Le port de Toulon perd la quasi-totalité de son trafic fretPrès de 190 emplois sont concernés à Toulon par l’arrêt de la ligne maritime de GLD Lines vers l’Italie qui représentait la quasi-totalité du trafic fret du port toulonnais. Les salariés demandent la mise en place de subventions pour établir une véritable autoroute de la mer.
MEDITERRANEE. L’arrêt le 26 février dernier, de la ligne maritime Toulon- Civitavecchia exploitée par GLD Lines, a brutalement fait perdre au port de Toulon la totalité de son trafic fret.
Les conséquences sociales de cette situation inédite pourraient être lourdes. Selon la Chambre de commerce Toulon Var, gestionnaire du port de commerce, 190 emplois étaient concernés par cette activité sur le port dont une vingtaine de personnes directement pour les chargements. Ces « dockers » bloquent l’accès au site depuis lundi 9 mars et ont annoncé que le blocage serait maintenu jusqu’au jeudi 12 mars, date d’une rencontre prévue avec le préfet du Var. Louis Dreyfus Armateurs et le groupe italien Grimaldi, exploitants conjoints de la ligne, expliquent que sa fermeture « provisoire » est due à la réduction sensible du trafic des voitures neuves qui assurait le fond de cale de l’exploitation. En 2007, GLD Lines avait transporté 48.000 voitures neuves et seulement 24.894 en 2008, soit une chute de 48% qui s’est considérablement aggravée depuis début 2009. Parallèlement le transport d’ensembles routiers est resté stable autour de 16.000 véhicules. Au total depuis sa mise en place en février 2005, la liaison a accumulé 14 M€ de pertes d’exploitation et bénéficié seulement de 3 M€ d’aides publiques. Aucune solution de remplacement
« Nous n’avons rien vu venir et n’avons aucune piste de remplacement », déplore Thierry Poirier, directeur d’exploitation par intérim du port de commerce, qui raconte qu’il y a quelques mois, GLD Lines évoquait encore la mise en place d’un départ quotidien au lieu des trois rotations hebdomadaires.
Evoquée en novembre dernier, la création d’une liaison vers Sousse en Tunisie n’est plus à l’ordre du jour. Le seul trafic qui reste à Toulon est celui d’un bateau par mois à destination de La Réunion ou de Madagascar. Le port et les salariés demandent maintenant aux pouvoirs publics de subventionner la ligne vers l’Italie pour en faire une véritable autoroute de la mer à l’image de ce qui a été entériné le 1er mars 2009 pour le transport de poids lourds sur l’Atlantique entre la France et l’Espagne avec à la clé des subventions d’un montant de 30 M€. Brigitte Challiol
Mardi 10 Mars 2009
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