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Le putsch fait vaciller la démocratie et l'économie turque


Les conséquences du putsch raté de vendredi 15 juillet risquent de largement dépasser la simple remise au pas de l'armée.



Une interview sur téléphone portable a fait basculer la situation. Photo DR
Une interview sur téléphone portable a fait basculer la situation. Photo DR
TURQUIE. Il semble que le président Recep Tayyip Erdogan ait décidé de mettre à profit l'échec du coup d'État militaire de vendredi 15 juillet pour mettre la justice de son pays à ses ordres. La répression s'entend bien au-delà des militaires putschistes.

Recep Tayyip Erdogan a fait arrêter selon l'agence turque Anadolu 2 745 juges et procureurs. La justice constituait aux yeux des observateurs internationaux l'un des seuls remparts de la Turquie contre l'instauration d'un régime dictatorial. Recep Tayyip Erdogan a affirmé qu'il allait « continuer d'éliminer le virus de toutes les institutions étatiques. Hélas, ce virus, comme un cancer, s'est propagé à tout l'État ».

Toutes les capitales occidentales s'inquiètent de cette dérive totalitaire, qui éloigne un peu plus encore la Turquie de l'Europe.
 

Le putsch a également ravivé les tensions entre la Turquie et la Grèce. Cette dernière a placé son armée en état d'alerte. Huit militaires turcs (trois commandants, trois capitaines et deux sergents) ont franchi la frontière en hélicoptère pour se réfugier chez leurs voisins. Le président Erdogan à téléphoné au Premier ministre grec Alexi Tsipras pour exiger leur extradition. Athènes  a assuré qu’elle respecterait le doit international. Ils seront probablement rendus à la Turquie, sauf si cette dernière rétabli la peine de mort.


une armée décapitée et une économie fragilisée

Le putsch fait vaciller la démocratie et l'économie turque
La décapitation de l'armée, avec l'arrestation de la plupart de ses hauts gradés, ne peut que désorganiser une institution dont la Turquie a pourtant besoin en pleine période d'attentats, de guerre civile contre les Kurdes, de relations glaciales avec la Russie et face à l'anarchie régnant chez ses voisins syriens et iraquiens. En dehors du tourisme qui sera très probablement un secteur sinistré en 2016, rien ne permet de savoir si l'économie souffrira du putsch manqué. La banque centrale de Turquie tente d'éviter tout vent de panique. Elle annonçait dimanche 17 juillet qu'elle fournirait aux banques turques toutes les liquidités dont elles pourraient avoir besoin en cas de retraits massifs des épargnants.

La tentative de coup d'Etat s'est produite le jour même où l'OCDE publiait un rapport sur la santé économique de la Turquie. L'Organisation de Coopération et de Développement Économique estime que le pays « fait preuve d’une capacité de résistance remarquable face à un contexte économique mondial difficile ». L'OCDE prévoit 4% de croissance du PIB en 2016 et conseille à la Turquie de « remédier aux faiblesses structurelles du cadre réglementaire » et « d'engager des réformes pour lutter contre l’activité informelle, simplifier les règles d’entrée et de sortie des entreprises pour promouvoir les exportations ».  
 

 

 

 



Gérard Tur


Lundi 18 Juillet 2016



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