plan controversé vise à installer des familles de la jungle de Calais dans d'autres régions, lundi 19 septembre 2016, un Sommet de haut niveau des Nations unies se tiendra sur le sujet. Lundi 19 septembre 2016 à New York, six tables rondes et une séance plénière de clôture s'intéresseront exclusivement au sort des réfugiés et migrants.

"A une période de crises mondiales multiples et alors que les déplacements de réfugiés et de migrants à grande échelle posent des défis pour de nombreux pays – suscitant même de la xénophobie à certains endroits – il est très important que 193 États membres des Nations Unies se réunissent pour se mettre d’accord sur la voie à suivre afin de mieux relever les défis ensemble" commente Melissa Fleming, porte-parole du HCR. 

En attendant, cette problématique sème quelque peu la bisbille au sein même des instances de l'Union européenne.

Ne pas confondre réinstallation et relocalisation

Alors que les arrivées se poursuivent en Grèce et en Italie, le problème de l'accueil dans d'autres pays des réfugiés devient de plus en plus urgent (photo Marine italienne / Masimo Sestini)
Alors que les arrivées se poursuivent en Grèce et en Italie, le problème de l'accueil dans d'autres pays des réfugiés devient de plus en plus urgent (photo Marine italienne / Masimo Sestini)
Jeudi 15 septembre 2016 à Strasbourg, le Parlement européen a approuvé une résolution non contraignante de rejet d'une proposition de la Commission européenne. Par ce vote ( 470 voix pour, 131 contre et 50 abstentions), les députés refusent la saisie de 54 000 places d'un plan de relocalisation des réfugiés de Grèce et d'Italie vers d'autres États membres pour les utiliser afin de réinstaller des Syriens venus de Turquie dans l'Union européenne.

Cette proposition aurait permis aux pays européens de déduire le nombre de réfugiés syriens nécessitant une protection internationale accueillis depuis la Turquie, du nombre de demandeurs d'asile devant être relocalisés de Grèce et d'Italie.
L'accord sur les migrations, signé en mars 2016 entre l'Union européenne et la Turquie, contraint en effet l'UE à accueillir un réfugié syrien de Turquie pour chaque Syrien renvoyé de Grèce vers la Turquie.

"La réinstallation ne doit pas avoir lieu au détriment de la délocalisation" indique Ska Keller, députée européenne (Verts), en insistant sur le fait que "le plan de relocalisation au sein de l'UE ne devait pas être confondu avec le plan de réinstallation qui implique un État non-européen."

Les députés européens demandent aux pays européens de "tenir leurs promesses et accepter plus de réfugiés relocalisés de Grèce et d'Italie, afin de soulager la pression migratoire exercée sur ces deux pays situés en première ligne, tout en décourageant les entrées irrégulières".

3% de l'objectif réalisé

Au cours des débats, les députés européens ont reconnu toutefois la nécessité d'une relocalisation rapide des demandeurs d'asile se trouvant en Grèce et en Italie, vers d'autres pays de l'UE. Une urgence dictée par la situation humanitaire en Grèce et le risque de détérioration en Italie. Les parlementaires regrettent que, malgré l'acceptation des pays de relocaliser 160 000 demandeurs d'asile (40 000 et 120 000 places lors de deux décisions différentes), seul un faible pourcentage de réfugiés l'a été en deux ans.

Mardi 13 septembre 2016, lors d'une déclaration à Genève, William Spindler s'en plaignait déjà. "Le nombre d'engagements demeure insuffisant et la mise en oeuvre se fait lentement et difficilement." Le porte-parole du HCR indiquait que 3% seulement de l'objectif initial avait été réalisé. "Les États sont lents à fournir des engagements sur le nombre de place de relocalisation bien qu'ils aient accepté ce programme " poursuivait-il. Et de préciser : "les États participants doivent travailler en partenariat avec les autorités grecques et italiennes ainsi qu'avec les organismes compétents pour accroître le personnel et les infrastructures mises à disposition, et pour accélérer l'enregistrement et le traitement des dossiers."

Un document publié par l'Union européenne et réactualisé au 14 septembre 2016 vient corroborer tout cela. Dans le cadre du mécanisme de relocalisation, seulement 14 478 places dans vingt cinq pays sont aujourd'hui disponibles pour les réfugiés. 7 745 places concernant la décision des 40 000 et 54 000 sur la décision des 120 000 restent à allouer.

Les plus mauvais élèves sont l'Allemagne avec 1 250 places disponibles sur 28 571 promises et... la France (3 320 sur 21 372). Les autres nations ne sont pas en reste :  les Pays-Bas (925 sur 6 255), la Belgique (230 sur 3 905), l'Espagne (400 sur 9 522),  la Pologne (100 sur 6 282), la Suède (300 sur 4027)...

Certains pays, comme l'Autriche (1953 places promises) ou la Hongrie (1 294) n'ont toujours pas libérés de places contrairement à leurs engagements. A contrario, les bons élèves sont les plus petits pays : Malte avec 131 places disponibles pour 212 promises, Chypre (80 sur 348) et Luxembourg (200 sur 633).

"Les États membres n'en font tout simplement pas assez" lance Ska Keller. Dans leur résolution, les députés européens demandent que les États membres mettent à disposition, d'ici le 31 décembre 2016, au moins un tiers des places de relocalisation promises.

Rappelons juste qu'il s'agit d'une résolution non contraignante...




Jeudi 15 Septembre 2016



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