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Le parlement italien va examiner la réforme du marché du travail


Le président du Conseil italien Matteo Renzi a réussit à faire approuver son projet de réforme de l'emploi par la direction du parti démocrate malgré l'opposition féroce d'une soixantaine de dissidents dont des membres de la vieille garde du parti. La discussion au parlement commencera le 7 octobre 2014.



La réforme de l'emploi fait grincer des dents en Italie (photo JMG Cranes)
La réforme de l'emploi fait grincer des dents en Italie (photo JMG Cranes)
ITALIE. Depuis le mois d’août 2014, l’Italie est entrée en déflation pour la première fois depuis 1959 et avec la rentrée, la baisse des prix continue. Selon l’Institut national des statistiques (Istat), le taux de chômage chez les jeunes est passé  en août à 44,2%, soit une augmentation d’un point par rapport au mois précédent et de 3,6 points par rapport à 2013. Toute population confondue, en revanche, la situation s’est légèrement améliorée avec un taux de chômage de 12,3% contre 12,6% en juillet 2014. La  dette publique représente désormais 135,6% du PIB. Enfin, il parait que Bruxelles préparerait une lettre de remontrances accusant Matteo Renzi de laisser filer les comptes publics et de ne pas maintenir les promesses faites à l’Europe. 

Les promesses, ce sont les grandes réformes structurelles que le jeune président du Conseil a juré de mettre en place pour changer le pays en prenant les commandes du paquebot Italie en mars 2014. C'est-à-dire  la justice, l’école, le système électoral, l’administration publique et surtout, le marché de l’emploi. Pour rassurer les technocrates de l’Union européenne, les entrepreneurs et les investisseurs qui contestent la rigidité des normes, Matteo Renzi a décidé de mettre le pied sur l’accélérateur. Son projet prévoit l’introduction d’un contrat d’insertion à protection croissante, une libéralisation des CDD dans la limite de trente-six mois et une extension de l’assurance-chômage aux collaborateurs autonomes. Et surtout, l’abolition de l’article 18 du code du Travail qui prévoit la réintégration des salariés en cas de licenciement abusif dans les entreprises de plus de quinze salariés. Un véritable tabou en Italie qu’aucun gouvernement a réussi à briser quelque soit sa couleur politique.

Réformer le marché pour relancer l’emploi et favoriser le retour des investisseurs

« Les  entrepreneurs  refusent de recruter car, ils ont le sentiment de signer un contrat à vie. La réforme de l’emploi peut aussi permettre de combler le fossé entre le nord et le sud. A partir de cette réforme toutefois, le président du Conseil devra réduire la fiscalité pour permettre aux entrepreneurs et surtout, aux investisseurs, de relancer le marché du travail » estime l’économiste Alberto Quadrio Curzio. « Tant que le Parlement et le Sénat n’auront pas tranché sur la réforme de l’emploi, les industriels ne bougeront pas. » ajoute pour sa part l’industriel Riccardo Illy, spécialisé dans le café.  

Lundi 29 septembre 2014 au soir, la direction du parti démocrate a approuvé le projet de Matteo Renzi. Mais sans le soutien d’une minorité de dissidents estimant au contraire, que cette réforme pénalise les droits sociaux des travailleurs. « En pleine crise économique, nous risquons d’obtenir l’effet inverse avec une augmentation des contrats à terme » estime Stefano Fassina, ancien vice-ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement d’unité nationale d’Enrico Letta.  

Du coté des syndicats et du Mouvement5stelle, le jugement est identique. Ils promettent de livrer bataille dans la rue et aux deux chambres lors du vote. « Les Italiens sont avec moi, pas avec les conservateurs et les syndicats qui refusent le changement » réplique Matteo Renzi. A en juger les déclarations de quelques Italiens, le président du Conseil a en effet le soutien de ses compatriotes, les derniers sondages lui attribuant 50% de consensus. « Mon contrat expire le 21 octobre prochain et je ne sais pas s'il sera renouvelé. L’abolition de l’article 18 peut pousser les patrons à recruter. Mais j’ai le sentiment de ne pas avoir d’avenir en Italie, ni sur le plan professionnel ni le plan économique » estime Matteo, serveur dans un restaurant situé dans le périmètre du Parlement.

Un test politique

L’examen de la réforme de l’emploi commencera le 7 octobre 2014 (photo Cercal)
L’examen de la réforme de l’emploi commencera le 7 octobre 2014 (photo Cercal)
Si le Florentin conserve le soutien d’une grande partie de la population, il a perdu en revanche celui de quelques grands capitaines de l’industrie comme Diego Della Valle. Cet industriel, qui a offert un lifting complet au Colisée et possède l’empire Tod’s, considère désormais Matteo Renzi comme un homme à abattre. Et aussi semble t-il, de Leonardo Del Vecchio, patron de l’industrie de luxe, Luxottica et actionnaire de Unicredit et des Assicurazioni Generali. Selon la revue Forbes, Leonardo Del Vecchio est le deuxième homme le plus riche d’Italie et le trente-sixième à l’échelle mondiale avec un patrimoine net estimé à 19,1 mrds$ (15,1 mrds€).

L’examen de la réforme de l’emploi commencera le 7 octobre 2014 dans les deux chambres. Un test politique pour Matteo Renzi mais aussi pour la péninsule, l’échec du Florentin impliquant le probable retour d’un gouvernement de technocrates pour éviter des législatives anticipées et un carton rouge de l’Union européenne.

Lire aussi : L'Italie de Matteo Renzi a du mal à redresser la barre

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Mercredi 1 Octobre 2014



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