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Les Egyptiens redoutent une nouvelle crise du pain

Après l'embargo russe sur les exportations de blé, l'Egypte, premier importateur mondial, cherche à s'approvisionner auprès d'autres pays producteurs. Dans un contexte inflationniste, le gouvernement veut éviter une répétition des émeutes du printemps 2008.


Une boulangerie publique dans le quartier d'Abdeen, au Caire. (Photo Nina Hubinet)
Une boulangerie publique dans le quartier d'Abdeen, au Caire. (Photo Nina Hubinet)
EGYPTE. Le risque d'une nouvelle "crise du pain" existe en Egypte, alors que la Russie, qui fournit habituellement la moitié des importations égyptiennes, a annulé sa livraison de septembre 2010, une cargaison de plus de 500 000 tonnes.

"Nous avons encore des réserves de blé pour quatre mois", a assuré récemment Rachid Mohamed Rachid, le ministre de l'industrie et du Commerce. L'embargo russe n'aura pas d'impact sur la production de pain subventionné" a-t-il ajouté.

Tandis que 40% des Egyptiens vivent en-dessous du seuil de pauvreté, le pain subventionné - c'est-à-dire vendu très peu cher grâce à des subventions du gouvernement - nourrit des millions de personnes.

Eviter le scénario de 2008

En mars 2008, l'Egypte avait été confrontée à une hausse brutale du prix des matières premières au niveau mondial. 

En quelques semaines, le prix du pain non-subventionné avait bondi de 26%, obligeant les classes moyennes à se tourner également vers les boulangeries publiques. Des émeutes avaient éclaté dans les files d'attente, causant une dizaine de morts.

C'est ce scénario que le gouvernement égyptien veut aujourd'hui éviter.

D'autant que, depuis un mois, les prix de plusieurs produits de base ( riz, pâtes, sucre, huile) ont largement augmenté, parfois de plus de 30%. 

Le Ramadan est toujours une période inflationniste, mais ces hausses de prix restent plus importantes qu'à l'habitude.

Flambée des cours du blé

La tâche ne s’annonce pas facile pour le gouvernement égyptien. Sous l’effet de l’embargo russe et de la spéculation, le prix du blé a bondi sur les marchés mondiaux depuis la mi-août 2010. Plus que de trouver du blé, la difficulté va être de l’acheter à un prix raisonnable.


« Au lieu de négocier la marchandise, comme il y a quelques mois, autour des 200 dollars la tonne, cela se négocie plutôt autour des 300 dollars la tonne », explique Gautier Le Molgat, consultant chez Agritel, société de conseil en gestion des risques agricoles, interrogé par RFI.

Profitant de la crise, les producteurs français ont déjà réussi à vendre davantage qu’à l’habitude aux Egyptiens : 250 000 tonnes de blé français ont été vendues à des importateurs privés égyptiens et doivent être livrées dans les semaines à venir. 


Lire aussi : La Turquie peut désormais importer du blé de l'Union européenne sans taxes
La rouille jaune décime le blé syrien





Nina Hubinet, au CAIRE


Mardi 31 Août 2010



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