Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

Le sort de la Villa Méditerranée à Marseille reste en suspens


La Villa Méditerranée devrait poursuivre son action malgré les menaces qui pesait sur elle à la faveur du changement de majorité au Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, son propriétaire. Interrogé par econostrum.info, Christian Estrosi annonce qu'il va demander à des experts de lui proposer des solutions pour donner à cet immeuble prestigieux et coûteux une vocation plus affirmée.



La gestion confiée à l'Avitem, un groupement d'intérêt public dans lequel est représenté l'Etat, pourrait bien "sauver" la Villa Méditerranée (photo F.Dubessy)
La gestion confiée à l'Avitem, un groupement d'intérêt public dans lequel est représenté l'Etat, pourrait bien "sauver" la Villa Méditerranée (photo F.Dubessy)
FRANCE / MEDITERRANEE. Interrogé par econostrum.info à l'occasion des vœux à la presse, vendredi 8 janvier 2016, Christian Estrosi a laissé planer le doute sur la vocation de la Villa Méditerranée. Mais pas sur sa pérennité.

Le nouveau président du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur a été très critique durant la campagne électorale qui a précédé son élection envers ce bâtiment prestigieux construit en bord de mer à Marseille par l'architecte Stefano Boeri et doté d'un porte-à-faux de quarante mètres de long.

Christian Estrosi parlait même de mettre en vente le "bébé" de son prédécesseur, Michel Vauzelle, baptisé par ses détracteurs Villa Vauzélia.

Désormais Président de la région, Christian Estrosi reste critique mais mesure ses propos. "Ce site a demandé 100 M€ d'investissements et coûte 5 M€ par an en charges de fonctionnement. Déjà, sur les premiers mois de 2016, nous allons réussir à économiser 20% sur le coût de fonctionnement" explique-t-il. Des chiffres un peu surestimés. La Villa Méditerranée à coûté 80 M€ et son budget 2015 s'élevait à 4,4 M€.

Le président de Provence-Alpes-Côte d'Azur se questionne sur l'utilité même du bâtiment et sa vocation. "Il s'agit d'une très belle architecture, mais répond-t-elle à l'attente réelle des cinq millions d'habitants de la région. Normalement, il revient aux villes de conduire la politique culturelle !" lance-t-il.

Une image trop culturelle

L'image de la Villa Méditerranée pâtit de sa proximité avec le Mucem, musée national des civilisations méditerranéennes. Beaucoup parlent de double emploi... D'autant plus que pour son ouverture en plein année de "Marseille capitale européenne de la culture 2013", la Villa Méditerranée a multiplié les expositions et événements culturels. Difficile donc de lui ôter cette image d'outil culturel qui lui colle à la peau alors qu'elle revendique également une vocation économique.

L'organisation ces deux dernières années de la Semaine économique de la Méditerranée mais aussi de la MedCop21, du Mediterranean Fashion Price et plus récemment des Mardis de la Villa (conférences sur des thématiques géopolitique, politique et urbaine), montre le rôle particulier qu'elle peut jouer en matière de coopération économique avec les pays du bassin méditerranéen.

En 2015, la Villa Méditerranée a accueilli une vingtaine d'événements à caractère économique attirant 5 900 visiteurs, soit près de 50% des personnes qui ont franchi ses portes l'année dernière. Gestionnaire du bâtiment depuis janvier 2015, l'Avitem a signé deux cent conventions de partenariats avec cent dix structures. 2016 devrait voir cette vocation économique affirmée avec l'organisation des Mardis de l'Economie à partir de février.

Selon nos informations, l'Avitem tente de se rapprocher opérationnellement de la Chambre d'industrie et de commerce Marseille-Provence pour lancer des manifestations en commun dans la Villa Méditerranée.

Créée en février 2012 à Marseille sous les auspices de l'Etat, l'Agence des Villes et Territoires Durables méditerranéens réunit le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET ex-Datar), Marseille Provence Métropole, Toulon Provence Métropole, la Ville de Marseille, l'Etablissement public Euroméditerranée, la Métropole Nice Côte d'Azur, le Ministère français des Affaires étrangères et du Développement international (depuis juillet 2015) et, bien entendu, le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur. Michel Vauzelle a donc protégé les arrières de sa Villa en confiant sa gestion au groupement d'intérêt public Avitem.

De plus, l'Etat a consolidé le rempart à la cession en désignant en octobre 2015 comme directeur général Bernard Valero, alors ambassadeur de France en Belgique, pour remplacer Jean-Claude Tourret atteint par la limite d'âge. Il devient bien difficile de chasser l'Etat de la gestion de l'édifice et de déloger un directeur général au statut d'ambassadeur.

Des experts vont plancher sur le devenir de la Villa Méditerranée

Christian Estrosi cherche une nouvelle vocation à la Villa Méditerranée (photo J.C. Barla)
Christian Estrosi cherche une nouvelle vocation à la Villa Méditerranée (photo J.C. Barla)
La marge apparait étroite pour Christian Estrosi. Selon des sources concordantes, la pérennité de la Villa Méditerranée figurait parmi les conditions posées par le Parti Socialiste pour son désistement au second tour des régionales, retrait indispensable pour éviter l'arrivée du Front National aux commandes de l'Hôtel de Région. De plus, une cession de la Villa Méditerranée obligerait la Région à indemniser tous les partenaires qui ont contracté avec elle. Et il faudrait trouver un repreneur pour ses 10 000 m² de surface et son auditorium de 400 places. Pas évident !

L'hypothèse d'une vente apparaît donc n'avoir vécu que le temps d'une campagne électorale.

Christian Estrosi affirme "ne pas vouloir  faire de la Villa Méditerranée une question idéologique". Il explique "chercher une destination qui lui apporte une vraie valeur ajoutée." Le 29 janvier 2016, une délibération sera votée pour demander à des experts de plancher sur le devenir du lieu et définir sa vocation. "Il existe une voie à trouver. Je vais attendre leurs réponses pour voir comment la Villa Méditerranée pourrait se mettre au service de l'économie régionale et quel rôle elle pourrait jouer au niveau du bassin méditerranéen" .

Selon nos informations, dès le vendredi 8 janvier 2015, l'exécutif régional a rencontré les opérationnels de l'Avitem pour évoquer l'avenir de la Villa Méditerranée. Et sans doute les rassurer...




Vendredi 8 Janvier 2016



Lu 1300 fois


Les articles qui devraient vous intéresser
< >

Jeudi 1 Décembre 2016 - 10:48 La Tunisie engrange 14 mrds€ d'investissements

Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.















RÉflexions

Réflexion

La Méditerranée orientale entre permanences stratégiques
et enjeux contemporains


avis d'expert

Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
de la Turquie, associée
au groupe d’analyse
de JFC Conseil


 




Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA















Suivez econostrum.info en direct sur Facebook








  L'actualité économique
en Méditerranée, avec le soutien
de nos partenaires :
Anima       BEI
 
PlanBleu          avitem
 
Euromediterranee
Région PACA        EDF
 
AeroportMP            Femise