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Le secteur des fruits et légumes voudrait bien goûter à la mutualisation


Contraints par les demandes de livraisons fréquentes de la grande distribution, les industriels du secteur agroalimentaire engagent un mouvement de rapprochement en vue de mutualiser leurs opérations de transport et de logistique. Dans le secteur des fruits et légumes, les producteurs développent eux aussi une réflexion en ce sens même si de nombreux obstacles restent à franchir…



(Photo MIN Rungis)
(Photo MIN Rungis)

Octobre 2011, l’industriel Jean-Jacques Henaff lance le GIE Chargeurs Pointe de Bretagne, un regroupement des opérations de livraison de cinq industriels du Finistère. Une vraie révolution culturelle. « La GMS diminue les quantités mais augmente les fréquences. Ce nouveau comportement impacte le coût du transport. La solution consiste à optimiser le remplissage des camions pour atteindre une masse critique », explique Jean-Jacques Henaff, président de la société Henaff.

Sans avoir atteint une telle maturité, le secteur des fruits et légumes compte quelques exemples de mutualisation réussie.

Certains producteurs ont choisi de regrouper leurs forces de ventes à l’instar d'Edenys. Cette SAS spécialiste de la commercialisation de pommes rassemble depuis 2010 la SCA Covial, la SARL Les Saladelles et la SICA Les Vergers de Mauguio. L’objectif ? «  Nous sommes une force de vente vis à vis des distributeurs. Nous mutualisons notre offre et produisons une seule facture avec moins d’intermédiaires. La GMS restreint peu à peu ses fournisseurs et préfère s’orienter vers des structures mutualisées offrant de multiples variétés », explique Leslie Galtier, directrice d’Edenys.
 


Prix et meilleure maîtrise du contrat de transport

Christian Métadier, vice-président du groupe Canavese(Photo NBC)

Rien ne sert de faire rouler les camions les uns derrière les autres. La démarche de mutualisation a été engagée par certains grossistes en fruits et légumes qui ajoutent des métiers tels que la distribution des produits de la mer


explique Christian Métadier, vice-président du groupe Canavese et adhérent de Creno qui rassemble une vingtaine de grossistes en fruits et légumes.


Réduction des coûts, baisse du CO2, les bénéfices sont multiples. Grossiste, Canavese cultive également des bananes en Côte d’Ivoire. Avec d’autres producteurs sur place­, ils achètent les prestations de transport maritime. « La logistique demeure un des premiers postes de dépense », souligne-t-il.

Plus fort ensemble, ils  négocient directement avec les compagnies maritimes le prix du fret et les termes de la charte-partie (contrat), capitale en matière de transport de denrées périssables (respect des températures, avaries, délais de livraison).

Essentiel, l'EDI ne fonctionne pas

Réduction des coûts, baisse du CO2, les bénéfices de la mutualisation sont multiples (photo NBC).
Réduction des coûts, baisse du CO2, les bénéfices de la mutualisation sont multiples (photo NBC).
Très tôt, les producteurs africains avaient compris l’enjeu de la mutualisation en raison d'un coût d’affrètement des navires réfrigérés de 15 000  à 20 000 dollars par jour. Dans les années 90, l’OCAB, qui regroupait une vingtaine de producteurs, affrétait des navires reefers. Agrexco a emboîté le pas en Israël en exploitant sa propre flotte.

Conflits politiques en Côte d’Ivoire, difficultés économiques en Israël ont mis un terme à cette mutualisation à grande échelle alors qu’au même moment le conteneur réfrigéré s’est largement généralisé offrant davantage de souplesse aux producteurs.

Cette individualisation du transport de fruits et légumes présente pourtant quelques inconvénients. « Les contrôles qualité ne sont pas systématiques sur les conteneurs. La mutualisation permet une mise sur le marché plus structurée », souligne Gérard Antoine, consultant en logistique des fruits et légumes.

Finalement, les petits producteurs éprouvent encore des difficultés à travailler ensemble.. En Tunisie, le producteur Bio Andalous déplore le manque de collaboration. « Ici, c’est chacun pour soi ». 

Raison pour laquelle l’APIA (*) tente de les fédérer. « Nous essayons d’organiser les exportations des petits producteurs afin qu’ils soient compétitifs», fait remarquer Rachid Bel Anes, directeur de l’APIA. 

En France, un long chemin reste à parcourir pour imaginer de nouveaux modèles logistiques.
Josselin Saint-Raymond, animateur du réseau des ANPP. photo DR




Notre filière compte peu de logisticiens mais l’écotaxe pourrait changer la donne. Les producteurs doivent se rencontrer pour construire l’avenir


souligne Josselin Saint-Raymond, animateur du réseau des ANPP (**) - Groupe de travail Logistique. Ces problématiques seront résolues par la mutualisation.

Mais quelle collaboration peut-on envisager sans un partage des systèmes d’information ? Là encore, le secteur paraît en jachère. « L’EDI est essentiel. Pourtant, il ne fonctionne pas. Les codes-barres restent inutilisés. Les commandes sont transmises par fax et par téléphone », déplore Josselin Saint-Raymond.
 



(*) Agence de Promotion des Investissements Agricoles.
(**) Association Nationale Pommes Poires








Mardi 23 Avril 2013



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