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Le régime syrien ferme face à la contestation grandissante


Ni les protestations internationales, ni les nouveaux appels de l’opposition à manifester massivement ce vendredi 29 avril 2011, n’ébranlent de régime syrien. La répression de la contestation aurait déjà fait 500 morts. Pour protester contre ce déploiement de force, 230 membres du Baas, le parti au pouvoir, aurait démissionné et 150 opposants auraient mis en demeure le régime de mener des réformes.



Les manifestations se poursuivent en dépit de nombreux morts. Photo RD
Les manifestations se poursuivent en dépit de nombreux morts. Photo RD
SYRIE. Ni les protestations internationales, ni les nouveaux appels de l’opposition à manifester massivement ce vendredi 29 avril 2011, n’ébranlent de régime syrien. Celui-ci semble déterminé à mater la contestation dans le pays. Il évoque dans des mots choisis sa détermination « à restaurer la sécurité, la stabilité et la tranquillité des citoyens », en précisant qu’à Deraa, dans le sud du pays où le mouvement de contestation a démarré il y a six semaines, « l'armée est intervenue à la demande de la population pour rétablir la paix civile ».


Pourtant, à Deraa, la répression aurait fait 500 morts selon une ONG. Du coup, plus de 230 membres du Baas, le parti au pouvoir qui revendique un million d’adhérents en Syrie, ont annoncé leur démission, une trentaine dans la région de Banias (nord-ouest) et 203 dans celle de Deraa. Ces démissions, si elles peuvent paraître surtout symboliques, auraient été impensables avant le démarrage de la contestation.


« Les services de sécurité ont démoli les valeurs sur lesquelles nous avons grandi. Nous dénonçons et condamnons tout ce qui s'est passé et annonçons sans regret notre retrait du parti », ont indiqué dans un communiqué les démissionnaires de la région de Banias.

Des réformes ou la révolution

« Les pratiques des services de sécurité à l'encontre des citoyens sans armes à Banias et dans les villages voisins, notamment à Baïda, sont contraires à toutes les valeurs humaines et aux slogans du parti », ajoutent-ils, en décrivant « les perquisitions dans les maisons, les tirs à balles réelles sans discrimination sur les gens, les maisons, les mosquées et les églises ».


Ils dénoncent également la façon dont les médias syriens qualifient  « des manifestants tués, blessés ou torturés » de « gangs criminels armés ». Plus de 150 opposants syriens ont en outre mis en demeure le régime de mener de véritables réformes ou d'être renversé par une "révolution".


Pour ces opposants, le régime de Bachar al-Assad a le choix entre conduire lui-même « le changement vers la démocratie », soit laisser les protestataires mener une révolution populaire qui le renversera. Ils demandent « une nouvelle constitution qui garantisse les droits essentiels des citoyens, assure une totale séparation entre les pouvoirs législatif, juridique et exécutif. Ils exigent également la mise en oeuvre d'une réforme radicale du système judiciaire miné par la corruption ».

« L'armée est, selon eux, la seule institution à même de conduire ce changement », en négociant notamment avec l'opposition.

Sanctions à l'étude

Pour ses opposants, Bachar al Assad a perdu sa légitimité. Photo DR
Pour ses opposants, Bachar al Assad a perdu sa légitimité. Photo DR
Les militants accusent les forces de sécurité d'être responsables de la répression meurtrière de la contestation. Depuis le début du mouvement le 15 mars, au moins 453 personnes ont été tuées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.


Face à cette situation, les Etats-Unis envisagent de renforcer les sanctions. Le sénateur américain John McCain, ancien candidat à la maison blanche, a affirmé que le président syrien avait « perdu sa légitimité » en faisant tirer sur son peuple et « devrait partir ».


Les 27 gouvernements européens se réunissent vendredi à Bruxelles pour discuter eux aussi d'éventuelles sanctions. Celles-ci pourraient prendre la forme d'un embargo sur les armes et le matériel de répression, en plus de sanctions personnalisées (interdiction de voyages) et d'un gel d'avoirs.


D'autre part, l'échec aux Nations unies d'une initiative européenne en faveur d'une condamnation de la répression en Syrie, mercredi soir, au Conseil de sécurité, en raison de l'hostilité de la Russie, de la Chine et du Liban, pourrait ne pas être définitif. La France a déclaré jeudi espérer une déclaration prochaine du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression meurtrière en Syrie, pays qui pourrait faire rapidement l'objet d'une enquête sur les droits de l'homme


Aliette De Broqua


Jeudi 28 Avril 2011



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Béatrice Chatain, Professeur d'Histoire-Géographie, spécialiste
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