Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

Le torchon brûle entre le Maroc et l'ONU


Le Maroc demande la fermeture du bureau de liaison militaire de la Minurso au Sahara occidental. Il veille jalousement sur sa « province du sud », ses phosphates et ses ressources halieutique.



Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, rencontre des Casques bleus de la MINURSO lors d’une visite au Sahara occidental, le 5 mars 2016. Photo ONU/porte-parole
Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, rencontre des Casques bleus de la MINURSO lors d’une visite au Sahara occidental, le 5 mars 2016. Photo ONU/porte-parole
MAROC. Après la Suède, après l'Europe, le Maroc entame maintenant un bras de fer avec l'ONU au sujet du Sahara occidental. Le royaume considère le Sahara comme faisant partie intégrante de son territoire alors qu'il s'agit d'un territoire non autonome au regard du droit international.

En 2015, le Maroc avait interdit l'ouverture du premier Ikea marocain en raison de la volonté du gouvernement suédois de reconnaître l’indépendance du Sahara Occidental. Quelques mois plus tard, la Suède avalait son chapeau pour pouvoir vendre ses meubles en kit.  

Après la Suède, l'Europe. En décembre 2015, la Cour de justice de l'UE annulait un accord de libéralisation des échanges en matière agricole et de pêche passé entre le Maroc et l'Europe au motif qu'il concernait également la zone du Sahara occidental. En représailles, le royaume suspendait ses relations avec Bruxelles. Il aura fallu une visite expiatoire à Rabat de Federica Mogherini, la haute représentante pour les Affaires extérieures et la politique de sécurité de l'Union Européenne, un appel de la décision de la Cour de justice et l'assurance de plusieurs gouvernements européens de leur profond désaccord avec l'arrêt du 10 décembre 2015 du Tribunal de Première instance de l'Union européenne pour que les fils soient renoués entre le Maroc et l'Europe. 

Propos "insultants"

Et maintenant, après la Suède et l'Europe, le Monde. Cette fois, c'est carrément à l'ONU que le roi du Maroc s'attaque. Son secrétaire général Ban Ki-moon a eu le malheur d'évoquer une « occupation » en parlant de la situation du Maroc au Sahara occidental.

La réaction ne s'est pas fait attendre. Dans un premier temps, le Maroc a expulsé le 20 mars 2016 83 experts civils de la Mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso), dont du personnel dédié au déminage de la région. Il a également décidé de supprimer sa contribution financière de 3 m$ au fonctionnement de la Minurso

Puis, il a demandé le 21 mars la fermeture du bureau de liaison militaire de la Minurso à Dakhla. Jamais dans l'histoire de l'ONU aucun pays n'avait exigé une telle mesure selon Farhan Haq, porte-parole adjoint de l’ONU. 

Ban Ki-moon ne semble pas apprécier la susceptibilité marocaine, qui d'après Farhan Haq, provoque « un risque réel d’escalade de la tension et peut-être même de conflit » dans la région. Ban Ki-moon a organisé lundi 22 mars une réunion avec les 15 ambassadeurs du Conseil de Sécurité de l'ONU pour évoquer un comportement qui, d'après l'ONU, « ne peut pas être toléré. Si la Minurso peut être rendue inopérante par un État-membre, menaçant de fait les habitants de la région d’un retour aux hostilités parce que le gouvernement (marocain) a été offensé par un simple mot, comment garantir la stabilité de n’importe quelle mission de maintien de la paix ?» explique Farhan Haq.

Pas touche au phosphate

La susceptibilité à fleur de peau des Marocains s'explique en partie par l'importance des enjeux. Car si le Sahara occidental est bien un désert, il possède des ressources naturelles considérables. A commencer par du phosphate exploité par l’Office chérifien des phosphates. L'OCP est le second producteur et le premier exportateur de phosphate brut et d’acide phosphorique dans le monde. 10% viennent du Sahara occidental.

Mais le sous-sol ne constitue pas la seule richesse du Sahara occidental. Près de 80 % des ressources de pêches du Maroc viennent de ses côtes. Enfin, des fruits et légumes destinés à l'exportation commencent à pousser dans de vastes exploitations. Le plan Maroc vert prévoit une production de cent soixante mille tonnes en 2020.


Gérard Tur


Mardi 22 Mars 2016



Lu 1225 fois


Les articles qui devraient vous intéresser
< >

Mardi 6 Décembre 2016 - 09:06 L'Etat islamique ne règne plus sur Syrte

Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.















RÉflexions

Réflexion

Pendant ce temps, la guerre du pétrole ne faiblit pas...


avis d'expert

Par Guillaume Almeras, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil


 




Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA















Suivez econostrum.info en direct sur Facebook








  L'actualité économique
en Méditerranée, avec le soutien
de nos partenaires :
Anima       BEI
 
PlanBleu          avitem
 
Euromediterranee
Région PACA        EDF
 
AeroportMP            Femise