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Le nouveau premier ministre tunisien présente un programme musclé


Volonté de rompre avec le passé pour réussir les objectifs de la révolution, menaces d'austérité dès 2017, le nouveau premier ministre Youssef Chahed a marqué d'une parole forte son discours lors du vote de confiance face aux députés tunisiens.



Le parlement tunisien devrait accorder la confiance à Youssef Chahed (photo ARP)
Le parlement tunisien devrait accorder la confiance à Youssef Chahed (photo ARP)
TUNISIE. "Nous sommes tous responsables, classe politique, société civile, médias et peuple (ndlr : de cette situation déplorable).... Nous devons dire la vérité au peuple et je suis là pour le faire." Dans son discours, vendredi 26 août 2016, pour demander la confiance à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), Youssef Chahed a tenu à mettre les points sur les i. Selon lui, les six gouvernements précédents ont échoué à satisfaire les objectifs de la révolution. "En 2011,  nous avons fait une révolution, nous avons rédigé une constitution, nous avons obtenu un prix Nobel de la paix. Mais, cinq années plus tard, la Tunisie vit une crise qui s’approfondit jour après jour. La fierté que nous avions ressenti après la révolution a été éphémère. Les rêves des régions intérieures et des jeunes se sont évaporés, la confiance placée dans l’Etat s’est écornée, le phénomène de corruption s’est exacerbé…" a-t-il lancé.

Selon la constitution, le programme présenté par le nouveau premier ministre doit être approuvé par au moins 109 députés. Ce qui ne devrait pas poser de problème.

"Nous devons être unis pour faire face aux difficultés qui nous attendent" poursuit-t-il mettant en avant la jeunesse et la diversité de son gouvernement d'unité nationale. Divulguée samedi 20 août 2016 , sa composition n'a pas changé malgré quelques critiques.

Menaces d'austérité

Le nouveau premier ministre tunisien entend réussir les objectifs de la révolution (photo DR)
Le nouveau premier ministre tunisien entend réussir les objectifs de la révolution (photo DR)
Parlant de crise morale, de crise des valeurs, de liberté confondue avec désordre et anarchie, il a évoqué une situation économique déplorable. "Le phosphate s’est dégradé pour atteindre son niveau de 1928, et a reculé de 60 %. Idem pour les secteurs des hydrocarbures et du tourisme qui ont été sur une courbe descendante. La moyenne de croissance au cours des cinq dernières années était de 1,5 %, alors qu’un point de croissance, permet la création de 15 et 20 000 postes d’emploi. Au cours des cinq dernières années, 112 000 fonctionnaires ont été recrutés dans la fonction publique, sans compter les recrutements dans les entreprises publiques. La masse salariale est passée de 6,7 milliards de dinars, à 13,4 milliards de dinars. La masse salariale n’est pas un problème en soi, mais le problème réside dans son inadéquation avec la production et la productivité."

Face à 178 députés, sur les 217 membres du Parlement tunisien, Youssef Chahed a été alarmiste indiquant que la situation est difficile en 2016 et le sera encore plus en 2017 si rien ne s'améliore. "La Tunisie risque de décréter une politique d'austérité en 2017. L'Etat sera alors obligé de réduire les dépenses de santé, de couverture sociale, de recourir à des licenciements, d'augmenter les impôts, de réduire les investissements consacrés au développement des infrastructures" menace-t-il. Tout en précisant que la Tunisie s'est tournée vers le FMI car "elle n'avait pas d'autre choix...pour trouver des moyens de financement pour payer les dettes."

Lutte accrue contre la corruption

Youssef Chahed avec le président Béji Caïd Essebsi lors de sa nomination (photo DR)
Youssef Chahed avec le président Béji Caïd Essebsi lors de sa nomination (photo DR)
Dans son "discours de vérité" selon ses propres termes, le premier ministre préconise un "contrat de partenariat" avec trois mots clefs : "le travail, l'équité et la responsabilité collective."

Une loi sera votée avant la fin de l'année 2016 pour la lutte contre le terrorisme. "La lutte contre le terrorisme n’est pas uniquement sécuritaire et militaire, mais commence au sein de la famille, dans le quartier, l’école où tous les signes de changement de comportement et d’enfermement chez l’enfant doivent être détectés" insiste-t-il.

Sur le volet économique, Youssef Chahed souhaite s'appuyer sur la production et l'investissement. "Nous ne tolérons plus qu'une catégorie arrête une unité de production. Nous sanctionnerons les paresseux dans l'administration, tout en récompensant les sérieux et travailleurs." L'Etat tunisien va augmenter l'investissement public , notamment dans les régions intérieures. Il demande d'ailleurs à l'ARP de voter au plus vite le code des investissements et le plan quinquennal de développement.

Il entend également combattre plus activement la corruption avec une nouvelle législation protégeant les dénonciateurs et de nouvelles ressources, tant financières qu'humaines, données à l'Instance nationale de la lutte contre la corruption. Et il veut donner l'exemple : "tous les membres du gouvernement déclareront leurs biens dans un délais ne dépassant pas les deux semaines."




Vendredi 26 Août 2016



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