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Le salut de l’Europe passe par l’Afrique


Et si le soleil se levait aussi à l’ouest ? C’est l’hypothèse soulevée par le cercle des économistes lors de la 12e édition des rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Tout en brossant les atouts des pays occidentaux, les débats ont mis en avant les liens qui les unissent aux pays émergents.



Martin Ziguélé, Christophe de Margerie et Mostafa Terrab s'interrogent sur le renouveau de l'Occident avec l'Afrique. (photo : CG)
Martin Ziguélé, Christophe de Margerie et Mostafa Terrab s'interrogent sur le renouveau de l'Occident avec l'Afrique. (photo : CG)
FRANCE / AFRIQUE. « Refuser de céder au déclinisme ambiant », c’est le message que le cercle des économistes a fait passer durant ses rencontres d’Aix-en-Provence, organisées du 6 au 8 juillet 2012.

Cette année, la trentaine de conférences et de débats tenus devant des salles combles a voulu montrer comment les pays occidentaux disposent encore d'arguments à faire valoir face aux émergents. Et parmi ces arguments, celui de la « relation privilégiée avec les zones économiques en croissance, notamment celle qui jouera un rôle majeur au XXIème siècle, l’Afrique » parait en bonne place dans la déclaration finale du cercle.

Samedi 7 juillet 2012, les rencontres accueillaient d’ailleurs autour du thème « Le renouveau avec l’Afrique ? » Martin Ziguélé, ancien premier ministre de Centrafrique, le PDG de Total Christophe de Margerie et Mostafa Terrab. Le directeur général de l’Office chérifien des phosphates (OCP), premier groupe marocain et quatrième groupe africain, a insisté sur le potentiel de croissance que représente l’Afrique, trop souvent envisagé comme un retard de développement plutôt que comme une opportunité par les Européens.

« Il faut prendre en compte le changement de paradigmes, suggère Mostafa Terrab. L’Afrique a des réponses à apporter aux problématiques mondiales, sur l’approvisionnement en matières premières ou sur la sécurité alimentaire ». Ainsi son groupe, qui compte parmi les leaders mondiaux sur le marché du phosphate et de ses dérivés, a multiplié par huit ses ventes d’engrais en Afrique. « On parle beaucoup d’Euroméditerranée, poursuit-il, mais sans vraiment s’accorder sur où se trouvera la zone de croissance ! Le seul pays européen qui a mis en place une vraie stratégie africaine, c’est la Turquie ! ». Interrogé par econostrum.info, Mostafa Terrab est convaincu que son pays peut jouer un rôle majeur dans les nouveaux équilibres à mettre en place : « Le Maroc, avec le Maghreb, a une position géographique stratégique et des liens privilégiés avec l’Europe qui lui permettent de servir de passerelle vers le reste de l’Afrique pour développer les marchés ».

Rejet de la créditocratie européenne

Le Maroc était également représenté lors de la table ronde sur les mutations énergétiques où Mustapha Bakkoury, président du directoire de l’Agence marocaine de l’énergie solaire, a présenté les défis que pose le développement de cette énergie « nécessaire » pour soutenir la forte croissance de son pays et de la zone. « Nous devons trouver un modèle économique à moyen terme, soutient Mustapha Bakkoury. Le développement du solaire est un facteur d’intégration régionale, mais aussi de croissance pour le Maghreb ».

Le président du Conseil italien, Mario Monti qui clôturait les rencontres après l’intervention du ministre français de l'économie, Pierre Moscovici, a de son côté délivré un message à l’attention des pays du nord de l’Europe : « Les problèmes de crédit et de dettes qui se posent à l’Europe masquent les atouts macroéconomiques des pays. Nous devons travailler sur la carte européenne pour que chaque État puisse prendre part à la gouvernance de l’UE, a défendu Mario Monti. Aujourd’hui, les problèmes de dettes de l’Italie sont moindres par rapport à ceux de la Grande-Bretagne, du Japon ou des États-Unis. Les pays du nord nous considèrent comme un débiteur européen alors que nous contribuons au soutien de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal sans rien recevoir en échange ».

Rejetant l’instauration d’une « créditocratie » européenne, Mario Monti s’est dit optimiste sur l’avenir de l’UE qui a « réalisé en une vingtaine d’années ce que les États-Unis avaient mis des décennies à mettre en œuvre ».


Lire aussi : Situations d’urgence dans les pays du sud
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Solar Maghreb : développer les marchés solaires nord-africains

declaration_finale_rencontres_d__aix_vlongue.pdf Déclaration Finale_Rencontres d'Aix_VLongue.pdf  (427.52 Ko)





Lundi 9 Juillet 2012



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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